Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Le président des Olympiques, Martin Lacasse, a semblé étonné par la présence des journalistes à l’aréna Guertin à la fin de la rencontre avec les actionnaires de l’équipe.
Le président des Olympiques, Martin Lacasse, a semblé étonné par la présence des journalistes à l’aréna Guertin à la fin de la rencontre avec les actionnaires de l’équipe.

Des changements nécessaires

CHRONIQUE / Je vais vous dire comment la rencontre de mardi a pris fin, au centre Robert-Guertin.

Nous étions un petit groupe de journalistes, à faire le pied de grue, à l’extérieur du salon où les discussions avaient lieu. Tous les médias d’information sérieux de la région étaient représentés : Le Droit, Radio-Canada, le 104,7 FM, TVA et V...

J’étais un peu en retrait.

J’ai compris que la rencontre était finie quand j’ai entendu quelqu’un s’énerver, tout en haut des marches. J’ai compris plus tard qu’il s’agissait de Martin Lacasse. Le président des Olympiques semblait surpris de trouver des caméras, alors qu’il aurait dû s’y attendre. Il a dit quelque chose à propos d’un « manque de respect ».

Je peux vous garantir que tous les collègues qui étaient sur place ont travaillé à l’intérieur des normes de la profession. Tout a été fait selon les règles de l’art.

Un individu s’est rapidement interposé pour calmer le jeu. Bien gentil, quoiqu’un peu agité, cet homme qu’on ne connaissait pas a demandé à tout le monde de bien vouloir quitter. Les actionnaires n’avaient rien à dire, de toute façon. Un communiqué de presse serait envoyé sous peu, jurait-il. Il a ramassé quelques cartes d’affaires.

Nous avons bien tenté de connaître son rôle dans cette histoire. Malgré nos demandes répétées, il a refusé de s’identifier.

Ça ne faisait pas trop sérieux.

Un peu comme la réaction de Martin Lacasse, d’ailleurs.

Un peu comme tout ce que les Olympiques ont fait, publiquement, depuis le début de l’automne.

On ne peut pas savoir exactement ce que l’organisation nous annoncera, mercredi après-midi, en conférence de presse. Mais on espère de tout cœur que tout le brouhaha des derniers jours aura été productif.

Les Olympiques ne peuvent pas nous dire qu’ils gardent le cap. Le statu quo n’est, tout simplement, pas envisageable. 

Cette organisation a besoin d’un grand coup de barre. Elle doit trouver une façon de modifier ses pratiques, en profondeur, de façon à redorer son image.

Est-ce que ce ménage peut se faire avec le personnel qui est en place, présentement ? Je ne sais pas. J’en doute.

La façon dont les choses ont été gérées à Guertin, mardi après-midi, est tout, sauf anecdotique. Elle nous dit à peu près tout ce qu’il faut savoir au sujet de cette organisation qui navigue à vue depuis très longtemps. Une organisation qui n’est plus à la hauteur de sa réputation.

***

Ça fait bientôt quatre ans que j’alimente cette chronique.

Cette affectation m’a poussé à élargir mes horizons.

Pendant longtemps, à titre de journaliste affecté au hockey professionnel, au Droit, je passais l’essentiel de mes hivers à Kanata. Durant ces années, j’étais vaguement conscient que tout ne tournait pas rond au Vieux-Bob. À titre de président, Alain Sear ne jouissait pas d’un énorme capital de sympathie. On me disait qu’il avait du mal à retenir ses collaborateurs. On me parlait de la grogne qui semblait gagner les partisans.

Je prenais tout cela avec un grain de sel.

Je me disais que l’homme souffrait possiblement d’un problème d’image. Qu’il ne méritait peut-être pas toutes les critiques dirigées contre lui.

Mon mandat a changé. Je me suis mis à visiter le Vieux-Bob plus régulièrement. Je me suis mis à écouter, plus attentivement, les gens qui œuvrent dans le hockey junior.

Le mandat de M. Sear a changé, aussi, durant cette période. Il a réalisé un rêve en accédant au poste de directeur des opérations hockey. Il a fait preuve d’une certaine humilité en s’excusant publiquement pour ses erreurs du passé.

Il voulait qu’on le juge désormais pour ses décisions en tant qu’homme de hockey. Soit.

Je lui ai consacré une chronique complète, à ce moment-là, pour s’expliquer.

Alain Sear a eu beaucoup de mal à se refaire une réputation, depuis. 

Les histoires qu’on entend, depuis quelques jours, nous laissent croire que sa cote de popularité est à son niveau le plus faible.

Les détracteurs de M. Sear se sont fait entendre, dans les derniers jours.

Si M. Sear compte toujours quelques alliés, en ville, ceux-ci se sont montrés plutôt discrets.

Ils n’ont pas fait de bruit du tout.