Ken Block au GP3R.

Top 10 de l'année sportive régionale

C'est devenu une tradition de fin d'année, Le Nouvelliste vous présente les dix événements et individus qui ont façonné l'univers du sport dans notre région au cours de la dernière année. L'équipe des sports a épluché une vingtaine de candidatures d'une cuvée 2016 qui aura été tout sauf banale. Il y a eu des victoires émotives, des défaites difficiles à encaisser et d'autres moments dont on se souviendra longtemps. On vous propose aujourd'hui les positions 5 à 1 de notre classement. Bonne lecture... et bonne année 2017!
5- Block, Loeb et compagnie
Le Grand Prix de Trois-Rivières nous a habitué à la présence de personnalités influentes du monde du sport automobile. L'édition 2016, la 47e de l'histoire, a été particulièrement riche à ce chapitre avec les participations de Ken Block, Sébastien Loeb et Petter Solberg. Rarement avait-on vu autant de curieux autour des paddocks d'une même écurie pendant le GP3R. Reconnu pour ses vidéos de sports extrêmes visionnés des millions de fois sur les réseaux sociaux, Block a fait le bonheur d'une certaine tranche de la clientèle du Grand Prix, plus jeune celle-là.
Block a cependant déçu en piste, étant trahi par sa mécanique pendant la demi-finale du Championnat mondial de rallycross. Loeb et Solberg, deux sommités internationales dans le monde du rallye et du rallycross, n'ont pas monté sur le podium non plus. C'est plutôt le jeune Timmy Hansen qui a arraché la victoire, lui qui ne devait pourtant pas prendre part à la finale! La disqualification d'un pilote a cependant ouvert la voie au Suédois pour une place parmi les six participants à la manche ultime, qu'il a remportée de brillante façon.
Une semaine plus tard, les voitures de type stock-car ont pris le relais des bolides de rallye. Kevin Lacroix a mérité sa deuxième victoire de suite à Trois-Rivières en NASCAR Pinty's, devant Andrew Ranger et Alex Tagliani. Preuve que les efforts déployés par l'équipe de direction du GP3R pour rajeunir sa clientèle et diversifier son offre rapportent, le directeur général Dominic Fugère a annoncé que son organisation a enregistré une hausse de 25 % de ses billets vendus par rapport à l'édition de 2015.
4- Le rendez-vous manqué du football à l'UQTR
Après trois ans de tergiversations, le dossier du retour d'une équipe de football à l'UQTR a connu son dénouement final en novembre 2016. Un non retentissant de la part du recteur Daniel McMahon qui a causé une grande déception chez les amateurs de ballon ovale de la région, mais aussi chez la trentaine d'investisseurs qui désiraient s'impliquer financièrement à la hauteur d'au moins 10 000 $ dans l'aventure. Certains avaient même levé la main pour une participation de plusieurs centaines de milliers de dollars.
Du côté de l'UQTR, on a toujours maintenu que le plan d'affaires du groupe ne tenait pas la route. C'est que l'Université désirait que le tout se fasse à coût nul pour elle. On voulait aussi que l'argent des investisseurs soit disponible pour toutes les équipes sportives des Patriotes. Dans le camp adverse, des intervenants qui ont pris part au lancement d'autres programmes, dont celui de Sherbrooke, ont martelé que le projet était viable. 
Les multiples concessions du groupe d'investisseurs par rapport au plan d'affaires original dans les derniers mois n'ont jamais satisfait le recteur Daniel McMahon, qui n'a finalement jamais présenté le projet à son conseil d'administration, sous le prétexte qu'il ne répondait pas à ses attentes. C'est d'ailleurs McMahon qui menait les négociations avec le groupe mené par Jean-Guy Paré.
En coulisses, le fait que la convention collective des professeurs de l'UQTR prend fin en 2017 a joué lourd dans la balance. Avec un déficit de fonctionnement de 10 M$ en 2015-2016, le recteur s'apprête à demander d'importantes concessions financières à ses employés et ne pouvait se permettre que le syndicat lui reproche l'arrivée d'une équipe de football, financièrement viable ou non.
Andréanne Langlois
3- Les olympiens sous les projecteurs
En cette année olympique, les athlètes amateurs ont évidemment retenu l'attention lors de la grand-messe du sport amateur présentée au mois d'août.
Dans la région, ils sont quatre à avoir vécu l'ivresse de Rio de Janeiro. Même si elles ont été confinées à des rôles de réservistes, les Trifluviennes Marie-Ève Nault et Élissa Alarie ont fait partie des formations ayant remporté une médaille de bronze, respectivement en soccer et rugby à sept. De son côté, Hugo Houle, de Sainte-Perpétue, a vécu eu droit à une baptême olympique mouvementé avec une épreuve sur route éreintante qui a soulevé la colère des cyclistes. Contraint à l'abandon l'épreuve sur route, le cycliste de 26 ans a complété l'épreuve du contre-la-montre avec une 21e position, grâce à sa meilleure performance en carrière.
Enfin, après une qualification surprise pour les Jeux de Rio, la kayakiste Andréanne Langlois, trifluvienne d'adoption, a participé la finale B en K1-200 m (14e) avant d'atteindre la finale A avec ses coéquipières du K4-500 m (8e). À 23 ans, la porte-couleurs du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières représente la nouvelle génération de Canoë-kayak Canada... en route vers Tokyo 2020.
En plus de ce quatuor, il ne faut pas oublier l'entraîneur originaire de La Tuque Glenn Hoag, qui a dirigé de brillante façon l'équipe de volleyball masculin du Canada, tout comme l'officiel de boxe Tony Germain, de Shawinigan, qui a vécu ses premiers Jeux olympiques.
