À 19 ans, Anne-Sophie Lavoie-Parent a été choisie au sein de l’équipe nationale senior de canoë-kayak.

Sur les traces de la reine

TROIS-RIVIÈRES — Pour le Club de canoë-kayak de Trois-Rivières, c’est pratiquement devenu une habitude de voir Laurence Vincent-Lapointe briller aux quatre coins de la planète. Elle est la reine incontestée. Non loin derrière, dans l’ombre de la championne du monde, une jeune canoéiste de 19 ans se fraye depuis quelques années un chemin parmi l’élite mondiale et rêve aussi de Jeux olympiques. Ceux de Paris, en 2024.

À 19 ans, Anne-Sophie Lavoie-Parent a franchi une nouvelle étape dans son cheminement au cours des derniers jours en étant sélectionnée sur l’équipe nationale senior, à la suite des essais nationaux de Canoë-kayak Canada, même si elle est toujours de catégorie U23.

Pourtant, rien ne laissait présager qu’elle aurait sa place aux côtés des meilleures rameuses canadiennes après un camp d’entraînement en demi-teinte. Pour les essais nationaux, elle avait même été écartée des épreuves en équipe. Cependant, Lavoie-Parent a pris les choses en main aux essais nationaux à Gainesville, en Géorgie, ce qui a convaincu les dirigeants de l’équipe canadienne de lui faire une place en vue des deux étapes de la Coupe du monde cet été.

«Je suis vraiment contente d’avoir été choisie. C’est très motivant, après tous les efforts mis à l’entraînement. C’était mon objectif principal cette année, même si je suis encore de catégorie U23. J’avais confiance de mériter ma place», mentionne l’étudiante au Collège Laflèche.

Du 18 au 20 mai, à Szeged en Hongrie, la protégée de Mathieu Pelletier n’en sera pas à sa première expérience internationale chez les seniors lorsqu’elle prendra place sur la ligne de départ. L’an dernier, elle avait pris part à deux tranches de la Coupe du monde, en Hongrie et en Serbie, décrochant même une médaille d’argent en C2 200 m en compagnie de sa partenaire Nadya Crossman-Serb.

Au cours de l’été 2017, elle avait aussi volé la vedette aux Jeux du Canada, à Winnipeg, en s’offrant deux médailles d’or individuelles (200 m et 500 m) en plus d’ajouter trois médailles d’argent aux épreuves par équipe (C2 200 m, C2 500 m et C4 200 m).

Un an plus tard, Lavoie-Parent s’estime encore mieux outillée pour briller parmi les meilleures au monde.

«On est sept filles sur l’équipe nationale. Je ne sais pas encore quelles épreuves je vais faire. On a un camp d’entraînement en Nouvelle-Écosse avant la Coupe du monde. On va faire des tests et on va ensuite savoir à quelles courses on va participer.»

Aux trousses de la championne
Malgré sa progression intéressante au sein de l’équipe canadienne, Lavoie-Parent demeure inévitablement coincée derrière la reine mondiale du canoë féminin. Elle a une fois de plus pu observer la puissance de Vincent-Lapointe lors des essais nationaux alors qu’elle a battu trois marques mondiales.

«J’avais l’impression que l’écart entre nous avait un peu rétréci… jusqu’aux essais nationaux!», souligne Lavoie-Parent.

À ses yeux, Laurence Vincent-Lapointe joue un double rôle. Non seulement elle représente la fille à battre sur la ligne de départ, mais elle se veut aussi un excellent modèle à suivre dans sa progression.

«Quand quelqu’un est en avant de toi, tu veux la battre. Dans mon cas, c’est Laurence. Et elle est beaucoup en avance sur moi. J’essaie de m’en approcher le plus possible. Je suis encouragée, car je suis une courbe progressive. Aussi, je crois que c’est bon d’avoir un modèle comme ça, près de moi. Oui, Laurence et Katie (Vincent) ont encore une coche sur moi. Mais ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose que je doive rivaliser avec elles. En plus d’être les meilleures au Canada, elles sont les meilleures au monde!»

Lentement, mais sûrement, Lavoie-Parent espère un jour rejoindre la meilleure canoéiste de la planète e et suivre ses traces, en route vers les Jeux olympiques. Si Tokyo 2020 peut apparaître prématuré dans son cheminement, la Trifluvienne de 19 ans admet avoir ses yeux rivés sur Paris 2024. «Je pense que c’est un objectif un peu plus réalisable», souligne celle qui avait participé aux Jeux olympiques la jeunesse de 2014, en Chine.