LHJMQ

À contre-courant, le Titan

Pendant que la majorité des équipes de la LHJMQ ont fait un virage ces dernières années pour prioriser le repêchage, le Titan nage à contre-courant. L’équipe, qui a de grandes ambitions, a été bâtie par une série de transactions réalisées par le directeur-gérant Sylvain Couturier.

Et ce n’est pas terminé! Depuis un mois, même si les transactions sont limitées aux vétérans de 20 ans et aux Européens, quatre nouveaux joueurs ont fait leur apparition dans le vestiaire. Paraît que ce sont des portes tournantes qui le protègent! «C’est vrai que notre méthode est différente. Nous avons encore l’espoir de nous améliorer», sourit Mario Pouliot.

Le pilote du Titan est loin de se plaindre de son sort, au contraire. Il dirige la meilleure cuvée de l’organisation depuis son arrivée. Le vieux routier est récompensé après quelques années de misère. Couturier ne manœuvre pas dans des conditions optimales, le Titan avait du mal ces dernières années à attirer les meilleurs espoirs à Bathurst. 

Antoine Morand et Noah Dobson pourraient contribuer à changer les données de ce côté. Voilà deux surdoués dont la progression n’a certainement pas été freinée par leur séjour dans cette petite ville des Maritimes. Morand est l’un des beaux espoirs des Ducks d’Anaheim, Dobson (voir autre texte) est l’un des adolescents dont la cote est à la hausse depuis le début de la saison en vue du prochain repêchage de la LNH. 

L’autre élément qui peut aider le Titan, c’est le palmarès de l’équipe. Pouliot voit bien que le plancher de danse n’est pas encombré par des superpuissances cette année. Il dirige l’une des équipes plus talentueuses du plateau. Et son directeur-gérant a encore pas mal de munitions s’il veut s’amuser durant les Fêtes, lors de la période de transactions. Est-ce l’année du Titan? 

«Je le pense. On travaille en fonction de ça. Nous avons de la profondeur à toutes les positions. J’aime notre groupe. On peut patiner, on peut être physiques. Oui, notre groupe est solide.»

Pouliot espère seulement que les dieux du hockey ne se placeront pas au travers de la route de son club. Si vous le croisez d’ici Noël, souhaitez-lui surtout de la santé pour son équipe! «Les blessures peuvent gâcher bien des choses», soupire-t-il. «Pour aller jusqu’au bout, une équipe a besoin d’un peu de chance. Je regarde ce qui s’est passé avec les Huskies il y a deux ans, les choses ont bien tourné pour eux. Ils ont notamment récupéré un joueur comme A.J. Greer aux Fêtes sans avoir à donner en retour. Si les choses tombent en place comme on le pense, nous serons dangereux», avertit-il. 

Pouliot écoule sa quatrième saison à la barre du Titan. Un plan a été mis en place pour amener l’équipe à maturité en 2017-18.  Avec une fiche de ,500, l’équipe ne performe pas encore à la hauteur des attentes mais les ingrédients pour y arriver sont à bord. Restera aux fans de hockey junior à revenir au centre régional K.C. Irving. Le Titan n’a eu droit qu’à une seule foule de plus de 2000 personnes depuis le début de la saison, lors du match d’ouverture. Depuis, l’assistance a toujours été sous les 1800. Les propriétaires ont été patients ces dernières années. 

Mais s’ils n’arrivent pas à boucler leurs frais en fin de cycle, pas convaincu que cette patience sera éternelle…

Sports

Une période, un point

COMMENTAIRE / Endormant au possible pendant 40 minutes, le Canadien s’est animé en troisième période mardi pour sortir du Centre Bell avec un point de plus au classement.

Une période, un point, voilà un ratio intéressant. Votre équipe aurait même pu battre les Blue Jackets en temps réglementaire, si Sergei Bobrovsky n’avait pas été aussi solide durant ce troisième vingt. 

Faut croire que Claude Julien était rassasié après cette période endiablée. La preuve, il a amorcé la prolongation à trois contre trois avec Tomas Plekanec au centre! J’ai beau y penser, je ne vois aucune raison qui justifie sa présence sur la glace à trois contre trois. 

