Sur la glace, les projets pour meubler le Colisée de Trois-Rivières

CHRONIQUE / Il y a un peu d’ironie là-dedans.

Au moment où la Ville de Trois-Rivières sort du fric pour mousser l’érection du nouveau Colisée – au moyen d’une capsule publicitaire mettant en vedette le personnage Patrice Lemieux –, les démarches semblent au neutre pour le meubler.

Marc-André Bergeron avait été approché par Yves Lévesque pour amorcer des démarches dans le but d’attirer un produit d’appel pour le nouveau Colisée. Or, depuis la démission du maire de Trois-Rivières, le projet est sur la glace...

Avant sa démission, le maire Yves Lévesque avait approché Marc-André Bergeron pour lui confier le mandat de dénicher un produit d’appel pour son nouveau jouet. Les discussions étaient sérieuses, les deux parties étaient sur le point de signer un contrat selon les informations du Nouvelliste. Bergeron avait commencé à placer des appels, à faire du démarchage.

Il étudiait les avenues de la East Coast League, et évidemment du junior majeur. Depuis, il n’a pas eu vraiment le choix de tout mettre ça sur la glace. «C’est vrai que je ne peux pas avancer en ce moment. On ne sait pas comment ça va finir. Dans les faits, officiellement, je n’ai aucun mandat entre les mains», explique Bergeron, un peu déçu que l’information ait filtrée à ce point-ci. «Parce qu’il n’y a plus rien de concret! Tout ce que je peux dire, c’est que je suis encore intéressé par le projet. Avec les Aigles, et les Anciens Canadiens, j’ai en masse de quoi m’occuper. Mais c’est un beau défi de trouver le bon niveau de hockey à implanter dans notre belle grande ville…»

Bergeron ne veut pas aller plus loin dans ses commentaires. Ce qu’on sait par contre, c’est que les dirigeants de la East Coast League ont démontré de l’intérêt quand Bergeron leur a mentionné que la cité de Laviolette se cherchait un partenaire de danse pour animer un nouveau building de 5000 places. Assez pour inviter l’ex-défenseur du Canadien à son match d’étoiles, mettons. Une invitation que Bergeron a laissé passer dans le contexte.

Impossible toutefois de savoir si Bergeron a aussi eu des discussions avec le Canadien de Montréal, qui ne mise plus sur un club-école de la East Coast League depuis un an. Ce serait logique. Une association avec Trois-Rivières peut avoir des avantages pour Geoff Molson. En plus d’occuper le territoire avec son image de marque, un club-école si près pourrait créer une synergie hockey avec le Rocket à Laval et le grand club dans la métropole. Imaginez si le Canadien s’en servait comme laboratoire pour donner une chance à des Québécois qui passent sous le radar. De cette façon, ce sera pas mal plus dur d’échapper les prochains Alexandre Burrows, David Desharnais, Jonathan Marchessault et Yanni Gourde!

Pour Trois-Rivières aussi, c’est logique. Il n’y a rien de plus vendeur au Québec que la marque du Canadien. Le logo sur l’épaule, ou encore mieux sur la poitrine, et l’équipe attire automatiquement le double d’une autre équipe de la même ligue dans le même aréna au Québec. Dans une ville réputée comme capricieuse avec ses équipes sportives, voilà certainement un gros incitatif à tenter de boucler une entente avec Molson. L’autre avantage de se fondre dans une structure de la LNH, c’est d’avoir les poches plus profondes en cas de déficit. Parce que malgré un nouveau Colisée, il est loin d’être acquis qu’une équipe professionnelle pourra faire ses frais à Trois-Rivières! Avec le Canadien dans le portrait, ça fait un joueur de plus pour éponger les factures…

L'ancien maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque.

Mais bon, ce scénario n’est que du vent pour l’instant. Il n’a aucune chance de quitter la planche à dessins, tant que la Ville ne repartira pas la machine. D’ailleurs, faut-il vraiment attendre un nouveau maire avant d’aller de l’avant? Le Colisée devrait être prêt dans un an. Ça prend une équipe à partir de la saison 2020-21 sinon, il y aura un beau gros éléphant blanc au district 55…

Pas encore d’appel chez les Cataractes

Si Bergeron avait entrepris des pourparlers préliminaires avec la East Coast League, il n’était pas encore rendu à jaser avec les Cataractes à propos d’un possible retour des Draveurs.

Comme avec le Canadien, il dispose évidemment d’un canal de communication ouvert avec les Cataractes. Son nom est dans les hauteurs du Centre Gervais Auto, et il a même donné un coup de main au personnel d’entraîneurs la saison dernière! Bergeron a assisté au match de vendredi dernier face aux Tigres de Victoriaville, présenté à la foule dans les cérémonies entourant le 50e anniversaire de la franchise.

«Non, il n’y a eu aucune discussion avec Marc-André ce soir-là à ce sujet. Ni par le passé», m’a confié Roger Lavergne, président des Cataractes.

Par respect, il dit qu’il écouterait si jamais Bergeron sollicitait un rendez-vous. Mais il ne faut pas s’attendre à voir les Cataractes changer leur fusil d’épaule pour autant. Les insuccès sur la glace depuis deux ans ont commencé à se faire sentir aux guichets. Les foules sont encore au-dessus de 2500, mais il y a néanmoins perte sèche de quelques centaines d’amateurs par match. Les actionnaires ne voulaient rien savoir de partager la Mauricie quand l’aréna était plein, c’est facile de deviner que leur position ne peut que s’être endurcie depuis deux ans.

Tous ceux qui côtoient Bergeron dans son rôle de président des Aigles le présentent comme un rassembleur. Un gars de compromis, qui a ses entrées dans bien des milieux.

À moins de faire de la magie, ses dons diplomatiques risquent d’être insuffisants pour convaincre les Cataractes de partager. Par contre, je ne parierais pas contre ses chances d’attirer le Canadien.

Si, évidemment, la Ville revient à la charge…