Malgré son jeune âge si on la compare aux meilleures athlètes Ironman 70,3, Stéphanie Roy du club Trimégo connaît une ascension fulgurante dans le monde du triathlon longue distance.

Stéphanie Roy n'est plus une inconnue!

En l'espace de quelques heures, Stéphanie Roy est passée d'une inconnue à une athlète d'intérêt dans la sphère du Ironman professionnel. Confrontée à quelques-unes des meilleures dames de fer du monde des triathlons longue distance, la discrète jeune femme de 21 ans a causé l'une des belles surprises de ce début de saison sur la scène nationale, prenant la deuxième position du Ironman 70,3 de Porto Rico, en fin de semaine.
Stéphanie Roy
Étudiante en ergothérapie à l'UQTR, la Trifluvienne d'adoption prenait le départ de la compétition aux côtés de certaines grosses pointures. Parmi elles, on retrouvait l'olympienne Helle Frederiksen, qui a pris le troisième rang... à 57 secondes de Roy! Alicia Kaye, une autre figure bien connue de la discipline, a été la seule à boucler le parcours plus rapidement que la Québécoise. Elle l'a distancée par environ 29 secondes.
Comme c'est la norme dans les épreuves Ironman 70,3, les triathlètes ont nagé pendant 1,9 km avant d'enfourcher leur vélo pour une randonnée de 90 km. Le tout a pris fin avec un demi-marathon (21,1 km). Demi-marathon au terme duquel Stéphanie Roy a réalisé le meilleur chrono, soit 1h22min59sec, loin devant les autres concurrentes, et ce, en dépit du vent et des nombreuses côtes du difficile tracé. À la fin de la journée, elle affichait un excellent temps cumulé de 4h18min33sec. Pas si mal pour une «inconnue»!
«En regardant la liste de départ, j'ai eu un stress, ces filles-là sont beaucoup plus vieilles que moi. La moyenne d'âge tourne autour de 30 ou 35 ans», rappelle la médaillée d'argent, qui pratique le triathlon depuis qu'elle a 11 ans. Il s'agissait déjà de son cinquième Ironman 70,3 chez les pros. «Je vise les Championnats mondiaux. C'était réaliste avant Porto Rico et ça le devient encore plus aujourd'hui.»
Son mentor au club de triathlon Trimégo de Trois-Rivières, Pascal Dufresne, flottait lui aussi sur un nuage dimanche. L'entraîneur dirige des athlètes de l'élite depuis des années, mais il admet que la prestation de sa protégée dans les Antilles fait partie de celles dont il se souviendra. Et, à ses yeux, le meilleur reste encore à venir.
«Elle a tellement progressé dans les derniers mois! Stéphanie a eu un gros bloc d'entraînement en Floride récemment, on a encore pu constater qu'elle est dominante sous la chaleur. Pourtant, elle ne bénéficie pas de la même préparation que les autres professionnelles du circuit. Elle ne s'entraîne pas en Californie ou en Floride, mais dans un garage et sur un vélo stationnaire!»
C'est sans compter l'aspect des études qui entre en ligne de compte. La plupart des triathlètes professionnelles évoluant dans le milieu du Ironman le font à temps plein. Ce n'est pas le cas de l'étudiante qui, lors de ses temps libres, se plonge dans ses livres alors que d'autres autour d'elle en profitent pour relaxer.
«Qu'elle domine autant à sa deuxième année, ça prouve qu'elle a une éthique irréprochable. On vit quelque chose de trippant. La prochaine étape pour elle, c'est de s'affirmer un peu plus. Ce n'est pas son genre, mais elle doit montrer au monde à quel point elle est bonne. Ça devrait l'aider à dénicher des commanditaires et avoir la reconnaissance qu'elle mérite.»
Au moins, les triathlètes du circuit savent maintenant à qui elles ont affaire. Alicia Kaye lui a avoué tout bonnement lors d'une conversation après la course de Porto Rico qu'elle ignorait qui elle était! «Alicia m'a dit que les autres filles devraient avoir peur de moi à l'avenir. C'est encourageant!»