Les prochains jours seront cruciaux pour l’avenir du Canadien... et du DG Marc Bergevin.

Qui veut des millions de Bergevin?

Jusqu’ici, on ne peut pas dire que Marc Bergevin a épaté la galerie lors de la saison morte.

Une seule transaction, qui a expédié un mal-aimé en Arizona qui a marqué 19 buts la saison dernière contre un leader… qui en a marqué cinq! Déjà la pire attaque de la ligue, le Canadien ne peut pas s’estimer être en meilleure position sur la glace avec ce troc Alex Galchenyuk-Max Domi, vous en conviendrez.

Passons rapidement sur le repêchage. Difficile, de toute façon, de juger à court terme la nouvelle fournée de Trevor Timmins. Il y a quand même une tendance lourde qui se dégage de ces derniers exercices, les dépisteurs de l’organisation au Québec n’ont pas de poids dans la garde rapprochée du gourou du recrutement. Un seul Québécois en trois ans appelé par le Canadien, c’est signe que Timmins, malgré tous ses beaux discours, n’en a rien à cirer de la dimension francophone au sein de votre club. Et ne rappelez pas à l’état-major que lors des conquêtes des 24 coupes, chaque fois plus de la moitié du vestiaire était peuplé de Québécois car vous allez vous faire regarder comme un pauvre dinosaure dépassé.

Qu’ils soient Chinois, Bulgare, Slovaque ou Américain, ça importe peu aux yeux de Timmins, pourvu qu’il aide à assembler une équipe gagnante. Le hic, c’est que justement, cette équipe piétine. Trois rondes de séries gagnées en six ans, avec deux exclusions des séries. Une chance que Timmins ne se laisse pas distraire par les origines des joueurs! La journée où le Canadien fera le ménage et offrira cette responsabilité à un Martin Madden Jr, ou à un Jean-Philippe Glaude, on verra peut-être une nouvelle orientation se dessiner… et un peu plus de fierté à défendre le maillot tricolore.

À la chasse
Mais à court terme, le Canadien a d’autres patates dans sa friteuse. Le marché des joueurs autonomes ouvre dans quelques heures et Marc Bergevin s’y présente avec des millions $ plein les poches. Quelque 18 millions $ seraient disponibles sous son plafond. Reste à savoir qui en voudra!

On sait depuis une semaine que John Tavares n’a même pas voulu rencontrer le Canadien. Quelle claque au visage, quand même! Remarquez, ce n’est peut-être pas une vilaine chose. Tavares va vraisemblablement signer un contrat qui va en faire un des 3-4 joueurs les mieux payés sur la planète. Or, je pense qu’il a glissé en dehors du top 20 ces dernières années. L’hiver dernier, certains soirs il n’était même pas le meilleur joueur de centre des Islanders.

Derrière Tavares, il y a quand même Paul Stastny et Tyler Bozak qui sont intéressants. Eux aussi, ils seront surpayés par leur prochaine équipe. Mais ils vont quand même moins hypothéquer l’assiette salariale. Bergevin a les sous pour se les payer tous les deux et enfin donner à son entraîneur une ligne du centre décente. Le problème, c’est qu’il ne sera pas le seul à courir après ces gars-là. Comme Tavares, vu les trous au sein de l’alignement et le climat autour de l’équipe, il serait étonnant que Stastny et Bozak choisissent Montréal.

À part Tavares, Stastny et Bozak, les autres options au centre ne sont guères attrayantes. S’il fait chou blanc avec ces trois clients, Bergevin va probablement se tourner vers Tomas Plekanec. Oui, oui, monsieur col roulé! Si c’est le cas, vous saurez que votre club aura déjà mis une croix sur les séries avant même d’avoir joué un match en 2018-19.

Dans cette cohorte de joueurs autonomes, il y aussi de belles options sur les ailes mais le Canadien est bien nanti de ce côté. Ses besoins sont au centre, et du côté gauche de la défense. Or au centre, il y a trois options de qualité. Et en défense… aucune!

Souhaitons bonne chance à Bergevin. Il en aura bien besoin.