Sylvain St-Laurent
Quelques milliers de nostalgiques devraient quand même se brancher sur TVA Sports, tous les soirs, cette semaine, afin de (re)voir la dernière série qui a opposé les Nordiques de Québec au Canadien de Montréal, en 1993.
Quelques milliers de nostalgiques devraient quand même se brancher sur TVA Sports, tous les soirs, cette semaine, afin de (re)voir la dernière série qui a opposé les Nordiques de Québec au Canadien de Montréal, en 1993.

Le hockey a beaucoup changé

CHRONIQUE / On salue l’initiative des chaînes spécialisées qui se transforment en «diffuseurs rétro» en ces temps difficiles.

Je sais, je sais. Un plat réchauffé, c’est rarement aussi bon que du «tout frais» qui vient de sortir du four.

Quelques milliers de nostalgiques devraient quand même se brancher sur TVA Sports, tous les soirs, cette semaine, afin de (re)voir la dernière série qui a opposé les Nordiques de Québec au Canadien de Montréal, en 1993.

D’ailleurs, le diffuseur nous a servi un bien agréable amuse-gueule, jeudi dernier.

Il nous a montré un match présenté au Colisée de Québec, le 15 décembre 1988. Un match qui avait été, à l’origine, diffusé sur les ondes de Télévision Quatre Saisons. Dans ce match, grâce à une grosse troisième période, les Bleus avaient battu les Rouges, 6-4.

L’amuse-gueule nous a rappelé que le hockey a beaucoup changé au cours des 30 dernières années.

«On dirait que les joueurs ont les pieds dans le ciment», m’a lancé ma compagne, sur le divan, après quelques minutes.

Oui. Ça saute aux yeux. Le hockey est plus rapide, aujourd’hui.

Mais ce n’est pas tout.

En tout, trois combats ont éclaté dans ce match.

Déjà, selon les standards d’aujourd’hui, trois combats dans un seul match, c’est beaucoup.

Je me suis amusé à regarder le premier de la soirée, celui qui a opposé Trevor Stienburg et Mike McPhee, à mi-chemin au premier tiers.

La bagarre a duré une quinzaine de secondes, à peine. Elle s’est conclue comme la plupart des combats sur glace, sans vraiment faire de vainqueur, quand les deux sont tombés sur la glace.

Sauf que Stienburg et McPhee n’avaient pas envie d’en finir.

Un juge de lignes s’est jeté sur la glace, rapidement, dans le but de les séparer.

Il a éventuellement fallu que le deuxième juge de lignes s’en mêle, à son tour. Tout seul, son collègue était en train de faillir à la tâche.

On vous rappelle qu’il ne s’agissait pas d’un match particulièrement important. C’était un petit match disputé un jeudi soir, entre deux équipes qui n’étaient même pas proches, au classement.

Dans les années 1990, les joueurs de la LNH patinaient moins vite, mais les adversaires se détestaient plus.

«Je ne sais pas trop quel spectacle était le plus intéressant à regarder», m’a lancé, par texto, un ami qui suivait le même match que moi.

«En tous cas... S’il avait joué à cette époque, Brad Marchand n’aurait certainement pas pris la chance de lécher dans le visage.»

Les jeunes, aujourd’hui, pourraient difficilement comprendre.

*****

J’avais ce match tout frais en mémoire, vendredi matin, quand j’écoutais l’émission matinale de TSN 1200. Doug Gilmour était l’invité.

Gilmour, on le sait, a joué près de 1500 matches dans la LNH. Il occupe le 19e rang, au classement des meilleurs marqueurs de l’histoire du circuit.

Il a connu ses meilleurs moments au début des années 1990, quand il était le centre numéro un des Maple Leafs de Toronto.

Gilmour nous parlait d’un match particulièrement difficile, à cette époque. Les Leafs affrontaient les Canucks de Vancouver. Le policier adverse, Gino Odjick, ne le lâchait pas d’une semelle.

«Wendel Clark était notre leader et il a réglé mon problème», raconte Gilmour.

Il a sauté sur la patinoire, il a patiné vers Pavel Bure et il lui a servi un avertissement.

«Écoute, Pavel... Je n’ai rien contre toi. Mais si Gino touche une fois de plus à Dougie, je t’assomme.»

«Dougie» n’a pas eu à se soucier d’Odjick durant le reste de la partie.

Les brutes des années 1990 n’ont pas toutes nui à la progression de Gilmour.

Les collègues de TSN 1200 ont cherché à comprendre la raison de sa production accrue à Toronto.

«Je dois rendre hommage à Pat Burns, qui était comme un père, pour moi, là-bas. Il me fichait la trouille, chaque jour, et c’est exactement ce dont j’avais besoin.»

J’ai bien peur que les jeunes d’aujourd’hui ne peuvent pas comprendre ça, non plus.

Doug Gilmour nous a fait une petite révélation, vendredi.

En gros, il aurait pu terminer sa carrière à Ottawa.

Il était joueur autonome, en septembre 2001. Deux équipes s’intéressaient à ses services: le Canadien et les Sénateurs.

Le coeur du vétéran penchait vers Ottawa, mais le propriétaire des Sénateurs n’étaient pas prêt à lui accorder le contrat qu’il demandait.

Il demandait un salaire annuel de 1,8 million $US.

Tout n’a quand même pas changé, dans la LNH, au cours des 30 dernières années...