René Perron (au centre) a été un mentor pour de nombreux entraîneurs, dont Denis Francoeur (à droite) chez les Cataractes.

Le professeur s’éteint

CHRONIQUE / L’univers du sport mauricien est en deuil, à la suite du décès ces dernières heures de René Perron.

Ce dernier n’est peut-être pas connu beaucoup du grand public, mais il faisait l’unanimité autour de lui. Il a fait carrière dans l’enseignement. Ses dons pour transmettre du savoir, il les a aussi beaucoup utilisés tant au baseball qu’au hockey.

Même s’il a été tout un joueur de balle, l’influence de Perron a été plus marquante au hockey. Il fut un mentor pour toute une génération d’entraîneurs. Les Denis Francoeur, André Tourigny, Benoît Groulx et Dominic Ricard sont tous diplômés de l’école de René Perron.

Il a passé cinq saisons comme adjoint chez les Cataractes de Shawinigan. Mais c’est comme directeur technique qu’il a véritablement pu influencer tous ses élèves. Pas le plus flamboyant. Les micros, il les laissait aux autres. Mais si t’avais le goût d’approfondir tes connaissances, de tester des théories, d’échanger sur ses passions, Perron n’était jamais bien loin.

«Je suis sur le cul», m’expliquait Dominic Ricard au bout du fil vendredi. «On se voyait moins dans les dernières années, mais à chaque fois qu’on se parlait, ça me rappelait à quel point il était brillant. Un être humain généreux, intelligent, à l’avant-garde. Ce qu’on voit du hockey en 2019, lui il en parlait il y a 25 ans! C’est une bibliothèque du hockey qui vient de partir.»

Ricard a eu le privilège de jouer sous ses ordres lors du midget AAA de printemps. Puis, il a sauté la clôture, acceptant un poste d’adjoint dans le bantam AA. «Il était alors conseiller technique de la région, et il m’a donné le goût de faire carrière dans le hockey. André (Tourigny) et moi, il nous traînait partout! Même à des séminaires où nous n’avions pas le droit d’aller!»

Perron a vu Ricard imiter les Francoeur, Groulx et Tourigny, et se frayer un chemin jusqu’à la LHJMQ. Après un long règne chez les Voltigeurs, où il a bu dans la coupe du Président en 2009, il travaille aux côtés de son autre mentor André Ruel au sein de l’agence de Pat Brisson.

«Mon réseau est assez vaste dans le hockey. Or je considérais René comme l’une des trois meilleures têtes de hockey en Amérique du Nord! Il était tellement spécial dans l’évaluation et le développement du talent. René ne se trompait pas souvent!»

Denis Francoeur fait évidemment lui aussi l’éloge de Perron. «Je m’estime privilégié d’avoir pu travailler étroitement avec lui. C’était tout un enseignant. Le côté pédagogique, c’est lui qui me l’a enseigné. Il n’a jamais eu peur de partager ses connaissances. Et il ne faisait jamais les choses à moitié. C’était toute une tête de sport.»

Perron n’a peut-être pas percé au baseball ni au hockey, mais il aura développé une bande de passionnés qui, eux, ont gravité dans les plus hautes sphères du hockey. «Jamais je ne me serais rendu là où j’ai été sans lui», acquiesçait André Tourigny, actuel entraîneur-chef des 67’s d’Ottawa, qui a aussi notamment travaillé avec Équipe Canada junior, l’Avalanche du Colorado et les Sénateurs d’Ottawa. «C’était un génie ce gars-là. Il m’avait repéré alors que je dirigeais dans le BB et qu’il m’avait vu dans une conférence. Je n’étais pas à point du tout, mais il avait vu bien au-delà de mes réponses mes aptitudes en tant que leader et il m’avait recommandé à Dominic Ricard. Il a travaillé quatre ou cinq ans avec la structure de Hockey Mauricie, et il a amené quatre-cinq gars au junior majeur durant ce court laps de temps. C’est assez incroyable.»

C’est bien sûr une journée triste pour Tourigny, comme pour tous ses autres élèves. «Je n’étais pas du tout préparé à cette journée-là. Il y a deux semaines, j’expliquais encore à mes confrères à quel point il avait de l’impact dans mon cheminement. Et je suis loin d’être le seul! Il va tous nous manquer beaucoup.»

Adams-Moisan croit à la East Coast League à Trois-Rivières

Coup de fil à Morgan Adams-Moisan, un Latuquois qui écoule actuellement sa première saison chez les professionnels dans l’organisation du Canadien de Montréal.

L’ex-Voltigeurs de Drummondville a commencé au bas de l’échelle après une brillante dernière campagne dans la LHJMQ. Il s’est retrouvé pendant quelques mois chez les Mariners du Maine dans la East Coast League, une équipe dirigée par Daniel Brière.

Il croit que si Trois-Rivières décide d’emprunter cette avenue pour meubler le nouveau Colisée, les gradins se rempliront.

«C’est un bon calibre, meilleur que je pensais. C’est plus fort que la LHJMQ. Les gars sont plus forts, plus matures», fait valoir le jeune homme de 21 ans, auteur de 20 points, dont 15 buts en 39 matchs, en plus d’avoir amassé 98 minutes au cachot. «Ça brasse plus aussi! Les gars veulent se faire rappeler, ils poussent. Les gens en Mauricie aiment le hockey, on le voit avec l’appui que les Cataractes obtiennent. À mon avis, ça marcherait comme calibre à Trois-Rivières.»

Morgan Adams-Moisan

Les rumeurs font état que Trois-Rivières s’apprête à faire la cour au Canadien de Montréal pour justement s’y établir dans ce circuit. Le Canadien est orphelin depuis qu’il a mis fin à son association avec Brampton. Ses joueurs sont plutôt prêtés à d’autres franchises, comme l’a été Adams-Moisan chez les Mariners.

Adams-Moisan n’a rien contre l’idée si les rumeurs se matérialisent, mais ne comptez pas sur lui pour être l’une des têtes d’affiche du club. Son bon rendement chez les Mariners lui a valu un rappel avec le Rocket de Laval dans la Ligue américaine. Il a marqué son premier but il y a quelques jours. «C’est sûr que je veux rester ici le plus longtemps possible, et m’y implanter. Chaque joueur veut monter, je ne suis pas différent. Je sais ce que je dois amener à l’équipe pour y arriver.»

Comptez sur lui pour tout donner afin de rester à Laval. Son agent, Paul Corbeil, vante sa résilience. «Tout ce qu’obtient Morgan, c’est en raison de son éthique de travail. Tous le vantent à ce chapitre. Un gars comme ça, qui est dédié et qui connaît son identité, c’est dur de le freiner. Tôt ou tard, il finit par faire son chemin.»

Qui sait si le successeur de Nicolas Deslauriers avec le grand club ne sera pas originaire de La Tuque…