Le nom d’Elliott Mondou, entraîneur vidéo des Cataractes, commence à circuler abondamment dans ce domaine pointu.

L’art de se faire un prénom

CHRONIQUE / Jacob Guévin, Zachary Bolduc, William Rousseau et Martin Mondou sont revenus du Défi mondial des moins de 17 ans il y a quelques heures. Au-delà des résultats pour ces Mauriciens, c’est une expérience enrichissante à tous points de vue, qui peut servir de tremplin vers une carrière professionnelle.

C’est le même raisonnement pour Elliott Mondou, invité de dernière minute. Entraîneur vidéo des Cataractes, son nom commence à circuler abondamment dans ce domaine pointu. Si papa Martin lui a ouvert les portes du junior, Elliott s’assure depuis de se faire un prénom.

Les dernières semaines le prouvent. Hockey Canada cherchait un entraîneur vidéo à quelques jours d’avis du Défi Mondial, car celui qui avait décroché le poste venait d’être embauché avec les Sénateurs d’Ottawa. Au bureau central, ils ont épluché quelques candidatures, et c’est celle d’Elliott qui a été retenue. Et cette fois, papa n’a rien à voir là-dedans!

Faut dire que le jeune homme de 19 ans ne refuse aucune invitation depuis quelques années. Au Challenge Gatorade, un tournoi regroupant les meilleurs midgets de l’est du Canada, il fait ce boulot… pour l’équipe des Maritimes depuis trois ans! Il a aussi été invité au match des meilleurs Espoirs, un autre événement prestigieux dans son carnet de plus en plus rempli. Et il a cette belle grosse bague de la Coupe Memorial, décrochée avec le Titan de Bathurst il y a deux ans!

Le Défi mondial des moins de 17 ans devient quand même la référence dans son palmarès. «C’était débile. Tout est élite dans un tournoi comme ça: les joueurs, les entraîneurs, l’organisation. Les meilleurs sont regroupés, ça se sent dans les petits détails», souligne Elliott Mondou, dont l’équipe (Canada Blanc) a été la plus performante des trois assemblées au pays, s’inclinant en prolongation du match pour la médaille de bronze. «C’était assez crève-cœur merci! Le match quart de finale face à une autre équipe canadienne, lui aussi était spécial. Ce fut toute une expérience», ajoute l’étudiant au Cégep de Shawinigan, qui avait au préalable pris des ententes avec ses professeurs pour pouvoir partir dans les Prairies pendant deux semaines la tête en paix.

À la bonne place

Cette adrénaline ressentie là-bas lui confirme à nouveau qu’il est à la bonne place. Non, il n’est pas simplement en train de se faire les dents, en espérant faire comme son paternel et un jour diriger une équipe. Ce poste d’entraîneur vidéo le passionne. «J’aime être dans l’action, impliqué avec les entraîneurs et les joueurs. Je ne dis pas que la gestion ne m’intéresse pas du tout, mais je me vois davantage évoluer dans des groupes d’entraîneurs», confie Mondou, qui espère que cette première saucette à saveur internationale ne sera pas la dernière. «Quand tu y goûtes, c’est sûr que tu veux y retourner. On verra comment ça va se passer. Cette porte-là ne s’ouvre pas souvent. Quand elle s’ouvre, tu te dois de saisir ta chance. J’estime avoir eu un bon tournoi, je reviens avec beaucoup de commentaires positifs. La suite ne m’appartient pas à ce niveau.»

Il est rentré à Shawinigan dimanche. Malgré la fatigue du voyage, il avait hâte de retrouver les Cataractes, dont le prochain match est programmé pour mardi face aux Sea Dogs de Saint-John. «Nous sommes un groupe qui a du plaisir à travailler ensemble, c’est sûr que j’ai hâte de revoir les gars. C’est un gros match pour nous mardi.»

Parce qu’il est le fils du patron, son statut à l’intérieur du personnel est délicat. Il le sait, et il croit avoir trouvé la bonne formule pour naviguer à travers ça. «Quand la discussion dans le bureau des entraîneurs bifurque sur le management, je me sors de l’équation. Même chose si je suis avec mon père et que la situation inverse se produit. Je sais ce que j’ai à faire pour ne pas me placer dans une mauvaise situation.»

Même raisonnement dans ses relations avec les joueurs, qui ont le même âge que lui. Forcément, il y a des affinités… «Je m’assure de mettre une certaine barrière. Pas le choix, je suis de l’autre bord de la clôture et les gars le savent.»

Heureux de l’être, aurait-il pu ajouter. À 19 ans, il est sur son «x». Du moins pour l’instant…

VIVEMENT DU RENFORT

Rarement le retour de deux adolescents de 16 ans aura été accueilli avec autant de joie dans un vestiaire de hockey junior.

Quelques heures après être revenus du Défi mondial des moins de 17 ans, Tyson Hinds et Olivier Nadeau seront utilisés mardi soir face aux Sea Dogs de Saint-John.

Le pilote Daniel Renaud n’a pas tellement le choix : son équipe compose actuellement avec quelques gars malades, et d’autres, coincés à l’infirmerie. Dimanche à Chicoutimi, une demi-douzaine de réguliers manquaient à l’appel, dont Mavrik Bourque, Jordan Lepage et Jérémy Martin. 

La situation est corsée, puisque les Cataractes traversent une période de turbulences. Tout allait pourtant à merveille en début de saison, avec six victoires à leurs sept premières sorties. Depuis, les jeunes Cataractes sont pas mal moins impressionnants. Les dernières semaines les ont même fait basculer nettement sous la barre de ,500.

Les absents, et un calendrier moins favorable peuvent expliquer une partie des récents déboires. Mais ce serait une erreur de croire que tout est uniquement lié à ces deux éléments. Le jeu collectif s’est dégradé. L’équipe surutilise certains joueurs, qui ont déjà commencé à manquer d’essence. La situation doit être corrigée. 

En principe, un match à domicile face aux Sea Dogs serait perçu comme la rampe de lancement idéal pour repartir du bon côté. Mais attention, les Sea Dogs viennent de gagner leurs trois derniers matchs, dont deux sur la route à Blainville-Boisbriand et Victoriaville. Cette poussée leur a d’ailleurs permis de devancer les Cataractes au classement général!

Deux jeunes noyaux

Un duel Cataractes-Sea Dogs, c’est d’abord et avant tout un pique-nique entre deux équipes  avec de talentueux noyaux d’adolescents de 16 et 17 ans. Le premier choix au repêchage de la LHJMQ, Joshua Roy, connaît un départ un peu plus timide qu’anticipé, avec cinq buts et trois passes en huit matchs. C’est un peu le même constat pour le premier choix des Cataractes, Olivier Nadeau, auteur d’une fiche de deux buts et trois passes, après un calendrier préparatoire du tonnerre. Roy et Nadeau ont joué ensemble dans le midget AAA à Lévis l’an passé, puis au Défi mondial des moins de 17 ans. Ce sera un premier match pour les deux amis un contre l’autre dans le junior!