Pierre Dorion a effectué plusieurs changements à l'équipe des Sénateurs.

Tes ennemis, tes amis...

CHRONIQUE / On vit dans un drôle de monde. Les Sénateurs d’Ottawa et les Maple Leafs de Toronto sont des rivaux naturels. Deux équipes qui coexistent dans la province la plus populeuse au Canada. Des clubs qui se sont affrontés quatre fois en cinq ans dans les séries de la coupe Stanley.

Dans la Ligue nationale que je connaissais bien, les clubs rivaux se détestaient ouvertement. Leurs interactions, à l’extérieur de la patinoire, étaient minimales. Sur la glace, leurs problèmes se réglaient généralement à grands coups de poing.

Les choses ont évolué sur la glace. Ça me va. La disparition des bagarres ne fera qu’améliorer le produit offert par la Ligue nationale, à court comme à long terme.

Quand les ennemis commencent à s’entraider durant la saison morte, en s’échangeant des joueurs qui leur posent des problèmes...

Ça me chatouille un tout petit peu plus.

Le progrès, l’évolution, je n’ai rien contre. Je suis en faveur, même...

Jusqu’à un certain point.

Pierre Dorion jure qu’il a travaillé lundi dans le but d’améliorer son équipe.

« Chaque transaction que nous complétons vise à rendre les Sénateurs meilleurs », a-t-il déclaré, vers la fin de son point de presse.

Il a dit un truc encore plus révélateur, quelques minutes plus tôt, en parlant de Toronto.

« Nous savions que les Leafs avaient un problème. Ils cherchaient à créer de l’espace sous le plafond salarial. »

La transaction que les deux clubs ont mijotée pendant le week-end sert d’abord une cause. À Ottawa, comme à Toronto, des joueurs qui ne cadraient plus dans le portrait ont levé les feutres.

Cody Ceci et Ben Harpur devaient quitter la capitale. Ils ont tous les deux déjà fait partie des plus beaux espoirs de l’organisation, mais ils n’ont jamais complètement répondu aux attentes. Ceci, tout particulièrement, semblait étouffé par la pression de jouer dans sa ville natale.

À la fin de la saison, à Toronto, Nikita Zaitsev avait expressément demandé une transaction.

Dorion fait une belle description de son nouveau défenseur droitier. « Un joueur solide. Un grand compétiteur. Un type qui se place dans les corridors de lancers et qui repousse les attaquants adverses à l’extérieur de l’enclave. »

Il demeure néanmoins un joueur dont la contribution offensive a sérieusement chuté dans les dernières années. Il venait de connaître une saison de 36 points, en 2017, quand on lui a consenti son lucratif contrat.

Il en a obtenu tout juste 14, deux ans plus tard.

Connor Brown est lui aussi un joueur fiable, un joueur de caractère. Un gros compétiteur. Le type de joueur qui serait bien plus utile à un club de pointe qu’à un club en reconstruction.

Brown touchera un salaire relativement modeste la saison prochaine : 2,1 millions $ US.

« Les Leafs cherchaient à créer de l’espace sous le plafond salarial », a déclaré Dorion.

Dans ce contexte, il n’y a pas de « petites » économies.

Son séjour à Ottawa pourrait être de courte durée. S’il connaît une bonne saison, il pourrait facilement devenir un beau joueur de location, le printemps prochain.

Les plans à long terme impliquant Zaitsev sont plus durs à déchiffrer.

C’est vrai qu’un repêchage d’expansion approche. La nouvelle équipe de Seattle sélectionnera ses premiers joueurs dans un peu moins d’un an. Il n’est peut-être pas trop tôt pour commencer à se préparer. En exposant Zaitsev – et possiblement Ron Hainsey – Dorion pourra peut-être offrir une meilleure protection à ses défenseurs d’avenir.

« Il n’y a pas de gros changements, à compter de maintenant », a également lancé Dorion, vers la fin de son point de presse.

Ça veut dire ce que ça veut dire. L’édition 2019-2020 des Sénateurs est complète. Et elle ne sera pas équipée pour faire peur à personne.

Ce n’est peut-être pas une mauvaise chose, quand on pense à long terme. Les Sénateurs détiennent pour l’heure cinq choix dans les deux premières rondes du prochain repêchage. La cuvée 2020 s’annonce prometteuse. Dorion serait sans doute heureux, s’il peut grimper sur le podium le plus rapidement possible.

En attendant, il y aura des luttes intéressantes pour le temps de glace, à Ottawa comme à Belleville.

C’est un départ.