Taylor Hall et les Devils du New Jersey espèrent enfin se tailler une place en séries cette saison. « Nous avons toutes les cartes dans notre jeu. Il suffit de les jouer correctement », analyse le jeune vétéran.

Taylor Hall, patriarche des Devils

CHRONIQUE / Parfois, Taylor Hall se sent vieux.

Pas trop vieux. Juste un peu. Ces épisodes peuvent survenir quand il est assis au banc des joueurs. Durant les trajets d’autobus avec ses coéquipiers. Ou, simplement, quand il casse la croûte avec ses partenaires de trio, Nico Hischier et Jesper Bratt.

« Des fois, ils déconnent ensemble. Je ne comprends pas toutes leurs références », avouait-il, récemment.

Taylor Hall fait bel et bien figure de patriarche au sein du premier trio des Devils du New Jersey.

Hischier, premier choix du dernier repêchage, est âgé de 18 ans.

Bratt, belle trouvaille des dépisteurs européens, a 19 ans.

« Grand-père » Hall, lui ? Il a soufflé 26 bougies l’automne dernier.

Il se sent vieux... parce qu’il constate que le temps passe vite. « J’ai l’impression d’avoir joué mon premier match en carrière le mois dernier. C’est comme si je venais tout juste de passer par le repêchage. »

« Je me sens vieux au contact des deux autres, mais ils me rappellent de bons souvenirs. J’en ai parlé à quelques occasions, déjà, cette saison. J’adore leur niveau d’énergie. Je me nourris de leur enthousiasme. Je me sens privilégié de patiner avec deux recrues aussi talentueuses au sein de mon trio. Tout le monde peut voir à quel point ils sont talentueux. Les gens ne réalisent peut-être pas à quel point ils sont combatifs. Leur agressivité compense souvent pour leur âge ou pour leur gabarit. »

Tout le monde voudrait vieillir comme Taylor Hall.

Hischier et Bratt sont de bonnes recrues. Ils viennent tous les deux de franchir le plateau des 30 points.

Ils ne risquent toutefois pas d’empocher le titre de joueur le plus utile à leur équipe. Hall détient une impressionnante avance de 24 points au sommet du classement des meilleurs marqueurs des Devils.

Cette jeune et méconnue formation demeure au cœur de la course aux séries éliminatoires dans l’Association Est.

« Nous ne faisons pas partie des équipes qui sont en dehors du portrait et qui doivent gagner 20 de leurs 30 dernières équipes pour gravir quelques échelons au classement, s’étonne Hall. Nous avons toutes les cartes dans notre jeu. Il suffit de les jouer correctement d’ici la mi-avril. »

Hall est un peu surpris de se retrouver dans cette position. Il s’estime surtout privilégié.

« Je sais que si nous continuons à jouer de la bonne manière d’ici la fin de la saison, nous allons nous retrouver dans une bonne position à la fin de la saison. Je savoure chaque moment de cette saison parce que je n’ai jamais rien vécu de tel », commente-t-il.

Le jeune vétéran a disputé son 500e match dans la LNH la semaine dernière.

Il a passé les six premières années de sa carrière à Edmonton, avec une jeune formation qui n’a jamais réussi à décoller de la cave. Il ne s’attendait pas à un rapide revirement de situation quand il est passé à l’est dans une transaction impliquant le défenseur Adam Larsson.

« Je ne suis quand même pas le joueur le plus âgé de notre équipe. Ceux qui sont plus vieux que moi disent souvent aux jeunes qu’il faut savourer les prochaines semaines. Une saison comme celle-là, ça n’arrive pas trop souvent. »

Hall, le patriarche du premier trio, ne veut quand même pas sombrer dans la complaisance. Il a joué 500 parties et il s’approche des 500 points en saison régulière. Son compteur est toujours à zéro en ce qui a trait aux séries éliminatoires...

NOS TROIS ÉTOILES DE LA SEMAINE

1. Rask

Il a perdu. Il a été battu par les Sabres de Buffalo, une des pires formations de toute la LNH. Tout cela n’est pas grave. La défaite subie samedi par Tuukka Rask met un terme à une séquence tout simplement assourdissante. Le gardien des Bruins de Boston avait réussi à conserver une fiche de 19-0-2 à dans les 10 dernières semaines. Sa dernière défaite en temps réglementaire remontait au 24 novembre dernier ! Rask mérite la première étoile de notre très subjectif classement pour l’ensemble de sa saison. Sinon, il la mériterait parce que les collègues de Boston ont jugé qu’il avait été le meilleur joueur de son équipe, quand même, contre les Sabres. Enfin, on pourrait lui décerner l’étoile pour la simple déclaration qu’il a servie aux journalistes après la rencontre. « Ce qu’il nous reste à faire ? Se retrousser les manches et entreprendre une autre séquence victorieuse. » Tout est dit.

2. McDavid

En réalité, on a envie de décerner l’étoile à Leon Draisaitl. Avec humilité, et une bonne dose d’humour, il s’est dit condamné au titre de deuxième meilleur attaquant à Edmonton. « On dirait que Connor vient d’une autre planète. Ce n’est carrément pas juste », a déclaré l’Allemand, mardi soir. Le réputé columnist Terry Jones a décrété que McDavid a disputé son meilleur match en carrière, quand il a marqué quatre buts et récolté une mention d’aide dans une victoire de 6-2 contre le Lightning de Tampa Bay. À l’image de son équipe, McDavid a vécu une saison éprouvante. Toute cette adversité lui servira sans doute, plus tard, durant sa carrière. Tout n’est quand même pas perdu pour lui, cette saison. En inscrivant 19 points en 15 matches depuis le début de l’année 2018, il a réussi à se replacer dans la course au trophée Art-Ross. Nikita Kucherov ferait bien de surveiller son rétroviseur.

3. Perron

On ne se tanne pas des Golden Knights de Vegas. Ici, on a surtout parlé de leur gardien Marc-André Fleury et de leur meilleur marqueur Jonathan Marchessault. Un peu dans l’ombre, un troisième Québécois pourrait bien leur chiper le titre de meilleure prise au repêchage d’expansion. David Perron a disputé son 700e match en carrière, la semaine dernière. Il est sur le point d’atteindre le plateau des 50 points pour la première fois depuis 2014. S’il continue à produire à un rythme de près d’un point par match, il n’aura pas de misère à fracasser ses records personnels. Après avoir porté les couleurs de quatre équipes en trois saisons, Perron semble avoir finalement (re)trouvé sa place. « Je ne veux penser qu’à mon prochain match. Cette attitude m’a permis de connaître du succès », a dit au Las Vegas Review Journal celui qui pourrait accéder à l’autonomie complète cet été.