Thomas Hawk promet de savourer ses dernières sorties.

La retraite d’un joueur de concession

CHRONIQUE / La saison 2018-19 des Cataractes est déjà bien difficile. Voilà que l’équipe perd un joueur de concession.

Celui qui personnifie Thomas Hawk depuis sa création a en effet décidé de ranger son costume, après neuf ans. Il était dans la jeune vingtaine quand il avait accepté le défi, alors qu’il étudiait à l’UQTR. S’il avait hérité d’une superbe mascotte, c’est quand même lui qui l’a propulsé au rang de vedette grâce à son style casse-cou et sa capacité de dérider jeunes et moins jeunes.

Les Cataractes ont rapidement flairé la bonne occasion, et ils ont servi Thomas Hawk à toutes les sauces: en bande dessinée, en peluche, en fête d’enfants, alouette. Pour une équipe junior dont le roulement des joueurs est assez rapide, il y avait un visage qui restait, celui d’un Thomas Hawk à deux doigts d’avoir besoin de doses massives de Ritalin pour se contrôler!

Le voyagement pèse lourd

Dépassé le cap de la trentaine, notre ami, qui ne veut toujours pas dévoiler son identité pour ne pas briser la magie, a toujours le goût de jouer les kamikazes. Mais le voyagement pèse de plus en plus lourd. Il est retourné s’installer avec sa blonde dans sa région natale, Québec. Il bouffe déjà des centaines de kilomètres pour se rendre à son vrai travail, celui d’enseignant dans les Bois-Francs. Avec un deuxième enfant en route, notre homme sent que sa débordante énergie doit maintenant être réservée pour le domicile familial.

«Ce n’est pas une question de salaire, ni de traitement. Les Cataractes ont toujours pris soin de moi. Mais à chaque fois que j’enfile le costume, c’est huit heures dans mon horaire qui est bloqué. Ce sont des grosses plages horaires, en-dehors de mon travail. Je ne suis pas souvent à la maison. C’est un choix qui s’imposait.»

Les rumeurs de son départ ont commencé à circuler dans les gradins du Centre Gervais Auto la semaine dernière. TVA en a fait une nouvelle. Depuis, les réseaux sociaux sont inondés de commentaires positifs sur le travail de la mascotte la plus connue de la LHJMQ. Ça le touche, évidemment, mais pas au point de revoir sa décision. «J’ai été surpris. Je suis fier de mon travail, de la personnalité que j’ai construite à Thomas Hawk, mais je ne pensais pas que ça touchait autant de gens. C’est l’fun. Mais bon, ça ne change rien. J’ai une vague d’amour qui m’attend aussi à la maison, et il est temps d’en profiter.»

Amoché

Il se retire un peu amoché. Contrairement à ce qui se véhiculait en coulisses, il n’était ni gymnaste ni acrobate dans sa jeunesse. Seulement un sportif avec de l’entrain, déterminé à en mettre plein la vue. «Le costume pour moi, c’était comme une armure même si ce n’était pas le cas. Je m’autorisais à essayer des choses que jamais je n’aurais jamais tentées dans la vie de tous les jours. Ça m’a coûté une couple de visites chez le docteur», sourit-il, en énumérant quelques blessures de guerre, notamment une dislocation du genou et un ligament croisé antérieur sectionné. «Mon docteur n’en revenait pas quand je lui ai expliqué comment je m’étais disloqué le genou. C’était une première dans sa carrière! Encore la semaine passée, pendant un match j’ai dû passer par l’infirmerie des Cataractes après m’être blessé aux côtes. Deux Robaxacet et hop, je retournais faire mon travail!»

Oui, Thomas Hawk, match après match, livrait tout un spectacle. Depuis l’automne 2013, les Cataractes ont connu une couple de saisons difficiles. Certains soirs, il était clairement l’athlète le plus électrisant au Centre Gervais Auto!

Notre homme espère évidemment que Thomas Hawk saura continuer à charmer son auditoire. «Je suis convaincu que les Cataractes vont bien choisir mon successeur. L’une des raisons pour laquelle je ne veux pas dévoiler mon identité, c’est justement pour lui permettre de reprendre le flambeau. J’espère qu’il gardera un peu la même personnalité, même si je souhaite en même temps que le nouveau Thomas Hawk apporte sa propre couleur.»

Il sera intéressant de noter le changement la saison prochaine. D’ici là, notre interlocuteur promet de savourer ses dernières sorties dans la peau de son alter ego. «Il reste quelques matchs en saison. J’espère aussi que l’équipe va faire les séries pour prolonger un peu le plaisir. Je suis en train de réfléchir à ces derniers matchs, voir si je ne peux pas finir ça avec quelque chose de spécial. On verra!»

La retraite pour Capano et Charron

Deux vieux routiers ont mis un terme à une longue carrière la semaine dernière à Shawinigan. Le juge de lignes originaire de La Tuque, Stéfan Capano, et l’officiel Éric Charron étaient dans le paysage de la LHJMQ depuis près de trois décennies!

Janvier n’a pas oublié ses racines

La scène s’est déroulée il y a quelques semaines. Frédéryck Janvier avait promis aux petits Panthères M12 du CMI de profiter d’une de ses rares journées de congé pour les diriger alors qu’ils étaient dans son patelin d’adoption, Rimouski.  Le week-end n’avait pas été facile pour le jeune homme de 16 ans, il avait été laissé de côté quelques heures auparavant lors de la Classique hivernale à Saint-Tite. La recrue de l’Océanic a mis ça de côté pour quelques heures, le temps d’honorer son engagement, et il a fait évidemment le bonheur des protégés de Sébastien Lemay. Non, Janvier n’a pas oublié le programme qui l’a fait grandir…

Quitter Thomas Hawk sera difficile pour lui. Viendra ensuite les Mondiaux de hockey, en Slovaquie, où là aussi il fera ses adieux sur la scène internationale après neuf participations. S’il ne dit pas non à enfiler à nouveau un costume à l’occasion pour des fêtes spéciales à l’avenir, ce sera vraisemblablement la fin en ce qui concerne les mariages à long terme avec une peluche en particulier. «J’ai donné de ce côté-là!»