Des bénévoles comme Jack St-Onge (à droite), décédé dans les derniers jours, sont malheureusement en voie d’extinction. Sur la photo à gauche, le regretté André Ricard était lui aussi un grand bénévole.

«Tu ne dis jamais non à Jack! Compris?»

CHRONIQUE / Les derniers mois n’ont pas été faciles pour notre petit univers sportif régional. De Patrice L’Heureux à René Perron, en passant par Gerry Rochon et Christian Langevin, plusieurs monuments nous ont quittés en laissant derrière des souvenirs impérissables.

Jack St-Onge s’est ajouté à cette sombre liste jeudi soir. Encore une fois le cancer qui fauche une vie. Ce bon vieux Jack s’est évidemment battu, avant de rendre les armes entouré de quelques proches.

Depuis l’annonce de son décès, c’est le déferlement de témoignages sur les médias sociaux.

Normal, il a fait du bénévolat pendant… six décennies! C’était la figure du hockey mineur shawiniganais, même s’il ne cherchait pas du tout les réflecteurs. Jack était là pour les enfants, inconditionnellement.

Ce n’est pas un hasard si Jack attirait assez facilement les appuis dans sa cause. Tu ne disais pas non à Jack sans raison valable.

J’ai appris ça à mes premières années au Nouvelliste, au tournant des années 2000. Il m’avait invité à participer à son match d’étoiles réunissant commanditaires et personnalités dans le cadre du tournoi atome. J’avais pris l’appel au bureau, j’avais poliment décliné. Disons que j’avais d’autres plans pour un samedi soir! À côté de moi, mon illustre confrère Robert Martin est devenu mauve quand il m’a entendu refuser l’invitation.

«Tu ne dis jamais non à Jack! Compris? Il fait ça pour les enfants. Un jour, ce sera peut-être les tiens! On ne t’a pas élevé de cette façon. Rappelle-le tout de suite et sois reconnaissant de cette invitation.»

Bob ne rigolait pas. Avant de recevoir une poubelle par la tête, j’ai rappelé Jack!

Depuis, on se parlait deux ou trois fois par année. Souvent à l’approche de son tournoi. Comment dire non à un gars qui, beau temps mauvais temps, te demande ton aide pour une cause aussi noble?

Jack a reçu bien des prix dans sa vie pour souligner son bénévolat. Au Centre Gervais-Auto, la salle où les journalistes rencontrent l’entraîneur-chef après les matchs porte son nom. Un espace qui sert aussi aux Cataractes pour gâter leurs invités avant les parties. Le Salon Jack-St-Onge porte donc un nom vraiment approprié.

Malheureusement, ces grands bénévoles sont en voie d’extinction. Pensez-y: soixante ans de bénévolat… Soixante ans, simonac!

Jack a semé bien de l’amour autour de lui durant tout ce temps, normal de lire autant de gens lui rendre hommage depuis jeudi soir.