Les frais supralocaux imposés à Trois-Rivières sont loin de faire l’unanimité, notamment chez Baseball Québec qui dénonce vivement cette façon de faire.

Baseball Québec déplore les frais supralocaux à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — La saison des inscriptions pour les sports estivaux est amorcée dans la région. Dans quelques jours, les parents qui n’habitent pas Trois-Rivières mais dont les enfants pratiquent leur sport favori dans la cité de Laviolette vont faire connaissance avec la nouvelle grille tarifaire, qui impose une surtaxe de plusieurs centaines de dollars.

Chez Baseball Québec, cette nouvelle politique ne passe pas. Le directeur général Maxime Lamarche n’est pas du tout épaté par la décision de refiler une facture qui peut quadrupler dans certains cas. Non seulement il décrie haut et fort la situation, mais il interpelle autant le gouvernement provincial que d’autres associations sportives à forcer Trois-Rivières à faire marche arrière.

«Dans notre catégorie Rallye Cap (4-5 ans), ça coûtait entre 80 et 100 $ l’an passé en frais d’inscription. Ça passe à tout près de 400 $. C’est complètement insensé!», lance Lamarche. «Ça, c’est dans le cas du baseball. Je sais que tous les sports sont touchés, et que pour certains comme le hockey, c’est encore pire! Comment Trois-Rivières peut se vanter d’être un pôle régional d’entraînement et se virer de bord et charger ainsi les parents des villes plus petites autour? C’est tellement égoïste comme façon de faire. C’est une décision de fonctionnaires qui n’ont regardé que les colonnes des dépenses et des revenus. Tout le reste a été évacué d’une décision comme ça, c’est assez clair.»

Lamarche fait référence à l’importance de faire bouger les jeunes, à une époque où les écrans leur grugent de plus en plus de temps. «Veut-on vraiment que nos jeunes passent leur journée à jouer à Fortnite? Offrir aux jeunes la possibilité de bouger et de s’épanouir avec le sport, je pense que c’est un service essentiel que la société doit offrir. Si on veut les voir grandir en santé, l’activité physique doit être encouragée. Des tarifs comme ceux-là vont dans le sens contraire. Même à 100 $, j’ai vu un président d’association payer l’inscription de sa poche d’un jeune l’an passé parce que sa famille n’avait pas les sous pour le faire. Imagine maintenant la réaction que ça va entraîner à 400 $. Moi, je reste à Mascouche, et je peux te dire que si une politique comme ça entrait en vigueur chez nous, mes jeunes resteraient à la maison. Il y a une limite à la capacité de payer des gens», lance Lamarche, qui n’est pas en mesure de chiffrer pour le moment l’impact direct sur les inscriptions. «On le saura dans quelques mois. Mais j’ai parlé à deux associations chez vous, de même qu’au responsable des équipes ‘AA’, et tout le monde a peur. Ça ne peut pas se passer comme ça.»

Lamarche entend donc faire beaucoup plus qu’un cri du cœur dans l’espace public. Mardi matin, il a logé un appel au bureau d’Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation et responsable des Loisirs et du Sport. En attendant le retour d’appel, il va interpeller d’autres fédérations sportives et il a même l’intention de cogner à la porte de l’Union des municipalités du Québec.

«Je comprends que tout le monde veut payer le moins de taxes municipales possible. Et que le principe de l’utilisateur-payeur est de plus en plus en vogue. Ce que je dis, c’est qu’il faut tout analyser avant de prendre une décision aussi drastique, pas seulement les chiffres. Je ne suis pas sûr que la meilleure solution, c’est de prendre nos jeunes en otages», poursuit Lamarche. «Ce qui est triste, c’est que je me doute que l’initiative de Trois-Rivières va éventuellement faire des petits partout au Québec. Il faut agir maintenant avant d’en arriver là.»

Rappelons que Trois-Rivières a, en novembre dernier, statué sur de nouveaux tarifs supralocaux qui seront facturés aux non-résidents qui souhaiteront désormais s’inscrire à des activités sportives relevant d’infrastructures entretenues par la Ville.

Ainsi, pour les activités nautiques et aquatiques, la facture grimpera de 138 $. Les sports de gymnase augmenteront de 144 $. Pour ce qui est des sports dits «de pelouse», par exemple le soccer, la facture augmentera de 311 $ pour chaque usager. Finalement, les amateurs de sports de glace, dont le hockey, devront débourser 716 $ de plus pour pratiquer leur sport à Trois-Rivières. Certaines villes ont annoncé leur décision d’aider leurs citoyens à éponger ces nouveaux frais mais d’autres ont choisi de ne pas contribuer.

En Mauricie, Trois-Rivières n’est pas la seule ville à opérer de cette façon pour ses installations sportives. Shawinigan et Louiseville ont une politique semblable.