Éric Bédard n’est plus associé à Patinage de vitesse Canada depuis quelques mois, mais il suivra tout de même l’action des Championnats mondiaux juniors de courte piste, du 31 janvier au 2 février en Italie.

Trois des huit patineurs du Canada aux Mondiaux juniors viennent de la Mauricie

TROIS-RIVIÈRES — Éric Bédard a quitté la fédération nationale en mauvais termes après avoir été limogé l’été dernier, mais ça ne l’empêche pas d’éprouver une grande fierté quand les athlètes canadiens se distinguent sur la scène mondiale du patinage de vitesse courte piste. Il est encore plus fier ces jours-ci, alors que trois des huit patineurs qui représenteront le Canada aux Mondiaux juniors, en Italie, sont originaires de la Mauricie.

En décembre, Florence Brunelle, Léa Chamberland-Dostie et Philippe Daudelin ont tous mérité leur billet pour le Championnat mondial junior, une compétition fort relevée qui met en vedette les étoiles de demain et dont les activités s’amorceront le 31 janvier. Et ces étoiles, elles émergent de plus en plus vite dans ce sport.

«Ce sera une super de belle expérience pour nos trois patineurs mauriciens. J’ai écrit à leurs parents quand leur qualification a été confirmée. C’était un grand moment de joie», de dire Bédard, qui a dirigé quatre équipes nationales (Allemagne, Italie, France et Canada) après sa retraite d’athlète de haut niveau.

«Maintenant, sur le circuit de la Coupe du monde, la moyenne des filles performantes se situe entre 20 et 23 ans. Chez les gars, ça tourne autour de 22 à 24 ans. Aux Mondiaux juniors, les plus vieux auront 19 ans. Ce sera tout un défi pour les Canadiens, mais il y a des espoirs de médailles et de finales.»

Sans les avoir suivis de manière quotidienne, Éric Bédard a néanmoins assisté aux débuts des trois représentants de la région en patinage de vitesse.

«Disons que je les avais vus venir! Ils ont toujours été dominants dans leur groupe d’âge. Ils ont tous leurs particularités.»

Philippe Daudelin, par exemple, est un bon tacticien, selon Bédard. «Il pourrait décrocher un bon résultat au 1500 m. Le relais masculin n’a pas gagné depuis longtemps aux Mondiaux juniors. Ce sera difficile pour les gars, mais tout est possible.»

Chamberland-Dostie, elle, talonne les patineuses de l’équipe nationale depuis deux ans. Au 500 m, elle a ses chances. «Une finale pour elle ne me surprendrait pas! Elle peut aussi bien s’en tirer au 1500.»

Finalement, Florence Brunelle a fait parler d’elle pour les bonnes raisons dans les derniers jours. Aux Jeux olympiques de la Jeunesse, la Trifluvienne qui s’entraîne à Montréal, à l’image de ses deux coéquipiers de la Mauricie, a raflé deux médailles de bronze individuelles. Elle n’a que 16 ans.

«C’est son premier gros voyage, elle est en mode apprentissage en accéléré. Elle pourrait nous étonner encore, si la fatigue n’entre pas en jeu...»

Occasion unique

Chose certaine, les trois jeunes athlètes vivront une expérience unique... que Bédard n’a jamais eu la chance de connaître!

«Quand j’étais junior, ils ont changé les années d’éligibilité de cette compétition à plusieurs reprises. Je ne me suis jamais classé! Mais c’est une excellente vitrine et ça permet aux jeunes de voir où ils se situent par rapport aux meilleurs des autres nations. En Asie et en Europe, ils sont de plus en plus forts. Ils déploient beaucoup d’énergie, plus que le Canada, pour avoir du succès à ce genre de championnat.»

Limogé durant l’été 2019 de son poste d’entraîneur de l’équipe masculine senior, Éric Bédard n’a jamais vraiment su pourquoi on lui avait montré la porte. Ceci dit, le courant ne passait pas avec les dirigeants du secteur de la haute performance à la fédération canadienne.

«Je regarde ce qui se passe présentement, les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. Je critique, mais je ne suis pas le seul!»

Conserve-t-il une certaine amertume? Oui et non. Le quadruple médaillé olympique a commencé une maîtrise en science du sport à l’UQTR, sous la supervision des enseignants Jean Lemoyne et François Trudeau. Sa compagnie dont il est copropriétaire, Nagano Skates, «grossit à la vitesse grand V».

«Je ne m’ennuie pas, on se tient occupé!»