Les Patriotes ne pourront pas défendre leur titre national cet automne.
Les Patriotes ne pourront pas défendre leur titre national cet automne.

Sports universitaires annulés: les champions canadiens sur la ligne de touche à l’UQTR

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Ils ont joué tout l’été dans les ligues civiles fédérées par Soccer Québec, mais il leur sera impossible de défendre cet automne leur titre de champion canadien, acquis il y a un an. Comme des centaines d’étudiants-athlètes universitaires, les joueurs de soccer des Patriotes de l’UQTR devront se contenter des entraînements et de parties hors-concours.

Le Réseau du sport étudiant du Québec a annoncé lundi l’annulation de toutes les activités officielles de la scène universitaire pour l’automne. Les sports scolaires et tout le niveau collégial, eux, iront pourtant de l’avant avec des saisons et des compétitions, toujours en s’inspirant du modèle de retour au jeu des différentes fédérations sportives.

«Difficile pour nous de comprendre. Il y a des raisons derrière ça qui nous sont inconnues», indique l’entraîneur-chef des champions en titre du soccer universitaire masculin au pays, Shany Black, en pesant ses mots.

«On se pose des questions. Dans le réseau collégial, la plupart des équipes de première division évoluent dans la grande région de Montréal. Au soccer universitaire, quatre campus sur sept sont aussi à Montréal et pourtant, on ne pourra pas tenir de saison. Il y a beaucoup d’incompréhension au sein de notre groupe.»

Matchs amicaux

Les Patriotes n’ont pas tout perdu. Ils pourront prendre part à des matchs hors-concours, puisque des activités entre deux équipes distinctes sont prévues pour le soccer, le golf et le cross-country. On parle bien sûr des sports extérieurs, où la distanciation physique est plus facile à appliquer.

«On fera les approches. Si nous pouvons aller à plus de deux équipes, tant mieux. Nous travaillons à offrir une certaine compétition à nos étudiants-athlètes, dans un contexte difficile.»

L’équipe masculine entame cet automne un nouveau cycle, avec 14 recrues. «On se croise les doigts pour le championnat d’hiver de soccer intérieur.»

Le RSEQ prendra une décision pour ces sports hivernaux, comme le basketball, le volleyball et la natation vers la mi-octobre.

Trop de contraintes

Le paradoxe entre les sports collégiaux et universitaires a été noté par certains observateurs lundi, sur les réseaux sociaux.

«Je ne peux pas m’avancer pour les sports scolaires et le collégial, mais leurs ligues ne sont pas toutes provinciales», mentionne la directrice du Service de l’activité physique et sportive à l’UQTR, Isabelle LaVergne.

La saison des Patriotes hockey est retardée au moins jusqu’en janvier.

«Nous, à l’UQTR, les contraintes sont différentes. Au niveau de la masse critique, si une région atteint le code de couleur rouge sur le système d’alerte de la COVID-19, c’est plus difficile pour les sports universitaires de se rabattre sur une autre région», ajoute-t-elle, en indiquant que le problème des transports est aussi à considérer.

«Par exemple, au soccer, on dispute toujours des programmes doubles, avec nos équipes de garçons et de filles. Ils se déplacent ensemble vers une autre région. Il aurait fallu adapter ce modèle.»

C’est sans compter la difficulté d’accéder aux centres sportifs en temps de pandémie.

«Le respect des deux mètres de distance, la limite de 250 spectateurs, les déplacements, l’accès aux douches: nous avons tout évalué avant d’en venir à cette décision. Au moins, le RSEQ se donne du temps pour les sports d’hiver.»

Le défi de la motivation

Isabelle LaVergne est néanmoins consciente que l’annulation de la saison d’automne est un dur coup à encaisser pour les étudiants-athlètes de son campus.

Il est tout de même important de spécifier que ces derniers misent toujours sur les installations du CAPS de l’UQTR afin de poursuivre leurs entraînements supervisés.

«Tous les services demeurent disponibles, car on veut qu’ils restent en forme et motivés.»

En ce sens, la directrice ne craint pas de perdre des étudiants-athlètes en cours d’année. «On aura des défis, c’est sûr. Perdre le Salon des vins, une activité importante pour amasser des sous, ça rend le tout difficile. Par contre, tout notre personnel est là pour répondre aux attentes des étudiants.»

Et le hockey?

On le sait, la saison du hockey universitaire est sur pause au moins jusqu’en janvier. Les réseaux universitaires en Ontario, dans l’Ouest canadien ainsi que dans les Maritimes avaient pris une longueur d’avance sur le Québec en annonçant, dès juin, l’annulation des compétitions universitaires.

Cette décision impactait directement les Patriotes hockey, qui évoluent dans la Ligue de l’Ontario depuis plusieurs décennies. Afin de garder le moral des troupes, l’entraîneur-chef Marc-Étienne Hubert et son équipe ont préparé un calendrier composé de divers ateliers pour les hockeyeurs du campus trifluvien. C’est sur le point de décoller.

«Le modèle hockey va percoler dans les autres équipes, soutient Isabelle LaVergne. On veut des choses similaires, à la couleur du sport.»

Les filles de volleyball, qui devaient rejoindre la première division universitaire du Québec, sont aussi en attente.