Denis Francoeur ne cache pas qu’à ses yeux, la NCAA a beaucoup à offrir.

Des Panthères qui continuent de faire jaser...

CHRONIQUE / C’est jour de bulletin ce mercredi pour tous ces adolescents éligibles à la prochaine séance de sélection de la LHJMQ. Après des mois d’évaluation, la Centrale du soutien au recrutement va dévoiler sa liste finale en vue de cet encan annuel présenté à Québec le 8 juin.

Joshua Roy devrait coiffer ce palmarès d’une cuvée qui excite les recruteurs. Derrière, il y aura notamment Justin Robidas, fils de l’ex-Cataractes Stéphane Robidas. Zachary Bolduc, des Estacades midget AAA, pourrait très bien se faufiler sur le podium. Chose certaine, il sera dans le top 5. Paraît que pour certains clubs du circuit Courteau, Bolduc serait même le meilleur espoir de son groupe d’âge!

Bolduc sera d’ailleurs l’un des cinq joueurs formés par Denis Francoeur chez les Panthères du CMI à se retrouver au sein des deux premières rondes. Ce groupe étoile a fait jaser cet hiver parce qu’il a été greffé à l’Équipe du Québec qui a participé aux Jeux du Canada.

Le quart de l’équipe provinciale développé dans une petite école trifluvienne privée, c’est spécial!

Ces Panthères font encore jaser depuis quelques semaines, puisque quatre d’entre eux ont annoncé leurs intentions de poursuivre leur développement aux États-Unis. Jacob Guévin, William Rousseau se sont engagés avec les Mavericks d’Omaha-Nebraska, où ils rejoindront un autre produit du CMI, Joakim Lemay. Guillaume Richard a pour sa part opté pour accepter l’offre des Black Bears du Maine. Quant à Bolduc, il n’a pas encore choisi son université mais il a quatre offres de bourses d’études complètes sur la table. Le client de la puissante agence CAA a aussi avisé les équipes de la LHJMQ qu’il s’était lié contractuellement avec Mount St.Charles Academy dans le Rhode Island, en vue de la prochaine saison. C’est lors de cette année qu’il décidera si la LHJMQ ou la NCAA représente le meilleur chemin pour lui pour la suite.

Un appel de Courteau

Ça fait quelques années que la LHJMQ n’a pas eu à gérer une problématique du genre. Quatre des meilleurs espoirs québécois qui rêvent de la NCAA plutôt que du circuit junior majeur de leur patelin, c’est particulier! Courteau a même logé un appel à Francoeur pour tenter de comprendre la situation.

«Il avait entendu certaines choses, il voulait aller au fond des choses. Je lui ai dit que mon travail, c’était de présenter toutes les options à nos joueurs. Ils sont privilégiés, ils ont eu accès à des tournois aux États-Unis, ils ont visité des universités. Depuis qu’ils sont petits, on leur répète que si ça va bien au hockey et dans les études, ils auront plusieurs options. C’était excitant pour eux quand ils étaient plus jeunes, une fois rendu à l’étape des décisions c’est plus stressant. L’important, c’est d’avoir accès à toute l’information pour prendre une décision éclairée en famille.»

Les nouvelles des dernières semaines sont loin d’être coulées dans le béton. Ce qui a été annoncé, c’est seulement la route que chacun va prendre s’ils choisissent l’avenue américaine. Ils peuvent très bien rester ici, dépendamment de quelle équipe vont les repêcher en juin prochain, et de quel genre de package leur sera présenté. On a vu ça souvent par le passé, avec les Angelo Esposito, Anthony Duclair, Jeremy Roy, Frédérick Gauthier et autres Jonathan Huberdeau.

D’autres, comme Louis Leblanc et Michael Matheson, ont gardé le cap.

Francoeur marche sur des œufs quand on lui demande quelle route est la plus attrayante. Il a gagné une partie de sa vie dans la LHJMQ, il ne veut probablement pas paraître ingrat. En même temps, il ne peut quand même pas mentir sur les avantages du programme de l’Oncle Sam. «Les deux chemins ont des bons côtés. Ceci dit, à moins d’être un Alexis Lafrenière, les joueurs de hockey ont besoin de temps pour se développer. Au Canada, si tu ne brilles pas à 17 ans, ça va être difficile pour la suite. Ce n’est pas vrai aux États-Unis. Et puis dans la NCAA, le calendrier est fait de façon à permettre aux joueurs de s’entraîner davantage. Si tu as en plus accès à une bourse d’études complète, c’est quelque chose qui vaut environ 300 000 $ canadien... Dans le junior, il y a aussi un système de bourses, et les excellents étudiants sont en mesure de concilier études et hockey. Mais pour ceux qui sont moins allumés par l’école, ce bout-là est pas mal plus difficile.»

Tout ça pour vous dire que l’avenir de ces jeunes surdoués va faire encore couler pas mal d’encre au cours des prochains mois. Ils seront quand même au repêchage de la LHJMQ. Mais ça fait des années qu’ils mijotent ce plan. J’ai l’impression que les équipes de la LHJMQ devront être très convaincantes pour les faire renoncer à la NCAA...