Aaron Rodgers

Trois classiques et un massacre

CHRONIQUE // Pendant que les Patriots de la Nouvelle-Angleterre vont s'occuper de découper finement les Texans de Houston en morceaux, dans un match qui a des airs de David contre Goliath, six autres équipes vont chèrement vendre leur peau lors des demi-finales d'association de la NFL. Portrait d'un week-end qui s'annonce haut en couleurs.
Qui veut parier contre Aaron Rodgers?
Les Cowboys sont probablement soulagés que les Giants de New York soient éliminés. Seule ombre au tableau pour eux, c'est plutôt l'équipe de l'heure de la planète NFL qui débarque à Dallas à la recherche d'une place dans le carré d'as.
Aaron Rodgers vit dans un univers parallèle depuis la fin novembre - 19 touchés contre aucune interception en sept matchs - et, malheureusement pour les chouchous de l'Amérique, leur talon d'Achille se situe justement en couverture de passes. Pire encore, ils ont souvent la fâcheuse manie de laisser un peu trop de temps au quart rival pour choisir une cible. Voilà un mélange qui a de très bonnes chances de vous éclater au visage face à un gars comme Rodgers... même en l'absence de son receveur préféré, Jordy Nelson.
D'ailleurs, les visites dans la zone payante risquent d'être nombreuses au AT&T Stadium, tant pour les Packers que les Cowboys.
Il ne faut surtout pas négliger tout ce que Dak Prescott, Ezekiel Elliott et leurs coéquipiers ont accompli cette saison pour réussir à remporter 13 victoires. Un de ces triomphes a d'ailleurs été signé 30-16 contre les Packers à Green Bay en octobre.
Avec des recrues à des positions aussi névralgiques, deux scénarios apparaissent possibles. Soit les jeunes seront étouffés par la pression des éliminatoires et incapables de maintenir le rythme de leurs rivaux, ou encore ils joueront avec l'insouciance de nouveaux-venus qui n'ont jamais goûté à la course au Super Bowl, ce qui leur permettra de s'éclater à fond.
Je privilégie la deuxième option... qui offrira un grand spectacle aux amateurs de football.
Un spectacle qui se conclura néanmoins à l'avantage des Packers.
Prédiction: PACKERS
Un trio qui fait frémir
Rossés 43-14 à Pittsburgh en octobre, les Chiefs attendent les Steelers avec le couteau entre les dents au Arrowhead Stadium. Sans faire trop de bruit, le groupe dirigé par Andy Reid a connu une excellente saison dans la très compétitive section Ouest de l'Américaine. Cependant, bien difficile d'établir les véritables forces des Chiefs qui, malgré un dossier de 12-4, ne se retrouvent jamais au sommet des différentes catégories collectives. Idem pour les statistiques individuelles, à l'exception de Marcus Peters et ses six interceptions.
Mais au-delà de tous les chiffres, la plus grande question à l'ordre du jour sera l'état de la cheville de Ben Roethlisberger. Le colosse quart-arrière s'est blessé en fin de match face aux Dolphins la semaine dernière, alors que la cause était pourtant déjà entendue.
Les partisans de Steelers se demandent bien ce que leur meneur faisait sur le terrain avec une marque de 30-12 en sa faveur. Pittsburgh doit maintenant espérer que cette décision ne ruinera pas leurs espoirs de championnat.
Si Big Ben peut se tenir debout derrière sa ligne offensive, les joueurs-étoiles des Steelers Antonio Brown et Le'Veon Bell devraient faire la différence face à des Chiefs dont les munitions individuelles sont plus limitées.
Prédiction: STEELERS 
Ryan et Jones, deux larrons en foire
Possiblement le duel le plus mystérieux de tout le week-end. L'attaque dévastatrice des Falcons jouira de l'avantage du terrain à l'intérieur de leur confortable Georgia Dome. En l'absence du maraudeur Earl Thomas dans la tertiaire de Seattle, le duo de Matt Ryan et Julio Jones pourrait faire des ravages.
Pour éviter de se retrouver en vacances, les Seahawks doivent espérer une performance du tonnerre du toujours volubile Richard Sherman. Il a toujours aimé les projecteurs alors il devrait être servi à souhait en début de soirée samedi. À lui de répondre.
Avec le ballon, les Seahawks devraient réussir à maintenir la cadence contre le généreux front défensif des Falcons. Russell Wilson carbure aux grands matchs et, dans un environnement aussi aseptisé que le Georgaia Dome, il réussira à maintenir la cadence effrenée.
En saison régulière, la poussée de dernière minute des Falcons était arrivée à court face aux Seahawks, dans un revers de 26-24. Cette fois-ci sera la bonne pour Matt Ryan qui pourra redorer quelque peu une image rarement associée à un gagnant.
Au début de la saison, j'avais choisi les Seahawks pour remporter le trophée Vince-Lombardi. Cinq mois plus tard, force est d'admettre que la saison 2016 ne sera vraisemblablement pas celle des grands honneurs à Seattle. À moins que...
Prédiction: FALCONS
Boucherie à Foxborough
Malgré l'absence de Rob Gronkowski, les Patriots sont en mission en cette saison marquée par la suspension de quatre match du sacro-saint Tom Brady. Vainqueurs de leurs sept derniers matchs, Bill Belichick et sa bande roulent à plein régime depuis la mi-saison. Maîtres chez eux en éliminatoires, les champions du calendrier régulier devraient réussir à se payer un petit festin pour cette répétition générale en vue de la finale d'association du week-end suivant.
Coach Belichick salive déjà. La mission la plus importante sera de ne pas perdre trop de soldats au combat.
Chez les Texans, le seul espoir repose sur la défensive qui devra tout faire pour limiter les dégâts face à une attaque dévastatrice. L'unité menée par Jadeveon Clowney a été la plus étanche de la NFL en accordant 301,3 verges par match. À l'attaque, on voit bien mal comment Brock Osweiler pourrait réussir un miracle à Foxborough. Si l'offensive des Patriots attire les projecteurs, la défensive est tout aussi brillante, avec la plus faible de moyenne de points accordés par match (15,6) dans le circuit Goodell.
Déjà que les Patriots ont blanchi les Texans 27-0 en septembre - avec leur troisième quart-arrière, Jacoby Brissett! - ça ne risque pas d'être plus serré samedi soir.
Prédiction: PATRIOTS