Laurence Vincent-Lapointe espère bonifier sa collection de titres mondiaux au Portugal.

Toujours plus vite

Trois-Rivières — Depuis 2010, Laurence Vincent-Lapointe a l’habitude de régner sur la planète du canoë féminin. Cependant, depuis un an, sa domination semble encore plus impressionnante. Non seulement la Trifluvienne bat ses rivales à plate couture, mais elle réussit fréquemment à améliorer ses propres marques mondiales.

Pour la championne du monde en titre en C1 200 m et C2 500 m, un événement est venu décupler sa motivation au gymnase et sur l’eau. Depuis que le Comité international olympique a accepté d’ajouter ces deux épreuves à la programmation olympique des Jeux de Tokyo 2020, la porte-couleurs du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières se sent littéralement investie d’une mission.

«Avant l’annonce de l’arrivée du canoë féminin aux Jeux olympiques, c’était la même routine à chaque année et j’espérais finir la saison avec un titre de championne du monde. Depuis que notre sport a été admis aux Olympiques, ça m’a redonné tout un peak de motivation en m’offrant la possibilité d’atteindre un nouvel objectif» reconnaît la sympathique canoéiste.

L’an passé aux Championnats du monde, elle a une fois de plus dominé ses rivales des quatre coins de la planète lors de ses deux épreuves de prédilection, réussissant au passage deux nouvelles marques mondiales.

Depuis, elle a de nouveau amélioré ses temps de référence lors des essais nationaux avant de placer la barre encore plus haut lors de la Coupe du monde de Szeged, en République tchèque. Bref, sa cadence a de quoi impressionner les prétendantes à sa couronne mondiale. «J’aime bien battre mes adversaires, mais quand j’arrive à me battre moi-même, en réalisant des records, c’est là que je capote!»

À la lumière de ses plus récents résultats, tout semble en place pour qu’elle connaisse sa meilleure année en carrière. Évidemment, la principale intéressée refuse de voir trop loin et se concentre uniquement sur le prochain coup de rame. «Il est encore trop tôt pour dire si c’est ma meilleure année en carrière mais c’est définitivement mon meilleur début de saison», admet-elle. «Je vois ce genre de compétition comme faisant partie de la route vers les Jeux olympiques. Ça me donne toujours confiance de voir où je me situe par rapport à l’élite mondiale.»

À Montemor-O-Velho, au Portugal, les coups de rame les plus tenaces risquent de venir du côté de ses rivales de la Russie, de la Biélorussie et de la Hongrie. Il n’est pas exclu que d’autres rameuses viennent se mêler au groupe de tête.

«Le plus étonnant, ce sont les Chinoises. L’an passé, elles n’étaient même pas dans le top. Là, elles ont bien fait en Coupe du monde. On a vu une grande amélioration de leur part en un an. C’est une grande surprise. Il reste à voir si elles vont pouvoir poursuivre leur progression ou si elles vont plafonner», analyse la championne. «Mais peu importe qui va bien ramer, je demeure confiante en mes capacités en C1», rappelle Vincent-Lapointe.

Pour s’attaquer à la défense de ses couronnes mondiales, la canoéiste de 26 ans a eu droit à une préparation de haut niveau en France en compagnie de ses coéquipières Katie Vincent, Nadya Crossman-Serb et Hannah MacIntosh ainsi que leur entraîneur Jan Kruk.

Remise en perspective
Au fil des ans, Vincent-Lapointe a multiplié les victoires aux Mondiaux de canoë-kayak de vitesse. Depuis 2010, elle a accroché la médaille d’or à son cou dix fois! Lorsqu’elle prend un moment pour revisiter son parcours, la Trifluvienne ne peut s’empêcher de ressentir une grande fierté. «Ça m’arrive de m’arrêter et de mettre ça en perspective. Parfois, dans la routine quotidienne, on a tendance à perdre de vue que j’ai gagné 10 Championnats du monde. Il n’y pas personne de plus rapide que moi sur la planète! Ce n’est pas tous les jours que quelqu’un gagne un Championnat du monde. Moi, j’en ai gagné 10! Une chose est certaine, on ne se tanne jamais de gagner des Championnats du monde!», sourit-elle.

«Ce que j’aime surtout, c’est que je suis encore capable de m’améliorer. Année après année, je réussis à améliorer mes temps. Ça me pousse à me dépasser pour voir jusqu’à quel point je peux aller vite. Là, il me reste deux ans pour aller le plus vite possible afin d’arriver prête pour Tokyo en 2020.»

Et au rythme où elle progresse, bien malin celui qui osera parier contre la reine mondiale du canoë féminin!