L’étudiante-athlète des Patriotes, Kesya Longval, a terminé sa session universitaire à distance, avec le coronavirus dans son foyer. La future bachelière en sciences infirmières, maintenant guérie, est de retour au front à l’hôpital Sainte-Croix de Drummondville.
L’étudiante-athlète des Patriotes, Kesya Longval, a terminé sa session universitaire à distance, avec le coronavirus dans son foyer. La future bachelière en sciences infirmières, maintenant guérie, est de retour au front à l’hôpital Sainte-Croix de Drummondville.

Super-maman, Patriote et infirmière guérie du coronavirus

SAINT-LÉONARD-D'ASTON — Depuis le début de la pandémie, le titre de super-maman n’a jamais aussi bien collé à Kesya Longval. L’étudiante-athlète de 25 ans des Patriotes est au front, comme des milliers d’infirmières au Québec. Elle a même contracté le coronavirus il y a quelques semaines, durant la période des examens de fin de session. Maintenant guérie, elle est de retour sur son lieu de travail, à l’hôpital Sainte-Croix de Drummondville.

La jeune femme de Saint-Léonard-d’Aston carbure à un mode de vie effréné. Elle court dans tous les sens du terme!

Études au campus de l’UQTR à Drummondville au baccalauréat en sciences infirmières, séances d’entraînement avec l’équipe de cross-country et d’athlétisme des Patriotes à Trois-Rivières, quarts de travail à l’hôpital Sainte-Croix: à travers tout ça, elle est d’abord la maman d’une fillette de 4 ans. C’était déjà du sport avant la pandémie, imaginez maintenant!

«La visite de la COVID-19 à la maison, j’aurais pu m’en passer, mais je me considère chanceuse d’avoir eu si peu de symptômes», laisse-t-elle tomber, surprise que Le Nouvelliste s’intéresse à son histoire.

«Dans mon travail, je suis habituée de poser les questions aux patients, pas de m’en faire poser», sourit-elle.

Une bourse pour la persévérance

Au début du mois d’avril, les Patriotes ont honoré, comme ils le font chaque année, leurs meilleurs étudiants-athlètes pour les réussites sportive et académique. Impossible d’organiser un banquet pour la cuvée 2019-20: les bourses et autres mentions allaient se donner exclusivement par le biais de Facebook, à l’aide de capsules animées par l’agent d’information Yaël Blanchet Godbout.

Kesya Longval a appris, grâce à un texto de sa capitaine Sarah-Jane Caumartin, qu’elle était l’une des deux athlètes à recevoir la bourse Anne-Sophie-Bois, remise à une ou un Patriote ayant su faire preuve de leadership, d’esprit d’équipe et de persévérance.

«J’étais à l’hôpital, sur un quart de travail de 16 heures, quand Sarah-Jane m’a écrit. J’ai trouvé ça vraiment cool, c’était une belle attention.»

Kesya Longval, en compétition

Elle le méritait bien. Ses entraîneurs des Patriotes font d’ailleurs remarquer qu’elle répondait présente, chaque mercredi matin, pour les entraînements d’équipe, que soit pour l’athlétisme ou le cross-country. Même si ça impliquait des allers-retours entre Drummondville et Trois-Rivières.

Kesya Longval a terminé son année scolaire avec une moyenne académie de 4,02 sur 4,3. Elle ne s’attendait toutefois pas à conclure sa session d’études à distance avec la COVID-19.

Chanceuse dans sa malchance

Un foyer d’éclosion a été déclaré à l’hôpital Sainte-Croix en avril. Des dizaines de membres du personnel ont testé positifs au virus, dont Kesya. Deux jours avant, elle se surprenait à chercher son souffle après une sortie de 8 km de course à pied.

«Ce n’était pas normal, je courais à 5 minutes du kilomètre et j’avais l’impression d’avoir les jambes dans le béton. J’avais aussi mal à la tête. Je n’ai jamais mal à la tête. Je me sentais enrhumée. Le vendredi, j’avais la confirmation que j’étais infectée par le coronavirus.»

Sa fille a également contracté la maladie. «Elle n’a pas eu de symptôme. Mon chum n’a pas passé le test, mais il se portait bien et il a complété sa période d’isolement. Au bout du compte, nous avons été chanceux. Quand tu penses que des gens meurent, ça permet de relativiser les choses. Des patients en fin de vie, j’en ai accompagnés. Ce n’est pas facile et dans ces situations, c’est carrément impossible de maintenir deux mètres de distance.»

Deux tests négatifs plus tard, Kesya Longval et sa fille sont dorénavant rétablis. L’athlète des Patriotes a repris le boulot, il y a environ une semaine, comme plusieurs de ses collègues.

Même en confinement, elle a continué de courir en solitaire, loin de tout le monde. «Je vis dans un rang où il y a très peu de gens. En fait, j’ai plus de chances de croiser une vache qu’un être humain! Je suis un peu têtue, mais j’avais besoin de ça. Quand je cours, je ne pense à rien d’autre. C’est un de mes seuls temps libres.»

Enfin rétablie, Kesya Longval peut recommencer son entraînement en intervalles et ses séances de musculation. Il lui reste un an d’études avant l’obtention de son baccalauréat.

L’équipe de cross-country des Patriotes

«Je remercie la famille d’Anne-Sophie Bois pour cette bourse, pour leur générosité en cette période de pandémie», disait-elle, dans sa brève allocution publiée dans les heures ayant suivi sa sélection comme boursière au gala virtuel des Patriotes.

«Merci à mes partenaires et entraîneurs qui m’ont accueillie à bras ouverts dans leur famille.»