Anthony Beauvillier et Samuel Girard
2- Une année fertile en émotions
Les partisans des Cataractes sont passés par toute la gamme des émotions en 2016. Insatisfait de son équipe, Martin Mondou a multiplié les transactions, injectant une dizaine de vétérans de qualité. Puis il a passé à la moulinette son entraîneur Martin Bernard, qui n'arrivait pas plus à faire produire cet alignement bourré de vedettes à la hauteur de son potentiel. Le directeur-gérant a donc opté pour un pilote chevronné, Claude Bouchard, qui attendait sa deuxième chance dans la LHJMQ depuis... une décennie! Bouchard, plus flamboyant que Bernard, n'a pas raté ce retour. Cet ultime électrochoc a produit des fruits, et les Cataractes ont réussi à se frayer un chemin jusqu'en grande finale, là où ils étaient attendus depuis le jour 1 de la saison. Ils ont finalement été battus en cinq matchs par les Huskies en cinq matchs, dans une série où le bris de la glace à Rouyn-Noranda lors du deuxième duel a incité la LHJMQ à remodeler le calendrier, ce qui a défavorisé les Cataractes. Avec un noyau de jeunes susceptibles d'être de retour et l'expérience acquise au printemps 2016, les Shawiniganais ont promis de soulever la coupe du Président pour la première fois un an plus tard. Le début de saison prouve effectivement qu'ils sont parmi les favoris, mais la graduation prématurée du capitaine Anthony Beauvillier dans la LNH fait très mal. Aux dernières nouvelles, Beauvillier était toujours avec les Islanders. Et Mondou a moins de munitions à sa disposition pour magasiner sur le marché des transactions...
D'ailleurs, Beauvillier et Samuel Girard ont confirmé leur étiquette de patineurs d'exception, qu'ils traînent depuis le début de leur parcours au hockey junior. Beauvillier a amorcé l'année au sein d'Équipe Canada junior, puis il a mené son club jusqu'à la grande finale de la LHJMQ. L'athlète de 19 ans a ensuite réussi à se tailler une place dans la formation des Islanders de New York. Girard a été tout aussi spectaculaire. Il a terminé la saison régulière 2015-16 avant tant de panache, qu'il a été couronné le défenseur le plus productif dans tout le hockey junior canadien. À 17 ans! Repêché par les Predators de Nashville, ses 5'9'' et ses 165 livres ne l'ont pas empêché d'être le dernier défenseur retranché à leur camp d'entraînement cet automne. Depuis, Girard roule à un train d'enfer. Il pourrait atteindre le plateau des 100 points cette saison. Le duo Beauvillier-Girard est probablement le plus prolifique dans les rangs des Cataractes depuis la belle époque Patrice Lefebvre-Stéphan Lebeau au milieu des années 80.
Pierre-Luc Laforest
1- La chute vertigineuse des Aigles de Trois-Rivières
Même dans leurs pires cauchemars, les dirigeants des Aigles n'auraient pu écrire plus triste scénario que la saison 2016. Acclamés par des milliers d'amateurs vendus à leur cause à l'été 2015, puis couronnés champions de la Ligue Can-Am au terme des séries éliminatoires, les Aigles avaient de grandes ambitions pour leur quatrième campagne.
Autant la direction que les entraîneurs et les joueurs planchaient sur la conquête d'un deuxième titre, mais cette fois à domicile! La lune de miel n'a malheureusement pas duré. Dès les premiers jours de la saison, l'équipe a connu toute sorte de difficultés, amplifiées par des blessures à des joueurs d'importance comme Jesus Merchan et Yeixon Ruiz, enrôlés au cours de la période hivernale et dont on vantait les mérites. Le peu de profondeur au sein de l'alignement de Pierre-Luc Laforest s'est fait sentir rapidement, si bien qu'à la mi-juin, plusieurs amateurs avaient déjà éliminé les Aigles de la course aux séries.
En juillet, le président Marc-André Bergeron a décidé de congédier Laforest, un geste qui a provoqué l'ire de nombreux partisans, certes, mais aussi d'une partie importante des membres de la communauté du baseball au Québec. L'arrivée de T.J. Stanton a permis d'améliorer le rendement du club, mais il était trop tard pour aspirer au tournoi automnal. Au cours de cette campagne rocambolesque, les Aigles ont également dû négocier avec la controverse du changement de nom du stade Fernand-Bédard. En collaboration avec la Ville de Trois-Rivières et question d'assurer l'avenir de l'équipe dans la Can-Am, l'état-major s'est entendu avec l'entreprise Stéréo Plus, un pacte d'une valeur de plus de 400 000 $ jusqu'en 2019.
Certains ont déploré ce changement de nom, d'autres ont salué l'annonce majeure, tout en reprochant aux Aigles leur manière d'agir dans ce dossier avec Fernand Bédard. Ce qui semble évident toutefois, c'est que l'équipe avait besoin d'un partenariat de la sorte pour garantir une certaine santé financière. Justement, à ce chapitre, l'arrivée de Groupe Vertdure au sein de la table des décideurs semble insuffler un vent nouveau à l'organisation. Le directeur général René Martin a confié que pour la première fois en quatre ans, il était pleinement confiant quant aux chances de revoir son équipe dans la ligue pour la saison suivante.
Reste maintenant à voir quel spectacle offrira cette formation, qui est passée de héros à zéro en l'espace de quelques mois. Ils ont été rares, mais il y a néanmoins eu quelques moments de réjouissance sur le terrain. La visite de l'équipe nationale cubaine en juin, le 1000e retrait au bâton du lanceur Matthew Rusch un soir d'août face aux Capitales et le match des écoles, disputé devant des milliers d'enfants en juin, ont ensoleillé par moments ce ciel gris.