Caroline Cossette et Marie-Pierre Dupuis-Lemay espèrent toujours pouvoir se rendre au Maroc, en octobre, pour le 20e Trophée Rose des Sables.
Caroline Cossette et Marie-Pierre Dupuis-Lemay espèrent toujours pouvoir se rendre au Maroc, en octobre, pour le 20e Trophée Rose des Sables.

Trophée Rose des Sables: deux Trifluviennes s’accrochent à leur rêve

TROIS-RIVIÈRES — Préparer sa participation au rallye-raid du Trophée Rose des Sables prend au moins deux ans. En période de pandémie, l’inconnu s’invite à la fête, et on ne parle pas encore du défi que représente le trajet vers le désert marocain. Malgré l’incertitude entourant la tenue ou non de la 20e édition prévue à l’automne, Caroline Cossette et Marie-Pierre Dupuis-Lemay foncent vers leur objectif.

Pour elles, pas question d’annuler. Si l’organisation annonce un report de son édition anniversaire, les deux Trifluviennes répondront présentes en 2021. Après tout, elles n’ont pas amassé plus de 27 000 $ pour rien. Ce défi, c’est le leur, et elles comptent le concrétiser.

«Deux ans de levée de fonds, c’est trop important pour abandonner. Surtout à ce stade», convient Caroline Cossette, l’une des deux membres de l’équipe Les Paradox’Elles.

«On dit que les contraires s’attirent et nous en sommes un bon exemple! Ça fait longtemps que nous sommes amies, malgré nos personnalités différentes, et on mijotait l’idée de prendre part au Trophée Rose des Sables depuis au moins cinq ans.»

C’est en suivant les péripéties de deux autres Mauriciennes, Isabelle Bolduc et Josée Lampron, en 2014, que les deux amies ont eu la piqûre du Trophée Rose des Sables.

Mais entre le dire et le faire, il y a un monde de différence. On parle tout de même d’une excursion de 5000 km, des côtes atlantiques vers les portes du Sahara, dans un véhicule tout-terrain. Les équipes partent de la côte basque, en France, avant de traverser l’Espagne et le détroit de Gibraltar pour attaquer le littoral marocain, direction le sud-est.

Des centaines de femmes ont relevé le défi depuis 19 ans, dont plusieurs Québécoises. Caroline Cossette et Marie-Pierre Dupuis-Lemay travaillent fort pour être les prochaines, mais elles ne contrôlent pas tout à fait leur destinée, malgré les quelque 27 000 $ amassés en deux ans. Une bonne partie de ce montant sera d’ailleurs remis à diverses causes, comme c’est la norme dans cette compétition de rallye automobile.

«Quand le confinement a commencé, nous préparions un souper-bénéfice pour le 21 mars. On a tout cancellé. Il a fallu se tourner vers les activités virtuelles. Ç’a vraiment bien fonctionné!»

Le Trophée Rose des Sables mesure la capacité de résilience des équipes du rallye-raid à travers un lot d’épreuves condensées sur deux semaines. Les deux amies du secteur Cap-de-la-Madeleine, comme les autres inscrites au rendez-vous d’octobre 2020, en ont déjà eu un avant-goût avec l’expérience des derniers mois.

Nager dans l’incertitude, à l’aube de la course de leur vie, n’est pas chose facile, même si elles se considèrent chanceuses d’avoir été épargnées par le nouveau coronavirus.

«D’abord, nous sommes bien soutenues par nos proches et l’organisation. Mais avec la situation de crise, on a décidé de nous ajuster aux imprévus. Oui, ça aurait pu nous inciter à abandonner, sauf qu’on a plutôt décidé de trouver des façons différentes de financer notre voyage.»

Concours virtuels et conférences sur Facebook ont donc meublé une partie de leur printemps, en confinement. Adjointe administrative et mère de deux enfants, Marie-Pierre a continué à travailler pendant que Caroline, une travailleuse autonome en design intérieur, se retroussait les manches durant une période difficile de sa carrière.

«On a profité de la situation pour faire avancer le projet. C’est pour ça, au fond, qu’on refuse d’abdiquer. Nous avons juste hâte d’acheter nos billets d’avion et de louer nos chambres d’hôtel!»

Caroline Cossette admet traverser des montagnes russes depuis qu’une nouvelle hausse de contaminations à la COVID-19 a été constatée en Europe. «On ne s’est jamais autant informé sur les actualités européennes! L’organisation du rallye a notre entière confiance. Ils prendront la meilleure décision pour la santé de toutes les participantes. Ils doivent d’ailleurs négocier avec trois pays différents...»

Compétitives, mais toujours dans un esprit de camaraderie, les filles visent un top-10 au Maroc. Elles passeront le reste de l’été à aiguiser leurs réflexes avec la conduite... manuelle! «Un de nos nombreux commanditaires nous a promis qu’il nous mettrait à jour à ce chapitre. Ça fait longtemps que nous n’avons pas conduit manuel», rigole Caroline Cossette.

Les Paradox’Elles sont présentes sur les réseaux sociaux. Elles se promettent de documenter leur périple, quand celui-ci se mettra enfin en branle.