Dave Prpich a vanté les qualités du nouvel entraîneur-chef des Sénateurs d’Ottawa, D.J. Smith. Les deux hommes ont travaillé ensemble chez les Spitfires de la LHOntario.

D.J. Smith l’a déjà fait

CHRONIQUE / S’ils veulent sortir de la cave, l’hiver prochain, les Sénateurs d’Ottawa devront s’occuper de leurs défenseurs, en priorité. Il faudra donner structure et direction à un groupe qui pourrait regrouper cinq ou six joueurs de 24 ans ou moins.

Ce sera une grosse commande pour D.J. Smith.

On me dit qu’il est capable.

On me dit qu’il est capable... parce qu’il a déjà relevé un défi similaire. Avec brio.

J’ai passé une partie de la matinée à bavarder au téléphone avec un dénommé Dave Prpich, mercredi.

M. Prpich n’est pas très connu dans le monde du hockey. Il a connu une belle carrière à titre de professeur d’éducation physique, dans la région de Windsor. En parallèle, pendant une bonne vingtaine d’années, il s’est impliqué à titre d’entraîneur-adjoint chez les Spitfires de la LHOntario.

C’est lui, en quelque sorte, qui a permis à Smith de faire ses débuts dans le coaching.

Retour dans le temps, durant la saison 2004-05.

À 27 ans, Smith venait d’accrocher ses patins, après avoir subi une commotion cérébrale de trop. Il ne savait pas comment aborder la suite de sa vie.

Prpich venait d’accepter, au pied levé, le mandat d’entraîneur-chef intérimaire. Pour finir l’année avec les Spits, un club de fond de classement qui n’allait nulle part, il avait besoin d’aide.

« Au début, j’ai demandé à D.J. de me donner un coup de pouce avec les entraînements matinaux. Je lui ai simplement demandé d’aller sur la glace avec nos quatre ou cinq joueurs plus âgés qui ne fréquentaient plus l’école. »

« En moins d’une semaine, il m’a rejoint derrière le banc. »

Prpich a continué à confier des missions à la recrue, au fur et à mesure que la saison progressait. Smith s’est d’abord chargé des infériorités numériques. On lui a ensuite demandé d’établir une nouvelle façon de travailler, en fin de match, quand il fallait protéger une avance.

« Chaque fois, les résultats étaient prodigieux. Nos joueurs l’adoraient. On a remarqué que le niveau d’intensité augmentait à l’entraînement. De nouveaux trucs positifs se produisaient lors de chaque match. »

En 2005, les Spits ont réussi à terminer la saison au septième rang de leur association. Personne ne donnait cher de leur peau en première ronde des séries, contre les puissants Greyhounds de Sault Ste. Marie.

Ils ont perdu les trois premiers matches avant de se regrouper. Ils ont trouvé un moyen d’accéder au deuxième tour, en remportant les quatre matches suivants par un seul but.

Encore une fois, Prpich me jure que Smith a eu son gros mot à dire, dans cette victoire.

« Dans ma carrière, j’ai croisé des tas de gens qui voulaient travailler dans le domaine de l’enseignement. Je peux vous assurer que D.J. est né pour être entraîneur. »

J’ai fait l’avocat du diable, jusqu’au bout.

C’est bien beau, tout ça. Comment expliquez-vous, alors, sa lente progression ? Smith a quand même passé une dizaine d’années dans les rangs juniors avant d’obtenir sa chance de travailler dans la LNH...

« À l’époque, nous avions un jeune défenseur qui s’appelait Mike Weber. Nous l’aimions beaucoup. Il présentait un potentiel intéressant. Il avait cependant beaucoup de travail à faire. Défensivement, il se débrouillait. Il avait des problèmes quand il devait manier la rondelle. D.J. a passé des heures et des heures à travailler, seul à seul, avec lui. Mike a finalement été repêché dans la LNH et il a connu une belle carrière avec les Sabres de Buffalo. »

« Rien de cela n’aurait été possible s’il n’avait pas rencontré D.J., si vous voulez mon avis. »

Weber a décidé d’accrocher ses patins au terme de la saison 2017-18. Il est retourné à Windsor. Il a passé la dernière à marcher dans les traces de son mentor, à titre d’entraîneur-adjoint chez les Spitfires.

Il y a des coïncidences, des fois, dans la vie...

Smith voudra s’entourer de gens dignes de confiance, avant d’attaquer son prochain défi professionnel à Ottawa.

Lorsqu’il a été présenté aux médias, la semaine dernière, il a dit qu’il avait ciblé quelques personnes. Il voulait profiter de son voyage de retour à Windsor, en voiture, pour passer quelques coups de fil.

Je serais curieux de savoir si le portable de Weber a sonné...