S’il y a un attaquant stérile en zone ennemie depuis deux ans, c’est bien lui. Laisser un gars comme Jonathan Drouin au bout du banc pour utiliser Plekanec dans une phase de jeu où l’offensive est à l’honneur me semble complètement illogique.

Cette conclusion s’applique aussi à la décision d’utiliser Victor Mete à l’attaque durant la majeure partie du match. Julien considère donc qu’il y a présentement six défenseurs supérieurs au petit arrière de 19 ans dans la métropole? Ma parole, Yvon!

Comme Michel Therrien, Julien semble avoir un préjugé un peu trop favorable envers les vétérans, même ceux usés à la corde. En espérant que cette prémisse ne s’applique pas à Antti Niemi, la nouvelle acquisition de l’équipe. Charlie Lindgren a encore montré mardi qu’il méritait de garder le filet. Il a huit matchs de la LNH derrière la cravate et il n’a jamais accordé plus que deux buts. Épatant.

Niemi s’est façonné une carrière intéressante, ponctuée d’une conquête de la Coupe Stanley avec les Blackhawks, mais c’est un gardien qui n’a plus d’essence dans le réservoir. 

Deux équipes l’ont placé au ballottage avant la première tempête de neige, ça donne une idée de ce qu’il peut apporter. Tant qu’il a été réclamé pour servir de police d’assurance, pas de problème. Mais si on vole du temps de jeu à Lindgren au profit de Niemi, la course pour une place en séries va se terminer avant Noël.

Sports

«Pas de problème à garder Abramov»

Alain Sear s’apprête à vivre son premier vrai test comme directeur général chez les Olympiques.

Après des années à regarder l’action des lignes de côté, le propriétaire des Olympiques Alain Sear est sauté dans la mêlée l’été dernier pour prendre le fauteuil de directeur-gérant de son équipe.

Les premières semaines n’ont pas été faciles. Sa vedette Vitalii Abramov se faisait tirer l’oreille pour revenir dans la LHJMQ, son gardien numéro un Mathieu Bellemare souhaitait se rapprocher du domicile familial pour épauler son père, qui se bat contre le cancer, et Marc-Olivier Alain a quitté l’équipe pour prioriser ses études. Bienvenue dans la jungle, Monsieur le directeur-gérant!

Sear a bien manœuvré dans les circonstances. Il est resté calme dans le dossier Abramov et l’espoir des Blue Jackets a fini par se rapporter en Outatouais. Incapable de trouver un partenaire de danse pour accommoder Bellemare, il l’a gardé plutôt que de le céder au rabais, en s’assurant que le portier shawiniganais bénéficie de temps pour aller visiter son papa quand c’était nécessaire. 

Quant à Alain, il a bouclé une transaction avec les Remparts. Un départ rassurant, pour les fans des Olympiques dont plusieurs étaient sceptiques sur la capacité du flamboyant homme d’affaires à faire un bon job à la barre du secteur hockey.

Un premier test

Le premier vrai test de Sear est toutefois de trouver une façon au cours des prochaines semaines de monnayer Vitalii Abramov à sa juste valeur.

Les Olympiques se préparent déjà pour monter une équipe à maturité quand ils doivent prendre possession de leur nouveau domicile, en août 2020. Ils ont raté l’occasion l’an dernier de mettre en banque un bouquet de choix dont un de premier tour, lorsqu’ils ont retiré Yakov Trenin du marché quelques heures avant la date limite pour les transactions. Refaire la même erreur avec Abramov priverait l’organisation de matériel de haute qualité pour le futur… 

«On verra. Notre philosophie, c’est que si nous devons nous départir d’un joueur aussi talentueux, c’est parce que nous obtiendrons notre prix», tranche Sear. 

«J’ai été heureux de voir la qualité des choix échangés pour (German) Rubstov (échangé de Chicoutimi à Bathurst il y a deux semaines). On peut comparer la situation d’Abramov avec celle de Dmytro Timashov et Timo Meier il y a deux ans. On a donc une excellente idée de ce que vaut un MVP dans notre ligue. Si on n’obtient pas ce que l’on veut, nous n’avons aucun problème à le garder», menace-t-il.

