Steve Turcotte
Une des dernières photos d’Éric Veilleux avec les Cataractes, au lendemain de la déconfiture en séries. Le petit général avait fait souffrir ses joueurs comme jamais lors de cette pratique. Un premier geste fort, en route vers l’un des plus beaux retours de l’histoire de la LCH.
Une des dernières photos d’Éric Veilleux avec les Cataractes, au lendemain de la déconfiture en séries. Le petit général avait fait souffrir ses joueurs comme jamais lors de cette pratique. Un premier geste fort, en route vers l’un des plus beaux retours de l’histoire de la LCH.

Et si le petit général était de retour?

CHRONIQUE / Le dossier du prochain entraîneur-chef des Cataractes n’a peut-être pas fini de faire jaser.

Officiellement, il y a intérêt mutuel entre Gordie Dwyer et Martin Mondou pour accoucher d’une nouvelle entente, après le court mandat de la saison dernière. Les deux clans discutent depuis quelques jours déjà, mais rien n’est encore coulé dans le béton. Pour une raison ou pour une autre, le fit n’est peut-être pas parfait.

Dwyer, installé à l’Île-du-Prince-Édouard avec sa famille, serait davantage intéressé à travailler dans les Maritimes, murmure-t-on un peu partout en coulisses. Avant de s’engager avec les Cataractes l’hiver dernier, Dwyer était d’ailleurs passé à un cheveu de diriger les Wildcats de Moncton. Le poste a plutôt été confié à Daniel Lacroix. Ce dernier sera-t-il de retour l’an prochain? Est-ce qu’il peut y avoir du mouvement dans d’autres marchés des Maritimes? Dwyer soupèse actuellement ses options. C’est normal, il est agent libre.

Mais en agissant de la sorte, il permet à Martin Mondou de faire la même chose. Or, je ne serais pas surpris qu’il ait tendu une perche à Éric Veilleux pour connaître son intérêt à revenir dans la ville où il a soulevé la coupe Memorial en 2012.

Veilleux vit actuellement cette période d’isolement à Victoriaville, avec sa maman. Il s’ennuie du hockey. Il n’est pas le seul dans la maison, sa mère est également une maniaque de notre sport national. Le genre qui passe un petit lundi soir à regarder un match Devils-Islanders! La pomme n’est pas tombée trop loin de l’arbre, hein?

Sous contrat à Syracuse

En théorie, le petit général sera de retour la saison prochaine à Syracuse dans la Ligue américaine, afin de seconder Benoît Groulx. Il lui reste une saison à son contrat paraphé l’an passé avec l’organisation du Lightning.

Mais bon, à ce stade-ci de l’année, il a un certain contrôle sur sa destinée. Et il semble, selon certaines personnes bien branchées dans la ligue, qu’il s’intéresse au dossier shawiniganais.

Autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas été en mesure d’obtenir cette confirmation du principal intéressé. Quant à Mondou, il ne veut pas commenter non plus, par respect pour le Lightning.

Ça ne veut pas dire que ce n’est pas en train de se mijoter, par contre.

Le temps arrange les choses

Plusieurs croient que Veilleux et Mondou ont coupé tous les ponts depuis la conquête de la Coupe Memorial. Vrai que le pilote avait préféré à ce moment-là boucler ses valises pour Baie-Comeau plutôt que de signer un nouveau contrat avec les Cataractes.

On peut le comprendre: les quatre mois précédents la grande conquête avaient été un enfer. Il y avait eu cette grande déchirure interne dans l’organisation, qui a notamment mené au départ du président Réal Breton. Mondou avait sondé l’intérêt de Michel Therrien à diriger l’équipe, avant de décider de finir l’aventure avec Veilleux, peu importe ce qui allait se produire.

Veilleux avait eu néanmoins vent de ce flirt, ça l’avait profondément blessé. Il a mis ses tripes sur la table pour préparer l’équipe pour le tournoi de la Coupe Memorial après la déconfiture en séries, mais la synergie avec son directeur-gérant n’a plus jamais été la même et c’était clair qu’un changement d’air était nécessaire.

Depuis, Veilleux a fait le tour de l’Amérique du Nord. Il a dirigé dans la East Coast League, dans la Ligue américaine, il est revenu dans le junior avec les Mooseheads.

Il avait aussi accepté les jobs d’entraîneur-chef et directeur-gérant des Tigres, avant de rebrousser chemin et de retourner chez les pros. Bref, il a connu d’autres patrons, d’autres cultures. Chacun a ses forces, ses défauts. Il a découvert notamment que ce ne sont pas tous les directeurs généraux qui ont l’audace de pousser à fond quand vient le temps d’aller chercher les munitions qui manquent pour gagner…

Un reproche qu’on ne peut certainement pas faire à Mondou. Les deux fois où les Cataractes ont foncé avec Veilleux comme pilote, il avait les mains pleines en 2009 et 2012.

La première fois, l’équipe a été battue par un but, au septième match de la grande finale de la LHJMQ. La seconde fois, l’équipe a trébuché en séries, mais elle a conclu cette grande aventure avec le trophée le plus dur à conquérir du hockey au bout des bras.

Ce que les gens ne savent pas, c’est que Mondou et Veilleux ont bien failli faire équipe à nouveau en 2015. Ça faisait déjà un bout de temps que les deux hommes de hockey avaient recommencé à se jaser de temps en temps.

Mondou cherchait un pilote d’expérience pour remplacer Martin Bernard pour le dernier droit, alors que l’équipe à Anthony Beauvillier sous-performait. Veilleux était très intéressé à accepter le défi, mais il dirigeait le club-école des Oilers dans la East Coast League, et Peter Chiarelli avait refusé de le libérer de son contrat.

À défaut de pouvoir prendre le job, il avait chaudement recommandé son ex-adjoint Claude Bouchard, qui est devenu le plan B de Mondou. L’équipe s’est rendue en finale, s’inclinant face aux Huskies de Rouyn-Noranda.

Est-ce que le timing est meilleur maintenant? Quand on consulte sa feuille de route, Veilleux ne semble pas avoir de problème à passer des pros au junior, s’il juge que le contexte lui est favorable.

Est-ce le cas maintenant? Chose certaine, les Cataractes disposent du noyau pour croire en leurs chances de se battre pour la Coupe du Président au cours des deux prochaines saisons.

Mondou a économisé sagement ses billes ces deux dernières campagnes pour s’assurer d’avoir le plus de cartouches en main afin de fortifier son équipe pour cette fin de cycle. Il cherche assurément un entraîneur d’expérience pour amener le groupe à la terre promise.

Que ce soit Dwyer, Veilleux ou un autre, le pilote qui héritera de la bande à Mavrik Bourque, Xavier Bourgault et Vasily Ponomarev sera choyé…