Samuel Montembeault doit défendre le casier que les Panthers lui ont confié l’an dernier.

Un job à défendre, un job à voler

CHRONIQUE / Pour les mordus de hockey, les camps d’entraînement de la LNH sont passionnants. Des jeunes poussent dans le dos des vétérans, les entraîneurs font une multitude de nouvelles combinaisons, et certaines surprises finissent toujours par se produire.

Pour les joueurs, c’est une autre bibitte. À moins d’être une vedette établie, il y a toujours un enjeu important dans cette première étape d’une saison. Ils s’y préparent depuis le début de l’été mais ça n’empêche certainement pas la nervosité de les tenailler.

C’est sûrement vrai cette année pour deux patineurs élevés en Mauricie, Samuel Montembeault et Anthony Richard. Le premier a un job à défendre, le second un job à voler.

Montembeault a surpris bien des observateurs à la fin de la dernière saison. Les Panthers étant exclus de la course aux séries, ils l’ont fait graduer de la Ligue américaine à la Ligue nationale pour l’installer dans un ménage à trois avec les vétérans Roberto Luongo et James Reimer. Un stage d’observation pour apprendre de vieux routiers? Pas du tout! Montembeault a eu la chance de se faire valoir! Et souvent à part ça. Il est même devenu la saveur du mois dans le giron de l’équipe, vanté à tour de bras par le pilote Bob Boughner.

Ce dernier a toutefois perdu son poste à la conclusion de la saison. Luongo a pris sa retraite, Reimer a été échangé. Montembeault se voyait peut-être déjà à ce moment comme le gardien qui allait entreprendre la prochaine saison comme titulaire mais cet espoir fut de courte durée, les Panthers couvrant d’or Sergei Bobrovsky pour en faire leur homme masqué qui doit ramener l’équipe en séries.

Bien sûr, l’arrivée de Bobrovsky va freiner un peu l’ex-Estacades. C’est un double détenteur du Vezina qui prend le plancher, avec un contrat de 70 millions$. Il est pratiquement indélogeable pour les quatre-cinq prochaines saisons.

Montembeault peut quand même tirer profit de la situation. S’entraîner et côtoyer un des meilleurs de sa profession quand tu es en formation, c’est un privilège.

Samuel Montembeault

C’est ce qu’il est Montembeault, un gardien en formation. Il a grandi sur le tard, il était encore dans le junior à 20 ans. À 22 ans, il en a fait du chemin mais il a encore besoin de temps pour peaufiner son art et ce travail de substitut dans un environnement de la LNH cadre avec ses besoins.

À condition évidemment de le décrocher. Vous vous doutez bien qu’il n’est pas le seul à reluquer l’emploi. Les Panthers ont d’autres gardiens dans le pipeline. Pas plus tard qu’en juin dernier, ils ont aussi utilisé leur choix de premier tour pour réclamer Spencer Knight, le plus beau joyau masqué en terme de talent brut depuis Carey Price. Bon, Knight ne sera pas dans les pattes de Montembeault avant un ou deux ans et en attendant, il se doit de gagner cette course pour seconder Bobrovsky. Ses succès l’an dernier lui permettent de partir avec une longueur d’avance. À lui de la conserver. Un retour dans la Ligue américaine serait un sérieux recul.

Richard doit exploser

Richard est dans une situation différente. Lui aussi, il a goûté à la LNH l’an dernier, mais ce fut beaucoup plus court : un match, quelques présences.

Anthony Richard a goûté à la Ligue nationale la saison dernière avec les Predators de Nashville.

Ce fut quand même suffisant pour s’enivrer de l’environnement auquel il rêve depuis qu’il est gamin.

Ce rêve est à sa portée. Richard est rapide comme l’éclair, et il a le don de tomber sur les nerfs des défensives adverses. Il a du chien. Un petit malcommode, qui a fait un bond de géant dans la Ligue américaine l’hiver dernier.

Le dernier pas qu’il lui reste à franchir ne sera pas facile pour autant. Les Predators ont 14 attaquants avec des contrats à un volet en poche. Leur super espoir Eeli Tolvanen cogne lui aussi à la porte de Peter Laviolette. Richard, à 22 ans, doit connaître un camp du tonnerre pour forcer la main aux Predators.

Remplir le filet, c’est toujours le meilleur pitch de vente! Mais c’est loin d’être le seul élément d’évaluation. Dans le cas de Richard, l’enjeu c’est d’amener cette fougue qui caractérise ses meilleurs matchs à tous les soirs. Et c’est de s’engager sur 200 pieds. Dans les rangs inférieurs, il pouvait toujours tricher un peu, tenter de provoquer les choses en se faisant oublier derrière les défensives ennemies. Sous Laviolette, ça ne passera jamais.

Richard, comme Montembeault, a du travail devant lui au cours des trois prochaines semaines. La bonne nouvelle, c’est qu’il a les outils pour se faire valoir. Le reste, c’est en grande partie une équation de volonté, de maturité et de chance. Les deux premiers facteurs sont entre ses mains…