Sear se dit très heureux des performances de son équipe, qui se promène autour de la barre de ,500 depuis le début de la saison. «Notre groupe d’entraîneurs fait un excellent travail. Nous avons une équipe jeune et malgré tout, j’aime beaucoup notre équilibre. Mon travail, c’est d’ajouter du talent, que ce soit via le marché des agents libres ou par transactions.»

Sear a beau faire ses premières armes comme directeur-gérant, il gravite dans le secteur hockey depuis plusieurs années, ayant travaillé étroitement avec Benoît Groulx. Il dit avoir appris de quelques erreurs commises dans le passé. 

«J’en prends la responsabilité de ces erreurs. Nous n’échangerons plus nos meilleurs jeunes pour du court terme à l’avenir. On va développer nos jeunes puis les faire graduer.»

Sports

Hudon, le prochain Andrighetto?

(Commentaire) — Pourquoi ne pas avoir testé Charles Hudon jeudi soir? Dès que j’ai vu Torrey Mitchell prendre la place de Jonathan Drouin au centre du deuxième trio en début de match, je me suis posé cette question. Quand le Canadien a vu le Wild prendre les devants 1-0, je ne pouvais pas croire que Claude Julien garde le vétéran au sein de l’un de ses deux trios offensifs.

Rien contre Mitchell. Il a joué avec fougue face au Wild. Mais un joueur ne peut te donner ce qu’il n’a pas.

J’insiste, c’était un soir parfait pour offrir une audition à Hudon. Pas le plus rapide, mais certainement un des attaquants de l’équipe qui montre le plus d’intelligence quand il a la rondelle au bout de la palette. Et son tir est pesant. Pourtant, Hudon est confiné à un rôle sur les troisième et quatrième trios depuis le début de la saison. 

Le Canadien semble avoir tellement de mal à faire confiance aux jeunes. Regardez comment on barouette Alex Galchenyuk. Souvenez-vous comme Sven Andrighetto a été traité. Pas assez bon pour jouer à Montréal, mais assez solide pour épauler Nathan MacKinnon et Miko Rantanen sur le premier trio de l’Avalanche! 

J’espère que l’erreur d’évaluation commise envers Andrighetto ne se répétera pas avec Hudon. Vous savez, il n’est pas moins bon que Yanni Gourde, qui fait beaucoup parler de lui chez le Lightning depuis le début de la saison. La différence de production entre les deux s’explique par leur utilisation. Gourde s’amuse aux côtés de Braydon Point et Ondrej Palat à Tampa, Hudon devait se débrouiller avec Byron Froese et Jacob de La Rose face au Wild. Méchant fossé entre les deux situations!

Il y a un petit espoir: à sa seule présence entre Alex Galchenyuk et Arturri Lehkonen, Hudon a marqué avec quelques minutes à écouler en troisième. Bon, le but a été refusé après la reprise vidéo, mais la séquence a semblé réveiller Claude Julien, qui l’a délégué avec les autres canons de l’équipe en fin de match quand le Canadien y allait d’un ultime effort pour rattraper le Wild. 

Hudon a mangé son pain noir depuis son arrivée chez les pros. Marc Bergevin a promis cet été qu’il aurait une vraie chance de se faire valoir. Les bottines auraient dû suivre les babines jeudi...

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Le Tom Brady du Canadien?

COMMENTAIRE / Six victoires à ses huit derniers matchs. Votre club est de retour dans la course aux séries.

Ce n’est pas une surprise. Le Canadien n’est pas aussi bon que Marc Bergevin ne le croit. Mais il est meilleur que son rendement médiocre des premières semaines du calendrier. Un certain retour du balancier était inévitable.

