Le candidat à la chefferie du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, estime que l’affaire Maxime Comtois n’aurait pas éclaté si le capitaine d’Équipe Canada junior avait porté l’uniforme d’une équipe du Québec.

Une Équipe Québec au Mondial junior?

CHRONIQUE / Depuis qu’il a annoncé son intention d’être candidat à la chefferie du Bloc québécois, Yves-François Blanchet tire sur tout ce qui bouge. Normal, le parti politique qu’il veut ressusciter a besoin de visibilité… et d’un leader qui ne manque pas d’idées.

En fin de semaine, probablement inspiré par le Championnat du monde de hockey junior, le Shawiniganais d’adoption a dépoussiéré l’idée de voir le Québec être représenté dans des événements sportifs internationaux.

Ce débat n’est pas nouveau, évidemment. Dans certains sports, comme le hockey par exemple, le Québec pourrait très bien tirer son épingle du jeu face aux autres nations de la planète. La Finlande, un pays de moins de six millions d’habitants, n’a-t-elle pas mérité l’or au dernier mondial?

Blanchet ne se fait pas d’illusion: à mois d’être souverain, le Québec n’enverra probablement jamais ses athlètes combattre sous son drapeau aux Jeux olympiques. Mais dans des tournois comme le Championnat du monde de hockey junior, le scénario peut se matérialiser.

«Il y a des précédents», rappelle Blanchet, qui dit s’intéresser à ce dossier depuis quelques années. «Ils ne sont pas nombreux, mais il y en a. L’Écosse et le Pays de Galles au soccer, par exemple. Ce n’est pas une bataille simple à mener, mais elle peut être menée.»

Yves-François Blanchet

L’ex-ministre provincial croit que dans les paramètres actuels, il faudrait que Hockey Canada donne sa bénédiction pour ouvrir le chemin au Québec auprès de la Fédération internationale. «Je doute que Hockey Canada soit en faveur», sourit Blanchet.

«Mais s’il y avait une volonté populaire au Québec, il pourrait y avoir de la pression au niveau politique. Avec le Bloc à Ottawa, je défendrais cette idée volontiers. Disons qu’avec un contexte semblable, ça pourrait se faire», ajoute-t-il, traçant un parallèle avec le dossier de la laïcité de l’État au Québec. «Quand il y a consensus populaire, les choses peuvent parfois aller vite!»

Le consensus, justement, ne sera pas facile à aller chercher. Il y a d’abord les fédéralistes purs et durs qui ne voudront même pas réfléchir à la question, criant à l’hérésie. Même au sein des nationalistes, il y a des gens qui vont trouver plus confortable la formule actuelle, qui offre plus de chances de grimper sur le podium.

«Pourtant, nous ne sommes pas uniquement partisans d’une équipe quand elle gagne, non?», questionne Blanchet. «Et puis, avec des moyens, on pourrait très bien se tirer d’affaire. Regardez les succès de la Finlande cette année, et de la Suisse. En soccer, un pays de 400 000 habitants comme l’Islande s’est qualifié pour la Coupe du Monde.»

Et puis, avec Équipe Québec, Blanchet soutient qu’il n’y aurait pas eu «d’affaire Maxime Comtois», qui a été lapidé par beaucoup de citoyens canadiens sur les réseaux sociaux. «S’il avait raté un lancer de pénalité avec Équipe Québec, il y aurait eu probablement trois ou quatre personnes derrière leur clavier qui l’auraient insulté, mais la nature des insultes aurait été bien différente. Il n’aurait pas été attaqué à cause de ses origines canadiennes-françaises, ou québécoises. En ce moment, on force deux nations à jouer ensemble au sein de la même équipe...»

Blanchet lance donc ce ballon d’essai. Il a hâte de voir si la cause va toucher une corde sensible. «S’il y a un appui populaire important, le gouvernement provincial en place sera tenté d’y prêter l’oreille. Je vais d’ailleurs rencontrer François Legault prochainement. S’il veut discuter du dossier, ça va me faire plaisir!»