Sebastian Aho a utilisé l’offre hostile du Canadien pour accélérer ses négociations avec les Hurricanes.
Sebastian Aho a utilisé l’offre hostile du Canadien pour accélérer ses négociations avec les Hurricanes.

Une année pour le progrès

Sylvain St-Laurent
Sylvain St-Laurent
Le Droit
CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / On vit présentement les derniers jours d’une année fort intéressante, dans le monde du hockey. À plusieurs niveaux, on a été témoins de profonds changements.

Des façons de travailler, de penser et d’agir qu’on croyait profondément ancrées dans la culture du sport sont en voie de disparaître. Des portes s’ouvrent, un peu partout. L’année 2019 a été marquée par le progrès.

À l’occasion de notre dernier rendez-vous hebdomadaire, en décembre, nous jetons un coup d’œil aux transformations qui marquent un sport qui est encore, trop souvent, reconnu pour son conservatisme.

Les jeunes millionnaires

Au Québec, on se souviendra surtout de la saga Sebastian Aho.

Ça faisait des années qu’on s’y préparait. On nous disait que les directeurs généraux finiraient par mettre un terme à leur pacte de non-agression. Marc Bergevin a été le premier à frapper, en soumettant une offre hostile au centre numéro un des Hurricanes de la Caroline.

Aho a finalement utilisé cette proposition du Canadien pour accélérer ses négociations avec les Hurricanes de la Caroline.

Au final, on constate que toute cette histoire s’inscrit dans un changement en profondeur. Pendant longtemps, le système a favorisé les jeunes vétérans de 27 ou 28 ans. Les clubs leur offraient de lucratifs contrats à long terme, au moment où ils s’apprêtaient à obtenir l’autonomie complète.

Dans les années 2020, les jeunes auront davantage de pouvoir.

Auston Matthews, Mitch Marner et William Nylander ont, chacun leur tour, fait sauter la banque à Toronto. Ces trois attaquants, qui sont âgés de 23 ans ou moins, occupent désormais 35 % de l’espace, sous le plafond salarial des Maple Leafs.

Kyle Connor et Patrik Laine ont tenu les Jets de Winnipeg en otage, en septembre. Ils ont raté le début du camp d’entraînement, dans l’objectif d’obtenir de meilleures conditions salariales.

D’autres jeunes joueurs talentueux ont fait de même, ailleurs, dans la ligue.

Il faut s’attendre à vivre d’autres étés tumultueux, tandis que les directeurs généraux essaient de s’adapter à cette nouvelle réalité.

Les entraîneurs sous pression

Tout a éclaté d’un coup, on dirait. Il a fallu qu’un ancien joueur sorte de l’ombre, en racontant un épisode dans lequel un entraîneur de la LNH aurait émis des commentaires racistes. Quelques jours plus tard, Bill Peters a perdu son poste chez les Flames de Calgary.

Depuis, les Stars de Dallas ont aussi apporté un changement. Les raisons derrière le congédiement de Jim Montgomery demeurent nébuleuses, mais elles auraient à voir avec un comportement inadéquat à l’extérieur de la patinoire.

À Toronto, Mike Babcock semble avoir perdu son poste parce que le lien de confiance avec ses vedettes était rompu. Dans les jours qui ont suivi, le voile a été levé sur certaines de ses pratiques douteuses.

Il paraît que ce n’est pas fini. D’autres organisations de la LNH auraient profité du mouvement pour évaluer le travail de certains entraîneurs.

Les prochains hommes (ou femmes) qui seront embauchés devront tenir compte de tout cela. Déjà, le nouvel entraîneur-chef des Sénateurs d’Ottawa, D.J. Smith, a fait référence à la brusquerie qui cède sa place à une approche différente. « Les joueurs d’aujourd’hui réagissent rarement de façon positive quand on leur crie dessus. »

Les entraîneurs ne devront plus franchir la ligne. Pourvu qu’on leur explique, bien clairement, où cette ligne se situe.

Les pionnières

On peut dire que cette révolution a débuté en 2018, lorsque les Maple Leafs ont embauché Hayley Wickenheiser. L’ancienne vedette de l’équipe de l’équipe nationale canadienne travaille depuis plus d’un an au sein de la direction du développement des joueurs, à Toronto.

Le travail s’est poursuivi, en septembre 2019, lorsque l’équipe d’expansion de Seattle a fait l’embauche de Cammi Granato.

En tant que dépisteuse professionnelle, l’ancienne vedette du programme national américain aidera le directeur général Ron Francis à former son équipe.

« Pour moi, c’est juste une autre façon de briser les barrières », a-t-elle déclaré au moment de son embauche.

Extinction

Durant la saison 1989-90, 12 joueurs de la LNH ont obtenu 20 pénalités majeures ou plus. Ce chiffre a graduellement diminué. La saison dernière, les trois plus gros « contrevenants » du circuit ont jeté les gants à sept reprises.

Drew Doughty répétait la semaine dernière que les bagarres ne peuvent disparaître, mais...