Ce qui étonne, c’est que le redressement s’est opéré sans Carey Price, à nouveau emprisonné à l’infirmerie. Les deux dernières victoires ont été signées par Charlie Lindgren, un jeune homme qui semble avoir l’étoffe d’un gardien de la LNH. Il est le premier gardien du Canadien depuis un certain Ken Dryden à gagner ses cinq premiers départs dans le show…

Et si c’était le Tom Brady des Glorieux? Ne vous étouffez pas avec votre café, on ne sait jamais. Quand Drew Bledsoe s’est blessé chez les Patriots de la Nouvelle-Angleterre au tournant des années 2000, Brady était alors un valet qui devait tenir sa place au chaud d’ici la fin de l’année. On connaît la suite…

Chose certaine, si Lindgren continue à afficher autant d’aplomb au cours des prochaines semaines, l’état-major du Canadien va être obligé de se poser des questions. Son gardien numéro un est fragile. Il n’a jamais été en mesure de transporter son club une fois rendu en séries. Et il va amorcer un trop lourd contrat de huit ans l’an prochain. 

Mettons que Lindgren poursuit sur sa lancée, ne vaudrait-il pas mieux monnayer l’Élu? Il a encore une bonne valeur, c’est certain. Imaginez les Oilers ou les Maple Leafs avec Price entre les poteaux. Ou encore les Jets, à qui il ne manque qu’un gardien pour devenir une équipe de premier plan. On imagine aussi que les Canucks seraient intéressés à Price, lui qui vient de l’Ouest. Voyez, ça fait quelques clients potentiels. Qui ont du jeune talent à profusion pour payer.

Price soigne actuellement une blessure mineure, assure le Canadien. Il peut prendre son temps. Ça pourrait donner une belle fenêtre à Lindgren de montrer ce qu’il a réellement dans le ventre. Être en mesure de bien évaluer le personnel à sa disposition, c’est toujours profitable. Il y a parfois de bien belles surprises qui dorment sur les tablettes!

Sports

«La pression est sur les joueurs»

CHRONIQUE / Pour ceux qui s’intéressent à la composition d’Équipe Canada junior, le fun est commencé! Depuis lundi, la série de six matchs face aux Russes a été déclenchée. Les meilleurs éléments de chacune des trois ligues au pays vont tenter tour à tour d’impressionner l’entraîneur-chef Dominique Ducharme et ses lieutenants, afin de se frayer un chemin jusqu’au camp final au début décembre.

Les étoiles de la LHJMQ seront les dernières à se mesurer au programme russe la semaine prochaine. Deux matchs qui seront épiés ici, puisqu’aucun joueur de cette formation n’avait réussi à mériter un laissez-passer pour le dernier camp estival. 

Il n’y avait en effet que deux Québécois à ce camp, soit Samuel Girard et Pierre-Luc Dubois. Or ils patinent actuellement tous les deux dans la LNH, ce qui fait craindre le pire. Équipe Canada junior n’a jamais formé une équipe sans joueur du circuit Courteau. Est-ce que ce l’édition 2017-18 réalisera une triste première dans ce volet?

Dominique Ducharme hausse les épaules. «On va prendre les 22 meilleurs joueurs. L’an dernier, ce fut une excellente cuvée pour la LHJMQ. Cette année, on verra. Chaque équipe est différente», lance Ducharme. 

Il y a trois semaines, Gilles Courteau était tranchant: selon le commissaire de la LHJMQ, il était impossible que son circuit soit blanchi en juin prochain. I-M-P-O-S-S-I-B-L-E.

Ducharme secoue la tête quand on lui rapporte les propos du pape du hockey junior dans l’Est du pays. Visiblement, les pressions politiques semblent avoir peu d’impact dans son raisonnement. 

«La pression est sur les joueurs. Pas sur moi. À eux de montrer qu’ils méritent une place dans l’équipe. On va faire les choix en fonction de ce que l’on voit, avec l’idée d’assembler la meilleure équipe possible.»

Cette série face aux Russes représente une étape importante menant aux grosses décisions. Au golf, lors d’un tournoi majeur, on dit souvent qu’un championnat ne peut se gagner la première journée, mais qu’un joueur peut s’éliminer de la compétition. C’est un peu la même chose pour les aspirants à un poste avec Équipe Canada junior cette semaine. 

