La triathlète Stéphanie Roy espère se qualifier pour le Championnat du monde Ironman 70.3, qui se tiendra à Nice en France en septembre prochain.

Stéphanie Roy poursuit sa progression

Trois-Rivières — C’est après un hiver et un printemps très occupés que la triathlète Stéphanie Roy amorcera sa saison, le 12 mai prochain, à Monterrey au Mexique.

D’entrée de jeu, la Trifluvienne d’adoption avoue qu’elle ne se lance pas dans cette saison dans les meilleures dispositions.

La fatigue accumulée au cours des derniers mois, ponctués de deux stages à plein temps dans le cadre de ses études en ergothérapie et d’un camp d’entraînement en Floride, pèse sur les épaules de la jeune femme de 24 ans, à l’aube de sa quatrième saison sur le circuit professionnel de triathlon longue distance.

Celle qui se spécialise dans les épreuves Ironman 70.3 est néanmoins confiante de pouvoir poursuivre sa progression.

Rappelons qu’au cours des dernières saisons, elle a démontré de belles aptitudes, ce qui lui a permis de se frotter aux meilleures de sa profession et même de monter sur la première marche du podium à quelques reprises. Comme elle avait réussi à le faire en 2017, elle espère obtenir sa qualification pour prendre part au Championnat du monde Ironman 70.3, qui se déroulera à Nice, en France, en septembre.

«L’objectif lors des premières courses de la saison sera vraiment d’obtenir ma qualification», lance-t-elle, alors qu’elle roule à basse intensité sur une base d’entraînement dans le garage de son entraîneur, le Trifluvien Pascal Dufresne.

Afin de parvenir à ses fins, l’athlète a mis l’accent sur le vélo au cours de la saison morte.

En plus de travailler pour améliorer son positionnement sur sa monture en compagnie des chercheurs du Laboratoire de technologies et d’innovation pour la performance sportive (L-Tips) de l’UQTR, elle a consacré plusieurs heures d’entraînement afin d’augmenter sa puissance, notamment en s’astreignant à des séances de musculation spécifiquement élaborées afin de sortir le maximum de sa longiligne silhouette tout au long des 90 km de la portion de vélo d’une épreuve Ironman 70.3.

«C’est là que je peux gagner le plus de temps lors de mes courses. Je crois qu’on va voir une bonne différence. Améliorer ma natation était également un objectif. Mais pour ce qui est de la course à pied, c’était plus du maintien. L’an passé, j’ai vraiment démontré que c’était une force pour moi», explique-t-elle.

Après sa première course au Mexique, elle se rendra directement à Chattanooga au Tennessee, où elle participera à un deuxième événement Ironman 70.3 en autant de semaines.

Ce premier bloc de courses se terminera le 9 juin avec le Ironman 70.3 Eagleman, à Cambridge au Maryland, épreuve qu’elle a remportée en 2018.

Cette course est également la première du genre à laquelle elle a pris part en 2015 alors qu’elle était encore chez les amateures. Elle tenait donc à y retourner pour défendre son titre et se remémorer des souvenirs.

«Nous étions parties seules ma mère et moi. Nous avions fait un accident sur la route avec un chevreuil et la voiture avait été une perte totale. Je m’étais quand même rendue et j’avais gagné dans ma catégorie», raconte-t-elle.

Plus tard pendant l’été, elle prévoit se rendre à Boulder au Colorado, véritable Mecque du triathlon longue distance aux États-Unis, pour se mesurer aux meilleures triathlètes sur le circuit Ironman 70.3. Si les choses se déroulent comme elle l’espère, elle s’envolera pour Nice au début septembre pour le Championnat du monde. D’autres courses pourraient également s’ajouter au cours de l’automne.

Son entraîneur Pascal Dufresne croit qu’elle est présentement dans une forme lui permettant d’accomplir de grandes choses en ce début de saison. Mais en raison du tourbillon des dernières semaines, il considère qu’elle sera plutôt dans des prédispositions optimales plus tard cet été. Pour ce qui est d’une possible participation au Championnat du monde, il se dit confiant que sa protégée parviendra à se qualifier, mais cet accomplissement ne constitue pas une finalité en soi selon lui.

Un Ironman dans un avenir rapproché

Sans mettre la charrue devant les boeufs, la triathlète et son entraîneur s’entendent pour dire qu’il n’est pas très loin le moment où elle prendra le départ d’un Ironman complet.

En raison de ses forces, notamment en course à pied, l’étudiante-athlète avoue qu’elle a hâte de s’attaquer à la mythique distance.

Dans cette optique, elle aimerait bien nager 3,8 km, rouler 180 km et courir 42,2 km en une seule journée dès la saison 2020.

«Quand je fais beaucoup de volume d’entraînement, ça se passe bien, alors j’ai hâte de voir. J’ai également bien répondu lorsque j’ai fait deux courses en deux semaines [l’an dernier]. Ça nous donne une bonne indication. Mais le triathlon étant le triathlon, on ne sait pas ce qui va arriver», confie-t-elle.

Un déménagement bénéfique

Originaire de Laval, la jeune femme a déménagé à Trois-Rivières à l’automne 2015 afin d’y étudier à l’UQTR. Si cette option ne l’enchantait pas trop à l’époque, elle ne regrette aucunement son choix maintenant.

«L’UQTR a été la première université qui m’a acceptée en ergothérapie. Sur le coup, je me suis dit dans ma tête: “ah mon Dieu, pas Trois-Rivières!” Mais j’ai décidé de m’y inscrire, même si McGill m’a acceptée par la suite. J’ai rencontré Pascal et ç’a vraiment fait la différence. Avec le recul, ce fut la meilleure décision pour ma carrière. Toute la structure à notre disposition est vraiment excellente, notamment le garage ici chez Pascal. En plus, les gens de Trois-Rivières ne réalisent pas la chance qu’ils ont de ne pas passer des heures dans leur voiture», clame-t-elle.