Le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk

Melnyk a toujours un allié de taille

CHRONIQUE / Vous savez quoi ? Bill Daly n’a pas tout à fait tort.

Le bras droit de Gary Bettman s’est porté à la défense d’Eugene Melnyk, cette semaine. Une bien timide tape dans le dos, qui a pris la forme d’un texto envoyé au chroniqueur sportif Pierre LeBrun.

Daly a essentiellement dit que la LNH se sent « parfaitement à l’aise » avec le propriétaire actuel des Sénateurs.

Il dit aussi, et surtout, que M. Melnyk a été traité de manière « injuste » par les médias, récemment.

La première portion n’est pas trop étonnante. Daly — et Bettman — n’ont pas vraiment le choix de soutenir, en surface, les propriétaires de leurs 32 équipes.

La deuxième portion de son commentaire surprend un peu plus. Et c’est pour cette portion, justement, que j’ai tendance à penser un peu comme lui.

M. Melnyk a défrayé les manchettes plus souvent qu’à son tour, au cours des deux dernières années. De façon générale, il a été chanceux. La couverture médiatique de ses nombreux faux-pas a été très respectueuse, dans la région d’Ottawa. Certains d’entre vous diront que je suis biaisé, et ils auront sans doute raison, mais j’estime sincèrement que les journalistes d’ici ont fait leur travail de façon rigoureuse et professionnelle.

M. Melnyk a fait parler de lui dans d’autres villes, récemment. Et c’est précisément là qu’on a constaté des dérapages.

Un chroniqueur du New York Post a lancé le bal, la fin de semaine dernière. Il a profité du passage des Rangers à Kanata pour demander aux dirigeants de la LNH d’intervenir pour obliger le « ténébreux propriétaire » des Sénateurs à vendre son équipe.

The Ringer, un webzine américain qui s’intéresse aux sports ainsi qu’à la pop culture, en a rajouté une couche. Selon une de leurs scribes, dans toute l’Amérique du nord, c’est à Ottawa qu’on retrouve « le pire propriétaire d’un club sportif professionnel ».

Selon cette consœur, Eugene Melnyk serait encore pire que le proprio des Redskins de Washington, Dan Snyder.

Ce n’est pas une mince affirmation ! En début de semaine, ce Snyder a convoqué son entraîneur-chef à cinq heures du matin, au stade, pour le simple bonheur de lui annoncer qu’il était congédié.

Dans leurs papiers, les collègues américains présentent des arguments valables. Des choses dont nous avons déjà traité, abondamment, dans les pages de ce journal.

Le problème, c’est le reste. Tous les sujets que nous avons choisi d’ignorer. Pour toutes sortes de raisons, en fait. Parfois, des histoires abracadabrantes font surface au sujet de Melnyk. Ce sont des histoires dures à croire. Qui ne sont pas nécessairement fondées.

Quand il y a absence de preuve, le journaliste responsable s’abstient. Le reporter sans scrupule, celui qui cherche par tous les moyens à donner plus de punch à son histoire, n’a pas cette retenue. Il prend des risques inutiles. Il crée parfois des amalgames douteux. Il va parfois trop loin.

Bill Daly faisait peut-être référence à ce type de débordements, cette semaine, dans son échange de textos avec Pierre LeBrun.

Quand j’ai lu le texte relayé par The Ringer, je me suis demandé si quelqu’un se porterait à la défense d’Eugene Melnyk. Je me suis demandé, instantanément, s’il lui restait un allié, quelque part, qui serait prêt à aller au bâton, pour lui.

Eh bien, maintenant, on sait. On sait que M. Melnyk peut compter sur le soutien d’un allié. Et Bill Daly n’est pas n’importe qui. À certains égards, il a plus de poids que son patron Bettman, dans le petit monde du hockey.

Tout cela ne veut pas dire que la LNH est complètement satisfaite de ce qui se passe à Ottawa, ces temps-ci.

(On m’a quand même dit, récemment, que l’organisation des Sénateurs n’est pas celle qui donne le plus de maux de tête au commissaire. Mais ça, c’est une autre histoire.)

Ça veut simplement dire que M. Melnyk dispose d’une petite marge de manœuvre. Il n’est pas encore au bout de ses ressources.