«Je dirais que ce qu’on va voir lors de ces matchs, ça va compter pour plus de 50% dans l’équation quand viendra le temps de choisir ceux qui vont accéder au camp final. On ne cherche pas juste de bons joueurs juniors, on cherche ceux qui sont en mesure d’élever leur jeu quand l’intensité grimpe. C’est ce qui va arriver face aux Russes, ces matchs seront donc révélateurs», évalue Ducharme, qui disait vendredi dernier avoir hâte à ces rencontres même si cette série éreintante s’étire sur la largeur du pays. 

«Quand on réunit les joueurs en été, ils se préparent à un camp LNH, ce n’est pas le moment idéal pour les évaluer. On aura un portrait beaucoup plus juste d’ici deux semaines. C’est excitant!»

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Une croix sur la Tornade

COMMENTAIRE / Il est temps de remercier Samuel Girard pour les trois fantastiques saisons qu’il a écoulées chez les Cataractes.

Si son utilisation chez les Predators depuis le début de la saison laissait miroiter un possible retour dans le junior – ce qui faisait rêver l’état-major shawiniganais, de faire sauter la banque en monnayant ses services aux Fêtes – son déménagement au Colorado plombe solidement ce scénario. 

Chez l’Avalanche, Mark Barberio, incapable de jouer régulièrement avec le Canadien l’an dernier, est le défenseur le plus utilisé du côté gauche. Ça vous donne une idée du reste de la brigade! Girard a sûrement été secoué par l’échange et va quitter à regret une ville qu’il aimait bien, mais il ne sera pas perdant au change en étant parachuté à Denver, où il y a pas mal moins de congestion à la ligne bleue. 

Dans cette optique, on voit mal comment l’Avalanche pourrait prendre la décision de le renvoyer à Shawinigan. Dans le bouquet de sept valeurs obtenues pour Matt Duchene, Girard est actuellement la pièce maîtresse. Juste pour ça, il obtiendra assurément toute la latitude nécessaire au cours des prochaines semaines pour s’établir dans la meilleure ligue au monde. 

Pour les Cataractes, c’est un coup dur. Deux fois en deux ans, la LNH est venue subtiliser la vedette de l’équipe. L’an passé, le départ de Beauvillier a anéanti les espoirs de la plus vieille concession d’enfin mettre la main sur la coupe du Président. 

Cette fois, la promotion de Girard prive l’organisation de sa meilleure valeur pour accélérer la reconstruction. C’est bien sûr hors du contrôle de Girard, qui sera néanmoins reconnu comme l’un des joueurs les plus spectaculaires ayant été formés en Mauricie. La Tornade de Roberval valait le prix d’entrée à lui seul depuis trois ans. Un mélange parfait de talent, de cran et de caractère. 

Ceux qui croient qu’il va ressentir une pression malsaine d’avoir été au cœur de l’échange Duchene peuvent dormir tranquille. Au contraire, ça va le faire carburer. Dans un an, deux maximum, ça va danser en titi sur la ligne bleue en avantage numérique au Colorado avec Girard à gauche et Cale Makar à droite.

Sports

Les avantages de la stabilité

CHRONIQUE / Ils appellent ça maintenant une saison de «transition». C’est le nouveau mot à la mode pour évoquer une reconstruction. Dans le junior, faut continuer à vendre des billets, même si la roue tourne. Transition, c’est plus doux…

Cette phase à laquelle plus personne n’échappe dans la LHJMQ, elle vient avec une douleur variable en fonction des marchés. Ceux qui prônent la stabilité et mettent l’accent sur le repêchage ont plus de chances de mieux s’en tirer.

Prenez les Huskies de Rouyn-Noranda, par exemple. À la surprise générale, les hommes de Gilles Bouchard se pavanent actuellement en tête du classement général. Ils n’ont subi que deux défaites en temps réglementaire à leurs 16 premières sorties. 

Bouchard dirige pourtant une formation qui abrite une dizaine de recrues. De plus, il y a un seul Européen au sein de la meute. Comment s’y prend-il pour avoir autant de succès? 

