Sandrine et Viviane Tranquille représentent deux beaux espoirs en taekwondo.

Sur les traces des Dufour-Lapointe?

Elles ont 14 et 16 ans, elles sont jolies, allumées, articulées et talentueuses. Le parallèle entre les soeurs Dufour-Lapointe, qui ont viré le coeur du Québec à l'envers avec leurs performances à Sotchi cette semaine, et les soeurs Sandrine et Viviane Tranquille est facile à établir, à la différence que les Trifluviennes se produisent en taekwondo. Fleurons du programme Sport-études de l'Académie les Estacades, Sandrine et Viviane ont le potentiel pour se frayer un chemin jusqu'aux Olympiques 2020 selon leur entraîneur Tommy Boisvert, qui remarque des pas de géant dans leur progression depuis un an.
Mais d'ici 2020, une série d'étapes devront être franchies. Les Tranquille vont d'ailleurs poursuivre leur apprentissage au Canada Open et au US Open ces deux prochaines semaines, puis Sandrine, l'aînée, mettra le cap sur le championnat du monde junior.
«Les deux prochaines compétitions vont me servir de préparation en vue du Mondial», explique celle qui va s'aligner chez les 59 kg... et qui devait d'ailleurs perdre quelques livres au moment de l'entrevue! Si ce détail semblait l'embêter un peu, elle ne semblait aucunement intimidée à l'idée de se battre face à quelques-unes des meilleures filles de son groupe d'âge. «Le taekwondo, ça reste le taekwondo. Peu importe d'où vient la personne en face de toi, c'est le même sport! Au cours des deux prochaines compétitions, je vise le podium.»
Faut dire que Sandrine a eu droit à de la grosse opposition dans son propre pays afin de mériter sa place pour le championnat du monde junior. En finale, elle a eu raison de China Poon Odjick, la fille de l'ex-dur-à-cuire de la LNH Gino Odjick, qu'elle craignait. «Elle est rude, elle a du chien. Je l'ai battue une première fois en préliminaires, mais elle a bûché pour revenir en finale, où elle devait me battre deux fois. Le combat suivant fut à son avantage mais lors du combat final, j'ai gagné même si elle avait pris l'avance 7-0», note fièrement l'athlète avec un sourire angélique aux lèvres... qui disparaît vite quand elle doit combattre. «J'ai mon côté fille et j'ai mon côté athlète. Quand je suis ici, je suis capable moi aussi d'être rude!»
Chose certaine, cette victoire a servi de déclencheur selon Boisvert. «C'est une artiste. Elle peut avoir du mal contre une rivale moins puissante mais quand l'adversité est là, elle sort le meilleur d'elle-même», raconte le mentor. «Des fois, pour un entraîneur, c'est enrageant! Mais quand elle se lance, c'est de toute beauté à voir aller! Qui sait jusqu'où elle peut aller maintenant...»
Sa cadette, Viviane, est plus crinquée! Pas pour rien qu'à 14 ans, elle a bien failli accompagner sa soeur au championnat du monde en Chine le mois prochain. «Elle, c'est une bombe! Faut la voir s'entraîner avec les filles de l'équipe nationale. Une vraie combattante, une athlète disciplinée...», énumère Boisvert. «Les deux filles font des sacrifices pour s'améliorer et elles sont supportées admirablement par leurs parents. En plus du Sport-études, elles s'entraînent le samedi matin au club puis elles prennent la route pour aller s'entraîner à Québec en après-midi. Elles sont entourées de façon à maximiser leur potentiel», ajoute-t-il.
Et elles se motivent l'une et l'autre, même si elles se gardent bien de s'entraîner ensemble trop souvent. «On se pousse, c'est sûr. Mais pas trop, on reste des soeurs! C'est très rare qu'on s'entraîne en combat l'une contre l'autre car on pogne les nerfs!», rigole Sandrine.
Si l'aînée est en mode préparation au cours des deux prochaines semaines, la cadette va pousser à fond de train au Canada Open et au US Open. «Ça ne n'est pas passé à mon goût au Canada Open l'an dernier, après avoir gagné mon premier combat. Je veux faire mieux cette fois, c'est certain!»
Les deux soeurs terminent l'entretien en insistant pour remercier publiquement leur entraîneur et leurs parents. «Nous sommes chanceuses, nous sommes très bien appuyées. Nous sommes très reconnaissantes, tu peux écrire une ligne ou deux pour les remercier svp?»
C'est fait...