Anouk Berthiaume est la seule trampoliniste du Québec à avoir obtenu son billet pour le Championnat mondial par groupes d’âge, en Bulgarie du 10 au 20 novembre.

Sur les traces de sa grande sœur

Trois-Rivières — Il y a deux ans, Sara-Jade Berthiaume devenait la deuxième athlète dans l’histoire du club Trampoline Intercité à se qualifier pour le Championnat mondial par groupes d’âge, après Joanie Pothier. Ça aura pris 24 mois à sa soeur cadette, Anouk, pour l’imiter.

Pour la première fois de sa vie, l’adolescente de 15 ans partira à l’étranger sans les membres de sa famille ou ses entraîneurs de Trois-Rivières. Destination: Sofia, en Bulgarie, où les meilleurs jeunes trampolinistes de la planète se donnent rendez-vous, du 10 au 20 novembre.

À l’intérieur de l’église Sainte-Cécile, où Intercité a déménagé ses quartiers il y a quelques années, Anouk Berthiaume exécute ses routines. Entourées de leurs amis du programme Sport-études des Estacades, elle et sa sœur ont un fort pouvoir d’attraction sur le reste du groupe. Ce sont évidemment les têtes d’affiche du club en raison de leur parcours. 

On comprend aussi que tous se sentent concernés lorsqu’il est question du Mondial par groupes d’âge. Quand Anouk montera sur le trampoline en Bulgarie le 18 novembre à 4 h du matin, heure du Québec, ils seront plusieurs à la suivre en direct sur Internet. «C’est une grande étape pour moi», concède la principale intéressée, dont on devine immédiatement le lien de parenté avec Sara-Jade. 

«Côté personnalité, Anouk est peut-être plus délicate, plus douce, estime l’entraîneure France Bouffard. Avant 2016, elle n’avait pas de grands objectifs en compétition alors que Sara-Jade est fonceuse, elle sait où elle s’en va.»

Or, depuis environ un an et demi, il n’y a plus aucun doute sur le potentiel d’Anouk Berthiaume et sur le chemin qu’elle souhaite emprunter. Si elle ressemble à sa sœur physiquement, c’est aussi vrai sur un trampoline, où elle excelle autant au trampoline qu’au double mini.

«À son âge, c’est probablement notre plus bel espoir en plus de 20 ans, avance Bouffard. Elle a atteint un coefficient de difficulté de 10 et son temps de vol, donc la hauteur qu’elle atteint sur le trampoline, nous impressionne. Le temps de vol aide à accumuler plus de points, qui s’ajoutent aux routines.»

Objectif: deux routines complètes

En 2015, Sara-Jade n’a pas joué de chance en chutant pendant sa routine libre. Le Mondial par groupes d’âge se déroulait alors au Danemark. Grâce aux liens privilégiés qui les unissent, Anouk sait à quel point cette chute a déçu sa sœur. «Je veux faire deux routines complètes et augmenter mon nombre de points grâce à la hauteur. Si j’atteins les finales, ce serait génial!»

Non, une place en finale ne relève pas de l’utopie. Au camp d’entraînement en vue du championnat mondial, Anouk Berthiaume a réalisé deux belles routines qui lui auraient procuré le 13e rang au Danemark en 2015. «Le calibre évolue d’année en année, mais c’est un bel indicatif d’où elle se situe. Si elle se classe dans la première moitié des athlètes présentes à Sofia, je serai très heureuse», affirme France Boufard. «D’autant plus qu’elle sera parmi les plus jeunes de sa catégorie des 15-16 ans et la seule représentante du Québec.» Quatre Canadiennes au total concourront chez les 15-16 ans.

Côtoyer les meilleurs

En arrivant à Sofia, Berthiaume bénéficiera de quelques jours d’entraînement afin de s’acclimater à son nouvel environnement. L’occasion sera belle, par la bande, d’épier les meilleurs trampolinistes de la planète, qui seront en action juste avant les athlètes de la relève. De quoi faire rêver la Trifluvienne, qui en sera à sa première compétition d’une telle envergure. «C’est un beau travail qu’elle a accompli jusqu’ici. Plusieurs filles ont tenté de se qualifier donc sa place, elle l’a gagnée», conclut France Bouffard, dont les yeux s’illuminent quand on lui parle de la relève qui pousse dans l’ancien lieu sacré du quartier Sainte-Cécile.

Quelques minutes auparavant, Gaëlle Saint-Pierre, 9 ans à peine, réalisait un double saut périlleux. 

Qui sait, elle est peut-être la prochaine «petite Berthiaume».