«C’est vrai que nos jeunes se débrouillent bien. Mais attention, nous sommes encore en début de saison. Il n’y a rien, mais absolument rien d’acquis à cette période de l’année. Ça change vite, dans le junior», lance prudemment le pilote, qui ne veut certainement pas trop offrir de fleurs à sa bande, de peur qu’elle relâche un peu la pédale d’accélération.

L’ex-pilote des Estacades et des Patriotes convient quand même que certains éléments l’aident à former un noyau dur, capable d’entraîner les autres joueurs dans leur sillon. Il n’y a que trois joueurs dans son équipe qui ont été acquis par transaction. Le reste a été déniché par ses dépisteurs, puis Bouchard et ses adjoints ont pris le relais pour les développer. 

«Le repêchage, c’est tellement important. Encore cette année, on a des jeunes qui vont très bien au midget AAA. C’est notre relève. C’est plus facile de se forger une identité quand tu mets ce secteur à l’avant-plan», note-t-il. 

«Quant aux joueurs qui sont arrivés par transactions, on les a choisis soigneusement. Lane Cormier et Taylor Ford ont été capitaines ailleurs, on savait ce qu’on achetait. Ils amènent beaucoup de leadership chez nous aussi. Quant à Zachary Ouellet, son attitude est exemplaire.»

Les succès actuels des Huskies passent par leur brio sur les unités spéciales, mais aussi par cette éthique de travail quasi irréprochable qui est devenue leur marque de commerce. L’Armada a souvent eu le titre non officiel d’équipe la plus acharnée du plateau. Depuis quelques années, les Huskies n’ont rien à leur envier à ce chapitre. 

«Ça va bien, même si Zachary Lauzon n’a joué que trois matchs cette année. En ce moment, nous n’avons aucun joueur repêché dans la LNH dans l’alignement! On a eu un bon calendrier préparatoire, ça nous a donné du momentum. Puis on a gagné un gros match en partant contre l’Armada chez lui, ce fut bon pour la confiance. Quand tu es dédié et que tu joues avec confiance, de belles choses peuvent se produire», sourit Bouchard. 

«Ceci dit, il faut garder notre calme. Et continuer à travailler à chaque jour. La ligne est mince…»

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Une grosse cuvée!

CHRONIQUE / Près d’une vingtaine de joueurs natifs ou ayant été développés sur le territoire desservi par Le Nouvelliste s’alignent cette saison dans une équipe de la LHJMQ. Tour d’horizon.

Xavier Bouchard

Drakkar

Une grosse année pour le fils de Gilles, puisque les prochains mois devraient le conduire jusqu’au repêchage de la LNH. À l’image de son équipe, son début de saison est un peu tiède. L’adolescent de 17 ans a trop de talent pour tourner au ralenti bien longtemps. Une bombe à retardement.

Alexis Sansfaçon

Screaming Eagles

Cet arrière format géant fait partie d’une brigade qui se cherche. À la surprise générale, les Screaming Eagles forment l’équipe qui a alloué le plus de buts. Comme ses coéquipiers, Sansfaçon doit en donner un peu plus. 

Vincent Milot-Ouellet

Saguenéens

Échangé au camp d’entraînement, Milot-Ouellet n’a pas retrouvé sa magie d’il y a deux ans, alors qu’il avait connu un départ très intéressant avec les Olympiques de Gatineau. Les Saguenéens l’emploient sur un troisième trio et sur un deuxième jeu de puissance. 

Joakim Paradis

Saguenéens

Le manque de profondeur en défensive chez les Saguenéens lui offre la chance de se faire valoir sur une base régulière. Par contre, la surface de jeu olympique n’est peut-être pas optimale pour son style de jeu. Ce grand défenseur doit travailler sur son jeu de pieds. 

Morgan Adams-Moisan

Voltigeurs

L’une des belles surprises dans le circuit. Reconnu d’abord et avant tout pour sa robustesse, le Latuquois profite de sa dernière saison à 20 ans pour faire valoir ses instincts offensifs. Il a déjà surpassé son total de buts de la saison dernière!

