Philipp Grubauer mérite d’être dans la course au trophée Conn-Smythe selon son coéquipier Erik Johnson.

Tous unis derrière «Gruuu»

CHRONIQUE — EN SÉRIES / Ça y est. Les amateurs de hockey du Colorado sont convaincus. Les représentants de la presse locale aussi.

L’Avalanche a tout ce qu’il faut pour gagner une troisième coupe Stanley.

Le vétéran columnist Mark Kiszla l’a écrit dans les pages du Denver Post, vendredi matin. Philipp « Gruuu » Grubauer est amplement capable de mener son équipe à la terre promise.

L’échantillon est assez important, il faut croire.

L’Avalanche a joué neuf matches, depuis le début des séries. Grubauer a été devant le filet chaque fois. Il a conservé une moyenne de buts alloués de 2,17 et un taux d’efficacité de 93 %.

Il a surtout livré sa meilleure performance au moment le plus important. Son blanchissage de 32 arrêts a permis à son équipe de niveler les chances, dans sa série contre les Sharks de San Jose.

« S’il n’avait pas été là, ce soir... Je ne sais pas trop ce qui nous serait arrivé », a déclaré le vétéran défenseur Erik Johnson après la partie.

La foule du Pepsi Centre était visiblement du même avis. Elle a exprimé toute son appréciation en criant « Gruuu » quand l’Allemand a effectué ses arrêts les plus spectaculaires.

Kiszla a noté que ça ne s’était pas vu depuis longtemps, à Denver.

La foule ne s’était pas rangée de la sorte, derrière un gardien, depuis les beaux jours de Patrick Roy.

Le légendaire gardien québécois n’a jamais raté les séries, lors de ses huit saisons passées dans les Rocheuses.

Depuis son départ, au terme de la saison 2002-03, l’Avalanche s’est qualifiée pour les séries à sept reprises. Elle a joué 58 parties éliminatoires. Dans ces 58 parties, elle a utilisé pas moins de neuf gardiens.

Les huit premiers, dans l’ordre : David Aebischer, Tommy Salo, José Théodore, Peter Budaj, Craig Anderson, Semyon « Varly » Varlamov, Jonathan Bernier, Andrew « le Hamburglar » Hammond.

Ils n’ont pas vraiment laissé de souvenirs glorieux.

On ne savait pas trop quel rôle occuperait Grubauer dans ce groupe.

Surprise

En fait, le directeur général du Colorado a causé la surprise en faisant son acquisition dans une transaction, en juin dernier, en marge du repêchage amateur.

Joe Sakic a obtenu Grubauer et le défenseur d’expérience Brooks Orpik en cédant un choix de deuxième ronde aux Capitals de Washington.

« Cette transaction m’a un peu pris par surprise », a candidement reconnu Johnson, dans un entretien avec un reporter de L’Athlétique.

« Varly a été notre gardien de but numéro un pendant de très nombreuses années. Il a été notre pilier. J’imagine qu’avec les situations contractuelles de tout le monde, on voulait se procurer une bonne police d’assurance... »

Sakic, l’ancien capitaine des Nordiques de Québec, a encore une fois démontré son flair. Il a racheté le contrat d’Orpik pour mieux entreprendre les négociations avec l’agent de Grubauer. Il a fini par lui consentir un pacte de trois ans d’une valeur de 10 millions $ US.

La « police d’assurance » a connu un lent début de saison. Elle a néanmoins fini par supplanter le « pilier ». Grubauer héritera officiellement du titre de « gardien de but numéro un » au Colorado lorsque Varlamov quittera l’équipe à titre de joueur autonome, l’été prochain.

« Si on poursuit notre route, je suis convaincu que beaucoup de gens vont s’imaginer que Nathan MacKinnon sera notre candidat au trophée Conn-Smythe. À mon humble avis, Gruby méritera aussi d’être considéré », de dire le bavard Johnson.

+

ET TUUKKA DANS TOUT ÇA?

Ainsi donc, Philipp Grubauer doit être considéré parmi les principaux candidats au trophée Conn-Smythe.

Sergeï Bobrovsky aussi. S’il doit vraiment quitter Columbus l’été prochain, le Russe essaie vraiment de laisser des souvenirs durables aux partisans des Blue Jackets.

Il ne faudrait pas écarter Tuukka Rask de la course. Du moins, pas maintenant.

Depuis le début de la deuxième ronde, le gardien de but numéro un des Bruins de Boston tient résolument tête à son rival. Ses statistiques sont même légèrement supérieures à celles de Bobrovsky, après quatre parties.

Son taux d’efficacité, contre les Jackets, s’élève à 94,2 %.

« Tuukka a été phénoménal. Je crois qu’il s’est vraiment bien battu, en particulier lorsque les Jackets ont obtenu des deuxièmes chances », commente l’entraîneur-chef des Bruins, Bruce Cassidy, dans un entretien qui a été transcrit sur le site du réseau NBC Sports. Dans le même papier, on apprend que Rask refuse de penser trop loin. « J’essaie simplement de donner une chance à mon équipe de l’emporter, chaque soir », déclare-t-il.