Simon Kean jouera sa carrière, samedi soir à Shawinigan, lorsqu’il se frottera à Dillon Carman pour une deuxième fois en moins d’un an.

Une carrière sur la ligne

CHRONIQUE / Une belle carrière de 15 ans – amateur et professionnelle – sera sur la ligne samedi soir au Centre Gervais Auto. C’est Simon Kean qui le voulait ainsi. Dès le lendemain de sa défaite face à Dillon Carman en octobre dernier, il suppliait son patron Camille Estephan de mettre sur pied la revanche.

Quand les négociations piétinaient, il a même offert à l’Ontarien de régler leurs comptes dans un gymnase à portes fermées, comme Rocky et Apollo l’ont fait à la fin de Rocky III! Tant mieux si les deux clans ont fini par s’entendre. Tant qu’à prendre des coups, aussi bien le faire devant des milliers de personnes et encaisser un beau chèque de paie!

Pour ne pas que ça soit le dernier, Kean doit remettre les pendules à l’heure ce samedi. Il le sait, pas pour rien qu’il a bûché au gymnase depuis trois mois. Il a presque atteint la centaine de rondes de combat simulé, dont plusieurs ont été disputées face à Oscar Rivas. Le pèse-personne a témoigné de ses efforts vendredi matin. Il est encore plus sculpté que lors de son combat face à Adam Braidwood l’an dernier.

Carman est plus dangereux

Dans le fond, il se retrouve dans la même position qu’il y a un an. Il doit faire taire tous ceux qui doutent de son réel potentiel. À la différence que cette fois, il a un boxeur plus dangereux devant lui. Braidwood est un champion du peuple, une créature des médias sociaux. Mais c’est avant tout un ex-joueur de football, pas un boxeur. Une fois rendu sur le ring, il ne représentait pas un grand danger pour le Grizzly, qui l’a complètement déclassé.

Carman est un bien meilleur pugiliste. Pas de calibre mondial, c’est l’évidence. Mais il a assez de bagage pour pincer un gars au-dessus de ses affaires. Si Kean est aussi bon que son clan nous le vend, le même sort que Braidwood attend quand même Carman.

Cette logique tient la route à condition, évidemment, que le Trifluvien ait réussi psychologiquement à passer par-dessus son premier K.-O. La mémoire n’est pas nécessairement une qualité en boxe! Bien des boxeurs sont devenus hésitants après avoir été assommés. Surtout face à leur ancien bourreau… À ce sujet, bien des gens sont inquiets par l’attitude de Kean au cours de la dernière semaine. Lui qui a l’habitude de faire le comique dans ses sorties médiatiques a été beaucoup plus réservé cette fois. Certains diront hésitant. C’est vrai.

Mais ce n’est pas nécessairement parce que la peur l’habite. Personnellement, je crois que c’est simplement un plan qu’il cherche à tout prix à respecter. Il sait que Carman est habile dans la joute oratoire. Le résultat du premier rendez-vous lui donne des munitions. À la place de perdre de l’énergie à combattre ça, il garde son essence pour le soir du combat. Les promoteurs auraient probablement préféré qu’il soit un peu confiant devant les caméras, question d’attirer plus de fans au Centre Gervais Auto. Mais hey, sa carrière qu’il planifie internationale dépend de sa prochaine prestation. Comment il gère les jours qui précèdent l’événement lui appartient… L’important, c’est la conclusion de la soirée, pas tant la promotion. Et puis il faut admettre qu’il a été un peu plus frondeur à la pesée, probablement dopé par la centaine d’amateurs venus l’applaudir.

Chose certaine, j’ai hâte de voir sa marche vers le ring. Face à Braidwood, c’était perceptible qu’il était en mission. Je pense que ce dernier s’est écrasé lorsqu’il a vu l’état d’esprit qui l’animait quand il a enjambé les câbles. C’est le même Simon Kean qui doit se pointer le museau samedi soir…

Si c’est le cas, Carman ne fera pas de vieux os.

Prédiction: Kean gagne par K.-O. au 6e round