Charlie Coyle ajoute de la profondeur à l’alignement des Bruins de Boston. Une profondeur qui donne parfois beaucoup de fil à retordre aux Hurricanes de la Caroline.

La valeur de Charlie Coyle

CHRONIQUE — EN SÉRIES / À la date limite des transactions, les équipes qui frappent des coups de circuit ne sont pas toujours celles qui visent les clôtures.

Un bel exemple nous est offert par les Bruins de Boston, cette année.

À la fin de l’hiver, l’équipe du directeur général Don Sweeney était bien positionnée pour les séries. Elle ne faisait pas trop de bruit. Dans la section Atlantique, tout le monde vivait dans l’ombre du puissant Lightning de Tampa Bay.

Sweeney aurait facilement pu se lancer à la poursuite des meilleurs joueurs disponibles. Il aurait pu payer le gros prix pour ajouter un ou deux attaquants d’élite, de façon à rivaliser avec le Lightning sur son propre terrain.

D’autres ont déjà adopté cette stratégie. Avec des résultats plus ou moins concluants.

Sweeney s’est montré prudent.

Il a travaillé en fonction des besoins spécifiques de son équipe. Sa principale acquisition fut Charlie Coyle, un robuste centre numéro trois. Un ancien choix de (fin de) première ronde qui peut récolter une quarantaine de points par année.

Un homme de 27 ans qui possédait quand même une certaine expérience des séries éliminatoires.

Deux mois et demi plus tard, les Bruins viennent de prendre les commandes dans la Finale de l’Association Est. Ils ont conservé l’avantage de la patinoire en remportant les deux premières parties, sur la patinoire du TD Garden.

Coyle a récolté quatre points dans ces deux parties.

L’entraîneur-chef Bruce Cassidy lui a rendu hommage, dimanche soir, après le match numéro deux.

« En ce moment, le trio de Charlie Coyle pose un véritable problème à nos adversaires, a-t-il dit. Les équipes qui nous affrontent savent, d’emblée, qu’elles auront le trio de Bergy dans les pattes. Elles savent aussi qu’elles doivent se soucier de David Krejci, dont la réputation en séries n’est plus à faire. Voilà qu’elles doivent maintenant composer avec un troisième trio capable de marquer des buts. C’est une grosse commande. Ça peut devenir taxant, à la longue. »

Cassidy est en poste depuis l’hiver 2017. Il a pris la relève de Claude Julien.

Avec lui, les Bruins n’ont jamais raté les séries. Ils n’avaient aussi jamais franchi le deuxième tour avant cette année.

La profondeur pourrait être la clé du succès, cette année.

Du moins, encore une fois, on dirait que c’est l’opinion de l’entraîneur.

« Quand ton équipe a un déficit à combler et que tu n’as pas beaucoup de profondeur... Tu peux t’appuyer un peu trop sur tes vedettes. Tu as parfois tendance à les envoyer sur la patinoire, systématiquement, pour toutes les mises en jeu qui ont lieu en zone d’attaque. La fatigue peut alors s’installer très rapidement. »

Cassidy va un peu plus loin dans son analyse.

Sa tendance à trop donner de glace à Patrice Bergeron, Brad Marchand et David Pastrnak a peut-être causé la perte de son équipe, l’an dernier. En 2018, les Bruins ont subi l’élimination en cinq matches, au deuxième tour, contre Tampa.

« Cette année, il est plus facile pour moi d’utiliser tous mes trios. J’essaie bien entendu de provoquer certaines confrontations. J’utilise quand même tous mes joueurs. Je ne veux pas qu’on se fatigue trop vite ! »

Des gars de la place

Charlie Coyle n’est pas qu’un bon troisième centre. Il est, aussi, un bon troisième centre « local ». Un gars de la place, comme on dit.

Il est originaire d’East Weymouth, une petite ville côtière du Massachusetts. Il a porté les couleurs des Terriers de Boston University pendant une saison et demie, au début de la décennie, avant de partir à la découverte du monde.

Miser sur des joueurs de la région, qui jouent soir après soir devant parents et amis... Une valeur ajoutée ?

Don Sweeney a l’air d’y croire.

Coyle n’est pas le seul athlète du Massachusetts à porter le maillot des Bruins, ce printemps. Le défenseur Matt Grzelcyk a grandi à Charlestown.

Le défenseur de soutien a connu un de ses meilleurs matches en carrière, dimanche. Il a décoché deux tirs vers le filet de Petr Mrazek et il a marqué deux buts.

Dans sa région natale, on admire surtout son caractère, en ce début de semaine.

Au début du match de dimanche, il a été solidement mis en échec par l’attaquant des Hurricanes de la Caroline, Michael Ferland.

Ferland pèse 220 livres. Grzelcyk fait osciller la balance à 175 livres.

Ça n’a visiblement pas ralenti la victime.

« J’ai toujours été un grand fan de Grz depuis son arrivée dans notre ligue », déclare le quart-arrière des Bruins, Torey Krug.

« Je l’ai vu encaisser cette mise en échec, au début du match. J’étais convaincu qu’il serait capable de compléter la partie. »

« Nous faisons constamment des blagues sur le gabarit de certains de nos joueurs. Nous avons maintenant trois défenseurs de moins de six pieds qui font la job. »

Les... Little Bad Bruins ?

L’expérience...

Il y a six ans, jour pour jour, se jouait un match de hockey mémorable. Le 13 mai 2013, au TD Garden, les Bruins sont devenus la première équipe de l’histoire de la LNH à combler un déficit de trois buts, en troisième période, pour gagner le septième match d’une série.

Leurs victimes du moment, les jeunes Maple Leafs de Toronto, ont mis beaucoup de temps à s’en remettre...

Quand on consulte le sommaire de cette rencontre, on retrouve plusieurs noms qui nous sont familiers. Krejci, Bergeron, Marchand, Zdeno Chara, Tuukka Rask...

Les Bruins ont été patients envers leurs leaders. Ça rapporte.

Perron n’oublie pas

Très intéressante confidence de David Perron, ce week-end. L’attaquant sherbrookois a dit à un reporter du St. Louis Dispatch qu’il pense souvent à une blessure qu’il a subie contre les Sharks de San Jose, au début de sa carrière.

À l’automne 2010, il avait marqué cinq buts dans ses 10 premiers matches. Un coup de coude de Joe Thornton a tout fait dérailler.

Il a subi une commotion cérébrale sévère. Il a passé 11 longs mois sur la touche.

« J’y pense constamment à cause de l’impact que cette blessure a eu sur ma vie », dit Perron.

« Je me fiche bien que Thornton fasse encore partie de leur équipe. Je veux juste gagner. »