Les Aigles devront continuer de jouer sur une surface naturelle au Stade Stéréo Plus, à court terme du moins, car un projet de surface synthétique ne fait pas partie des priorités de la Ville.

Terrain synthétique: les Aigles devront patienter

Trois-Rivières — Si les Aigles de Trois-Rivières espèrent rehausser leurs installations du Stade Stéréo Plus avec l’aménagement d’une surface synthétique, ils devront vraisemblablement prendre leur mal en patience.

Questionné à ce sujet lors du bilan de fin de saison de la concession trifluvienne dans la Ligue Can-Am, le président Marc-André Bergeron a réitéré sa volonté de voir se projet se concrétiser à court terme. Sans écarter de l’équation le fait que les Aigles bénéficieraient de jouer sur une telle surface, Bergeron a tenu à rappeler que c’est l’ensemble du baseball mineur qui en profiterait.

Présentement, pendant la saison estivale, les Aigles occupent le terrain pendant environ 475 heures à chaque année, en incluant les juniors. «On prend toutes les heures qu’on a besoin. On ne sacrifie pas d’heures pour notre part», souligne Bergeron. Une surface synthétique ne viendrait donc pas bonifier l’utilisation de l’organisation des Aigles. Cependant, le nombre d’heures où le terrain pourrait être utilisé grimperait jusqu’à 2000 heures par été.

Des candidats à l’écoute
En pleine campagne électorale provinciale, le président des Aigles a évidemment eu l’occasion de faire part de son souhait aux candidats qui ont défilé à tour de rôle au stade. Dans une période aussi propice, il admet avoir eu droit à des oreilles attentives. Cependant, un tel projet devrait se faire en collaboration avec la Ville de Trois-Rivières, qui est toujours propriétaire du stade de l’avenue Gilles-Villeneuve.

C’est à cet endroit que se trouve le principal point d’achoppement. En entrevue avec Le Nouvelliste, le porte-parole de la Ville Yvan Toutant a clairement fait savoir qu’un tel projet n’était pas dans les plans à court terme. «Les Aigles nous ont contactés pour en discuter. Mais ce n’est pas quelque chose qui est dans nos cartons pour la prochaine année. Ça ne cadre pas dans les priorités actuelles», a-t-il commenté, avant de laisser une porte ouverte. «La Ville n’est pas fermée à long terme. Mais l’argent nécessaire pour un tel projet n’est pas là pour l’instant.»

Tant du côté du fédéral que du provincial, il existe divers programmes d’aide financière pour appuyer un tel projet. Le coût total d’une telle surface a été évalué entre 2 et 3 millions $ par les Aigles. Au final, les Aigles estiment qu’il s’agirait non seulement d’une amélioration pour la qualité du terrain, mais cela permettrait aussi des économies pour l’entretien du terrain.

Le président des Capitales de Québec Michel Laplante, dont le Stade Canac est maintenant doté d’une surface synthétique, a clairement chiffré ces économies dans une entrevue accordée au Nouvelliste plus tôt cet été. Avec un entretien annuel d’un gazon naturel fixé autour de 340 000 $, il estimait à un million $ les économies sur 10 ans. «On entend souvent dire que notre terrain est le pire de la ligue. Ça ne paraît peut-être pas à l’œil, mais dans les faits, il est rough à jouer. Ça prendrait beaucoup d’argent pour procéder à une mise à niveau importante. Il me semble que tant qu’à toujours investir dans l’entretien du terrain, une surface synthétique ferait économiser beaucoup en bout de ligne», clame Bergeron.

Un attrait pour d’autres ligues
Au-delà de l’attrait d’un terrain synthétique pour le baseball mineur de la région, un tel investissement pourrait également rapporter beaucoup pour le développement des Aigles. Depuis quelque temps déjà, des bruits de corridors évoquent une éventuelle fusion avec un autre réseau de baseball indépendant ou encore un nouveau partenariat pour disputer des matchs contre une autre ligue. La qualité du terrain reviendra alors certainement dans la discussion.

«On ne veut pas jouer aux bébés gâtés, mais c’est devenu une nécessité. À un certain niveau de jeu, ça prend un certain standard de terrain. On est rendu là», estime Bergeron. «Il y a des gens de l’extérieur qui investissent beaucoup d’argent dans l’équipe. Je trouve que ça enverrait un beau signe pour encourager les hommes d’affaires… Mais en même temps, si la Ville décide que ce n’est pas dans ses priorités, on ne peut pas faire grand-chose. On espère seulement que le besoin a été compris.»

Bergeron aimerait relancer le dossier au lendemain des élections provinciales du 1er octobre. Pour ce faire, il devra toutefois espérer un soutien plus convaincant du côté de la Ville de Trois-Rivières.