S'il en avait le choix, Steve Bégin se donnerait toujours corps et âme pour une équipe de la Ligue nationale de hockey. Maintenant à la retraite, il trouve toutefois beaucoup de satisfaction à transmettre aux jeunes toute l'information que sa carrière chez les professionnels lui a permis d'accumuler.

Steve Bégin: «Ça m'a vraiment donné la piqûre»

Si ce n'était pas de sa blessure à la hanche qui l'a poussé à accrocher ses patins le 16 janvier dernier, Steve Bégin serait toujours un joueur de hockey professionnel.
Certes, cette retraite fait en sorte qu'il peut passer davantage de temps avec ses deux filles de neuf ans et demi et de sept ans, mais le Trifluvien d'origine a également vécu toute une expérience avec les Foreurs de Val d'Or lors des dernières séries éliminatoires de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) et de la Coupe Memorial à London en mai dernier.
Dès qu'il a reçu l'appel du directeur-général des Foreurs Alexandre Rouleau, le nouveau retraité a accepté sans hésitation l'offre de l'équipe avec laquelle il avait agi à titre de capitaine il y a 16 ans.
Nommé capitaine honoraire de l'équipe au tout début de la danse printanière de la LHJMQ, Bégin aura finalement gradué jusqu'au poste d'entraîneur-adjoint de l'équipe junior abitibienne.
«Ça m'a vraiment donné la piqûre. J'ai adoré l'expérience du début à la fin, mais je ne suis pas prêt à faire ça à temps plein tout de suite, fait valoir l'athlète de 36 ans, qui avoue vouloir passer du temps avec sa famille dans un avenir rapproché. Je ne dis pas non. J'aime tout ce qui touche au développement d'un joueur de hockey, d'un athlète. J'adore ça. De pouvoir les rendre au produit final, c'est quelque chose qui m'intéresse, mais, présentement, pour coacher, non. J'ai ma famille qui est importante et je lui dois beaucoup de temps, donc j'en profite.»
Des souvenirs inoubliables
Un peu plus de six mois après s'être retiré de la compétition, Bégin est loin d'oublier toutes les belles expériences que lui a fait vivre sa carrière de joueur dans la Ligue nationale de hockey, et il en garde d'excellents souvenirs.
«J'en ai tellement des souvenirs de hockey. J'ai toujours adoré jouer au hockey et je l'ai toujours fait avec passion.»
L'ailier gauche, repêché en deuxième ronde par les Flames de Calgary en 1996, n'oubliera également jamais son passage chez le Canadien.
«Ça a été une expérience fantastique pour moi du début à la fin. J'ai adoré la passion des Montréalais et la connexion que j'avais avec les partisans.»
«J'ai toujours joué avec passion, j'ai toujours adoré le hockey. Je ne pouvais pas jouer cette année à cause de ma blessure qui a refait surface, mais le hockey, ça me manque beaucoup. Moi, j'aurais encore joué cette année, l'année prochaine, et tant et aussi longtemps que j'aurais pu, mais là, c'était fini. Le docteur m'a bien averti que je ne pouvais plus jouer à cause de mes problèmes de hanche.»
Même s'il s'ennuie de son sport, il avoue que le passage à autre chose s'est très bien fait et il le doit à son retour après sa première retraite en 2011.
«Je vais toujours me souvenir de mon retour après deux ans sans avoir joué. J'avais eu une opération là-dedans. J'ai trippé! J'en ai vraiment profité du début à la fin. À tous les jours, j'étais heureux d'aller à l'aréna. Je m'amusais et je profitais de la première à la dernière minute et j'étais allumé», relatait celui qui aura finalement endossé le chandail des Flames, des Canadiens, des Stars, des Bruins et des Predators au cours de sa carrière.
C'est un plaisir pour Bégin de pouvoir revenir dans sa ville natale afin d'aider les jeunes à devenir meilleurs dans le sport qu'il a lui-même pratiqué toute sa carrière.
«Je l'ai toujours dit, tu ne dois pas oublier d'où tu viens. J'ai grandi à Trois-Rivières. Je suis né, j'ai été élevé et j'ai appris mon hockey ici, donc y revenir, c'est toujours plaisant», conclut l'ancien numéro 22 du Canadien.
Une école de hockey en pleine santé
Steve Bégin était de passage hier matin au Complexe sportif Alphonse-Desjardins d'abord et avant tout pour venir passer du temps avec les participants de l'Académie de hockey Thibeault-Bégin-Thibeault (TBT).
L'ambassadeur de l'Académie est bien content de pouvoir venir faire un tour de temps à autre. «Se mêler avec les jeunes, parler aux jeunes, donner des petits conseils, c'est vraiment plaisant.»
«À notre première année d'existence, en 2000, on avait une petite école de hockey d'une semaine avec Steve (Bégin) et mon frère (David Thibeault). On a eu un gros succès avec 90 jeunes pour seulement une semaine et ç'a été très apprécié. L'année suivante, on a répété l'expérience, cette fois-ci pendant trois semaines. Aujourd'hui, c'est environ 4000 jeunes qui gravitent dans nos activités chaque année», explique le président et propriétaire de l'Académie TBT, Nicolas Thibeault.
À la base une simple école de hockey, l'Académie de hockey Thibeault-Bégin-Thibeault en est aujourd'hui à sa 14e année d'existence et a atteint une maturité impressionnante alors que ses services sont maintenant utilisés dans des écoles primaires et secondaires, dans certains clubs de patinage artistique, ainsi que dans des réserves autochtones. 
«On s'occupe aussi de 40 équipes privées, en plus d'organiser des événements. Cette année, on a accueilli
175 équipes et plus de 2500 joueurs dans un tournoi sur quatre fins de semaines, ajoute-t-il. «Avec Steve, on a des projets de relancer les camps d'été de hockey à la grandeur du Québec. À partir de l'année prochaine, on va établir un horaire des camps et Steve va être présent trois ou quatre heures par jour à chaque endroit. C'est une idée qui vient de lui!» 
Nicolas Thibeault s'estime chanceux de pouvoir compter sur un entraîneur de la trempe de Pierre Aubry. L'ancien porte-couleurs des Nordiques de Québec et entraîneur-chef des Tigres de Victoriaville dans la LHJMQ a joint les rangs de l'Académie TBT à sa deuxième année d'existence. «Pierre, c'est un des meilleurs au Québec pour enseigner le power skating. Il est de plus en plus en demande, donc ça se reflète bien sur l'Académie TBT. On est content d'avoir un entraîneur de sa qualité.»