À la lumière du camp d’entraînement, Jesperi Kotkaniemi appartient visiblement à la catégorie de joueurs qui deviennent meilleurs quand ils sont bien entourés.

Kotkaniemi a fait sa place

CHRONIQUE / Avant le camp d’entraînement, il y avait deux clans : celui qui souhaitait voir Jesperi Kotkaniemi rentrer chez lui en Finlande pour une saison, et celui qui voulait voir le premier choix s’installer tout de suite dans la métropole.

J’appartenais sans gêne au premier. Après tout, la LNH n’est pas une ligue de développement. De plus, si un jeune obtient une promotion prématurée et qu’il n’arrive pas à se faire justice, la confiance peut s’éloigner. Tu ne souhaites pas ça à celui sur qui repose la reconstruction de ton attaque, hein? Des gars comme Mark Scheifele et Jonathan Toews ont profité d’une dernière année loin des réflecteurs, et ils sont arrivés fin prêts à jouer un grand rôle. Si ce fut bénéfique pour de si grandes vedettes, ça ne ferait pas de tort à Kotkaniemi. Ajoutez aussi que le Canadien éloignerait son autonomie d’un an, et ça fait quand même pas mal d’arguments solides pour donner du temps au jeune homme avant de le jeter dans la fosse aux lions.

Tout ça est bien beau. Sauf que Kotkaniemi ne veut pas collaborer. Correct au camp des recrues, il s’est démarqué à chaque fois qu’il était de la formation lors du vrai camp. Même que chaque sortie était plus convaincante que la précédente. Lors des premiers matchs, face à des clubs du calibre de la Ligue américaine, il n’y avait rien pour s’exciter vraiment. Mais mercredi face aux Tavares, Matthews, Marner et compagnie, il n’a jamais paru intimidé, bien au contraire. Ce match confirme que son brio des deux dernières semaines n’était pas de la poudre aux yeux.

Kotkaniemi appartient visiblement à la catégorie de joueurs qui deviennent meilleurs quand ils sont bien entourés. Ce n’est pas la majorité. Au contraire, plus le tempo est rapide, plus il est facile de séparer l’élite du commun des joueurs.

Samuel Girard est un athlète bien connu chez nous qui a été taillé dans le même moule. Malgré ses 5’10’’, il a donc été en mesure de faire sa place dans le show à 19 ans même s’il évolue comme défenseur. Kotkaniemi n’est pas plus lourd que la Tornade de Roberval, mais il bénéficie quand même de quelques pouces de plus en taille. Ça ne peut pas nuire.

Est-ce qu’il y aura certains soirs où il se fera brasser un peu? Possible. Ça vient avec la job! Il va s’endurcir avec le temps. Il n’est pas le premier, ni le dernier à être un peu frêle dans ce monde de géants. Vous avez vu Marner jouer mercredi soir? Lui aussi, avant son arrivée avec les Leafs, il était question de son gabarit. Deux ans plus tard, on n’en entend plus parler! Il n’a pas grandi depuis, vous savez! Le talent et le cran valent davantage que ce qui est indiqué sur un pèse-personne dans la nouvelle LNH.

Kotkaniemi est déjà parmi les six meilleurs attaquants du Canadien. Il est vrai que ce n’est pas un groupe difficile à percer mais bon, soyons positifs. Le Canadien attend un vrai centre numéro un depuis Saku Koivu, il est permis de croire que Kotkaniemi appartient à ce moule. Le garder à Montréal pourrait aussi permettre à Claude Julien de regarnir ses ailes en y déplaçant Max Domi.

Kotkaniemi a fait sa place durant le camp d’entraînement. C’est ce que Marc Bergervin et Claude Julien demandent aux joueurs, soit de prendre la décision pour eux. Le plus tôt il sera confirmé dans l’équipe, le mieux ce sera.

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Les Cataractes dans la course à Joshua Roy?

Martin Mondou disait avant le début de la saison croire que ses Cataractes pouvaient aspirer au deuxième tiers du classement général dans la LHJMQ. Ce n’était pas farfelu, avec l’injection de talent brut et l’année d’expérience des autres joueurs dans le vestiaire.

Ce plan vient probablement de prendre le champ avec le départ de Simon Benoît pour le club-école des Ducks d’Anaheim dans la Ligue américaine.

Benoît était la pièce maîtresse de la défensive. Il aurait joué entre 25 et 30 minutes par match. À toutes les sauces. Il n’y a personne dans le vestiaire véritablement prêt à prendre ces responsabilités. Même par voie de transactions, ce genre de défenseur est difficile à aller chercher. Et, puis, même s’il y en avait un disponible, on voit mal pourquoi Mondou gaspillerait des actifs importants alors que son équipe est encore au stade de la reconstruction.

Sans Benoît ou un gars de ce calibre pour stabiliser la ligne bleue, il ne faut pas s’attendre à des miracles. Les Cataractes vont devoir se battre pour faire les séries.

Vous pouvez voir les choses du bon œil : ils auront accès à un des trois ou quatre premiers choix au prochain repêchage. Ça rappelle la saison où Anthony Beauvillier et sa bande étaient débarqués en Mauricie. Un an plus tard, les Cataractes avaient pu repêcher un certain Samuel Girard.

En juin 2019, les projecteurs devraient être tournés vers Joshua Roy, un attaquant de 15 ans qui vient d’amasser 16 points à ses huit premiers matchs dans le midget AAA. Les besoins des Cataractes sont plus en défense qu’en attaque mais si les Cataractes sont favorisés par le tirage au sort, il ne faudrait pas être surpris de les voir réclamer Roy, si celui-ci continue d’être aussi dominant.

D’ici à ce repêchage, il faut par contre se rendre à l’évidence qu’il y aura certaines soirées difficiles. Mercredi à Baie-Comeau, la défensive a été tabassée. Ça ne risque pas d’être plus facile vendredi soir, alors que les Cataractes vont affronter les puissants Voltigeurs de Drummondville, qui feront leur rentrée locale…