Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Jean «Murray» Bourcier est décédé subitement samedi dernier à l'âge de 57 ans.
Jean «Murray» Bourcier est décédé subitement samedi dernier à l'âge de 57 ans.

Murray Bourcier, grand bénévole

CHRONIQUE / Son nom était Jean Bourcier. Mais personne (ou presque personne) ne l’appelait par son prénom.

Il paraît qu’il préférait son surnom.

Son surnom, c’était Murray.

Dans le petit monde du hockey mineur, en Outaouais, presque tout le monde a entendu parler de Murray Bourcier.

Dans les arénas de la région, on parlait beaucoup de M. Bourcier, la fin de semaine dernière. Il est décédé subitement, samedi dernier, à l’âge de 57 ans.

Il laisse un grand vide, parce que les bénévoles comme lui, ça ne court pas les rues.

« Moi, je suis un gars de business. Je suis impliqué un peu partout. J’ai souvent besoin d’aide », me disait l’homme d’affaires Alain Brisson, mercredi.

« Murray, chaque fois que je prenais le téléphone, il était tout le temps là. Il ne disait jamais non. »

***

J’ai essayé de remonter à l’origine du curieux surnom. Sans mettre la ville sens dessus dessous, j’ai interrogé trois ou quatre personnes.

Je n’ai pas trouvé.

Quelqu’un m’a dit que ce surnom lui a été donné par Alain Vigneault. J’ai vérifié. Ce n’est pas le cas.

Quelqu’un d’autre m’a dit que c’était possiblement Pat Burns.

En tous cas. J’en déduis que l’histoire de Murray Bourcier débute probablement au centre Robert-Guertin.

Dans les premières années de gloire des Olympiques de Hull, on pouvait souvent le croiser sur la rue Carillon. Il a joué différents rôles au sein de l’organisation. Il a même ouvert les portes de la résidence familiale pour héberger quelques joueurs.

Murray Bourcier aimait le hockey. Puisqu’il n’était pas un grand joueur, lui-même, il a trouvé tout plein de moyens de s’impliquer.

On m’a parlé d’une équipe senior dont j’ignorais l’existence.

L’équipe a d’abord porté trois noms différents. Au départ, le commanditaire principal était Charmau Électrique. Après un certain temps, les camions Gaétan Hotte ont pris la relève. Vers la fin, c’était Marc Sports.

« J’imagine qu’une bonne trentaine de gars ont joué avec nous. L’aventure a duré presque 20 ans », m’a-t-on dit.

Au cœur de tout, il y avait Murray.

Pendant tout ce temps, le grand bénévole a joué le rôle d’entraîneur-chef.

Ce qui n’était pas un rôle facile, doit-on préciser.

« Il n’est pas toujours simple de diriger une bande de has been », m’a dit Alain Brisson, de façon plus ou moins sérieuse, en faisant référence à tous ces anciens joueurs de niveau junior qui étaient toujours animés d’un esprit hautement compétitif.

« On le respectait beaucoup, Murray. Il faisait partie de la gang, dit un autre membre de la troupe, Michel André. Il se donnait tellement pour nous autres. Personne ne pouvait jamais lui en vouloir. »

Quand le temps est venu, le coach a demandé à ses joueurs de s’impliquer à leur tour.

On donne à Murray Bourcier une grosse part du mérite, dans la relance du tournoi de hockey bantam Royal-Brassard.

On a tendance à oublier que cet événement annuel n’a pas toujours rayonné. Il y a une quinzaine d’années, il se dirigeait même vers une disparition certaine. On cherchait du sang neuf pour relancer l’événement.

Avec sa bonne connaissance des communications, du marketing et des relations publiques, il a levé la main. Et il a recruté quelques amis pour l’accompagner.

« Il nous a dit qu’on avait été gâtés et qu’il était temps de redonner à notre communauté », dit Alain Brisson.

Aujourd’hui, le Royal-Brassard fait partie des quatre ou cinq tournois les plus importants de la province, dans sa catégorie.

La prochaine édition s’en vient, d’ailleurs. J’imagine qu’on trouvera la bonne façon de lui rendre hommage.