Les Sénateurs ont perdu Mark Stone à la date limite des transactions, mais ils ont pu mettre la main sur un espoir de premier plan : le jeune défenseur suédois Erik Brännström. Est-ce que ce sera assez pour combler le vide que Stone va laisser dans le vestiaire ?

Y a-t-il un leader dans la salle?

CHRONIQUE / Le pire, dans toute cette galère ? Les Sénateurs pourraient redevenir compétitifs plus tôt que tard. La direction a de bonnes cartes, dans son jeu, pour ne pas moisir trop longtemps dans la cave du classement.

Ça fait un peu drôle d’écrire ceci, à propos d’une équipe qui a perdu Erik Karlsson, Mike Hoffman, Matt Duchene, Ryan Dzingel et Mark Stone dans les huit derniers mois.

Personne n’a vraiment envie de regarder vers l’avenir quand le présent est si sombre. L’organisation vient quand même d’échapper Stone, un joueur d’exception qui avait le « O » tatoué sur le cœur.

Son départ est une catastrophe.

Mais bon. Ce qui est fait est fait.

Les jours meilleurs, ce n’est pas pour demain. Aussi bien se le dire tout de suite, la saison 2019-2020 s’annonce pénible. Sur tous les tableaux.

Les Sénateurs misaient déjà sur un groupe d’espoirs très intéressant. Pierre Dorion a réussi dans les derniers jours à y ajouter deux joueurs de talent.

Erik Brännström était l’espoir numéro un des Golden Knights. Un défenseur créatif qui vient de participer au Match des étoiles de la Ligue américaine, alors qu’il pourrait toujours évoluer dans le junior majeur. Il devrait connaître une belle et longue carrière.

Vitalii Abramov aussi. Il faudra peut-être l’enchaîner à un poteau, dans une salle de musculation de Stittsville, pour l’obliger à passer les prochains étés de sa vie à soulever de la fonte. S’il est disposé à mettre les efforts nécessaires pour gagner un peu de force physique, il pourrait devenir un vrai hockeyeur.

Dorion a également fait le plein de choix au repêchage. Si tous les astres s’alignent, ses dépisteurs pourront sélectionner 15 nouveaux joueurs dans les trois premières rondes des trois prochains encans.

Les dirigeants des Sénateurs devront s’occuper de ces jeunes joueurs comme il faut. Le développement d’athlètes, de nos jours, n’est pas une mince tâche. Il faut les entourer de préparateurs physiques, de psychologues, de kinésiologues, de nutritionnistes, d’entraîneurs de power skating...

Ces spécialistes, dans le très compétitif monde du sport, coûtent cher.

À long terme, une organisation qui fonctionne avec de minuscules budgets peut difficilement espérer de gigantesques résultats.

Un propriétaire qui mène sa barque avec une mentalité des ligues mineures ne pourra jamais gagner de championnats majeurs.

Au jour le jour, les jeunes athlètes ont aussi besoin de trouver des mentors parmi leurs pairs.

C’est capital.

C’est plus que capital. C’est vital.

Mark Stone devait devenir le capitaine de l’équipe. Mais Stone est parti.

Qui le remplacera ?

Y a-t-il un leader dans la salle ?

Guy Boucher, fidèle à lui-même, a beaucoup de choses à dire là-dessus.

« Le leadership en général, dans la vie, c’est difficile. C’est pour ça qu’il y a très peu de leaders. D’abord, il faut les atouts. Ça prend du courage. Il faut ensuite avoir un peu d’influence. Combien de gens ont réellement de l’influence sur leur entourage ? Quelques-uns. Pas une tonne », m’a-t-il balancé, vendredi.

Il reste bien sept ou huit joueurs d’expérience, en ce moment, sur son banc.

Il n’avait pas besoin de nous préciser qu’ils n’ont pas tous les qualités requises pour mener les troupes.

« Ce n’est pas parce que t’es un vétéran que t’es un leader, a-t-il quand même poursuivi. Tu peux avoir 15 vétérans et un seul vrai leader. Les gens ont tendance à s’imaginer que certains joueurs sont des leaders, juste parce que ça fait cinq ans qu’ils jouent ans la ligue. Certains joueurs qui ont neuf années d’expérience peuvent être des vrais cancers. »

On ne sait pas trop s’il visait un joueur, en particulier, avec la dernière portion de cette déclaration.

Boucher, généreux, n’a pas attendu qu’on lui demande. Il a rapidement identifié Jean-Gabriel Pageau comme celui « qui en prend énormément sur ses épaules » en ce moment.

Pageau comme capitaine ? On va se donner le temps d’y réfléchir avant de nous prononcer sur la question.

De toute façon, avec tout l’argent économisé en liquidant Stone, Duchene et Dzingel, les Sénateurs ont les moyens de lui trouver de l’aide.

« Les compagnies qui ont une expansion hors-norme, généralement, sont celles qui embauchent plusieurs bons leaders », croit Boucher.

« Les leaders permettent à tout le monde d’aller plus loin. »