Mike Babcock, l’entraîneur des Maple Leafs, a laissé entendre mercredi qu’un poste d’ailier conviendrait mieux à Matt Duchene.

Un centre ou un ailier ?

CHRONIQUE / Mike Babcock a dit quelque chose d’intéressant au sujet de Matt Duchene, mercredi.

C’est arrivé au beau milieu de la matinée, durant sa conférence de presse d’avant-match. Un journaliste torontois est allé à la pêche, demandant à l’entraîneur des Maple Leafs de livrer ses impressions sur l’attaquant vedette des Sénateurs.

Il faut se souvenir, ici, que Babcock et Duchene se connaissent un peu. Ils ont gagné une médaille d’or, ensemble, aux Jeux olympiques de Sotchi.

En gros, Babcock a répondu que Duchene est un bien gentil garçon. Bien motivé, toujours prêt à travailler. Un gars facile à diriger.

« Mais, vous savez, il ne jouait pas au centre à ce moment-là. Nous lui avions confié des responsabilités différentes », a-t-il balancé à la traîne...

Je suis persuadé qu’il n’a pas lâché ce commentaire de manière innocente.

J’ai entendu d’autres hommes de hockey, dernièrement, affirmer que Duchene aurait plus de faciliter à s’exprimer s’il évoluait à l’aile.

La différence, c’est que l’entraîneur le mieux payé dans toute la Ligue nationale de hockey vient de le dire – même s’il ne l’a pas dit très fort – sur la place publique.

*****

On observe Duchene d’un peu plus près depuis maintenant deux mois. On constate qu’il génère ses meilleures opportunités en zone d’attaque quand il utilise sa grande vitesse. Dans les zones où l’espace est restreint, sa dextérité manuelle lui permet de créer de belles choses.

En revanche, son sens du jeu peut parfois faire un peu défaut.

Il est vrai qu’en évoluant à l’aile, il pourrait utiliser sa vitesse à fond lors de ses percées en zone d’attaque, sur les flancs.

Évoluer à l’aile réduirait, en même temps, ses responsabilités en défensive. Ça lui permettrait de mieux cacher quelques-unes de ses carences.

Ça n’arrivera probablement pas, remarquez.

Pas dans un avenir proche, du moins.

À Sotchi, Babcock avait des as plein les mains. Il avait un gros paquet de centres naturels comme Sidney Crosby, Jonathan Toews et Ryan Getzlaf à sa disposition. Il était facile, alors, de muter le jeune Duchene à une autre position.

À Ottawa, les Sénateurs ont besoin d’aligner deux centres pour leurs trios offensifs. Pour l’instant, seuls Derick Brassard et Duchene ont les capacités pour remplir ces rôles.

En attendant le jour où les jeunes Logan Brown, Filip Chlapik et Colin White seront prêts à prendre la relève, les choses ne devraient pas bouger.

*****

Mike Babcock a raison, pour l’autre truc.

Duchene nous a l’air animé par de très bons sentiments.

Mercredi matin, à Toronto, Guy Boucher a choisi d’annuler la séance d’entraînement d’avant-match de son équipe.

Quand un entraîneur prend une décision comme celle-là, il doit quand même se rendre disponible pendant quelques minutes, pour les médias. 

Les responsables des communications d’une équipe doivent aussi recruter deux ou trois joueurs qui sont prêts à se porter volontaires pour répondre aux questions des journalistes.

Tout ça pour dire que mercredi, à Toronto, Brassard et Duchene ont accepté d’accompagner leur coach dans cet exercice.

Quelques heures plus tôt, les Sénateurs s’étaient fait démolir, à domicile, par les Blackhawks de Chicago. 

Avec seulement six buts à sa fiche, Duchene est régulièrement identifié parmi les grands responsables de la saison misérable que connaît toute l’organisation.

Il aurait été facile pour lui de se pousser de tout ça. Il a plutôt choisi d’affronter toutes les questions pointues et difficiles.

« Vous avez l’impression que des nuages noirs nous suivent partout parce que nous avons mal joué contre les Hawks. Il ne faudrait surtout pas oublier que nous avons joué deux très bons matches juste avant. Les choses se replacent », a-t-il déclaré.

« Personnellement, je me sens de plus en plus confiant. Dernièrement, mes efforts sont récompensés. »

Quelques heures plus tard, Duchene a obtenu deux mentions d’aide de plus, dans un match où les Sénateurs ont battu leurs plus grands rivaux.

On peut dire qu’il a été récompensé.