Mathieu Bellemare

Olympiques

Il ne connaît certainement pas un départ à la hauteur de ses attentes après avoir raté le camp d’entraînement en raison d’une blessure. Bellemare n’a d’ailleurs eu droit qu’à une seule sortie lors des cinq derniers matchs des Olympiques. Le vétéran de 19 ans avait demandé une transaction cet été et il n’a pas été exaucé. Le divorce entre les deux parties semble plausible à la prochaine période des transactions en décembre.

Sports

Crise diplomatique à l’horizon

Ça sent la crise diplomatique à plein nez. La prochaine édition d’Équipe Canada junior pourrait ne miser sur aucun joueur de la LHJMQ!

Parent pauvre des trois circuits canadiens quand vient le temps de confectionner cette équipe nationale, la LHJMQ a quand même toujours eu au moins un représentant. Cette fois par contre, il n’y a eu que deux de ses représentants invités au camp estival. Deux sur 41 laissez-passer! Et ces deux surdoués, Samuel Girard et Pierre-Luc Dubois, ont réussi jusqu’à maintenant à s’accrocher à un poste dans la LNH à 19 ans. 

«Il peut encore se passer bien des choses d’ici à la sélection finale de l’équipe», mentionne le commissaire Gilles Courteau, conscient que c’est un sujet sensible au Québec. «Girard et Dubois pourraient revenir junior, par exemple. L’absence des joueurs qui seront encore dans la LNH ouvrira la porte à d’autres joueurs. Je suis convaincu qu’il y aura au moins un joueur de la LHJMQ au sein de l’équipe. Impossible qu’on soit blanchi», tranche-t-il.

Même s’il y a un ou deux joueurs qui se faufilent dans l’équipe qui sera assemblée pour une deuxième année d’affilée par Dominique Ducharme et Joël Bouchard, ça reste bien mince comme contribution si on compare aux effectifs de l’Ontario et de l’Ouest. 

Il fut un temps où on expliquait cet écart par les résultats au tournoi de la Coupe Memorial. Si les champions de la LHJMQ n’arrivaient pas à s’imposer au championnat de fin de saison, c’était un signe évident que notre hockey était inférieur aux deux autres ligues, non? Depuis que les Prédateurs de Granby ont mis fin à une longue disette en 1996, il faut chercher ailleurs. Au cours des 22 dernières campagnes, ce tournoi a été gagné sept fois par les champions de la LHJMQ.

Il n’y a pourtant pas de tendance à la hausse dans les effectifs d’Équipe Canada junior durant cette période. Pour plusieurs, c’est la preuve qu’il y a discrimination. Courteau, qui veille aux intérêts de la LHJMQ depuis plus de trois décennies, jure que c’est un mythe. «À mon arrivée en poste, j’ai monté au front, j’ai posé bien des questions. Je n’ai rien trouvé de problématique. Quand tu es impliqué de près, tu vois que tout est fait de la bonne façon. Les entraîneurs choisissent les meilleurs éléments à leurs yeux, en fonction de gagner le championnat. C’est la seule chose qui motive les décisions», affirme Courteau.

Bien sûr, ce dernier sait compter. Il ne peut nier que son circuit est celui – et de loin – qui produit le moins de joueurs pour Équipe Canada junior. Une partie des raisons vient peut-être de quelques rendez-vous manqués, confie-t-il. «Pour une raison ou pour une autre, chaque fois que nous avons eu un groupe important au sein de l’équipe, le Canada n’a pas été en mesure de ramener la médaille d’or», rappelle Courteau. «Disons que ça aurait pu aider nos joueurs si le scénario avait été différent. Espérons que cette tendance va virer de côté la prochaine fois que ça va se produire. Au dernier championnat du monde des moins de 18 ans, nos gars ont très bien performé et le capitaine était Joe Veleno. C’est prometteur pour le futur.»

Peut-être à moyen terme. Vrai que la cuvée des joueurs de 16 et 17 ans dans le circuit semble solide. On verra bien. En attendant, Courteau aura bien des micros sous le nez en décembre prochain si jamais son circuit est, pour la première fois de l’histoire, tristement blanchi.