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Dans l'ordre de gauche à droite: Richard Martin, René Robert et Gilbert Perreault.
Dans l'ordre de gauche à droite: Richard Martin, René Robert et Gilbert Perreault.

Unis pour toujours grâce à la French Connection [VIDÉO] 

Matthew Vachon
Matthew Vachon
Le Nouvelliste
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De 1972 à 1979, la French Connection des Sabres de Buffalo a terrorisé les défensives adverses au sein de la Ligue nationale. Richard Martin, René Robert et Gilbert Perreault, fidèles compagnons sur cette unité légendaire, ont eu la chance de développer des liens précieux qui les uniront pour toujours. Tristement, dans la journée du 22 juin, ce trio a été plongé dans le deuil une seconde fois à la suite du décès subit du Trifluvien René Robert, victime d’un malaise cardiaque.

«René, c’était un gars qui aimait beaucoup la vie. Il demeurait en Floride et il profitait bien de sa retraite. Après avoir joué au hockey, il a travaillé pour Molson, pour Liberty Assurances, l’Association des anciens de la LNH à Toronto en plus d’avoir sa compagnie de lunettes de ski. C’était un homme qui aimait s’amuser et nous étions toujours heureux de nous revoir au tournoi de golf des anciens joueurs des Sabres», a exprimé Gilbert Perreault lorsque joint par le Nouvelliste.

Il y a de cela une dizaine d’années, soit en 2011, la French Connection avait été affligée par le décès de Martin à l’âge de 60 ans, lui aussi emporté par une défaillance du cœur. Jusqu’à ce moment, le trio formé par ces trois talentueux hockeyeurs québécois était demeuré uni, enchaînant notamment les apparitions publiques pour permettre aux partisans de rendre hommage à cette belle époque des Sabres.

«C’est très spécial les liens qui se créent dans un vestiaire... Nous étions engagés avec les Sabres après nos carrières respectives et nous nous voyions à Buffalo pour nos représentations. Nous avons fait ça jusqu’au départ de Richard. Il est parti tôt lui…»

Une dizaine d’années plus tard, Robert et Perreault continuaient d’entretenir une précieuse relation malgré la distance qui les séparait. En raison de la pandémie, cela faisait maintenant environ deux ans que les deux hommes n’avaient pas eu la chance de passer du temps ensemble. Ils s’assuraient toutefois de garder leurs liens forts grâce à la technologie. «Nous nous parlions une fois par mois encore aujourd’hui via Messenger. La dernière fois que je lui avais parlé, c’était le 6 juin et il m’avait dit qu’il attendait seulement que les frontières rouvrent pour revenir au Canada. Il voulait venir voir ses enfants à Toronto pendant deux semaines pour ensuite venir au Québec. Nous devions aller golfer à Valleyfield tous les deux. Il souhaitait également retourner à Trois-Rivières. Nous n’attendions que ça pour nous revoir…»

René Robert et Gilbert Perreault en compagnie de la femme de Richard Martin, décédé en 2011.

De bons souvenirs partagés

Au cours de leurs huit années passées ensemble, Perreault, Robert et Martin ont eu la chance de vivre plusieurs grands moments en plus d’amasser de nombreux points. Aux yeux de Perreault, l’échange qui a amené Robert des Penguins de Pittsburgh aux Sabres au cours de la campagne 1971-1972 a vraiment été un fait marquant dans l’histoire de la concession de Buffalo.

«C’est à ce moment que la French Connection a commencé! À partir de là jusqu’en 1979, nous avons connu de belles années. René a inscrit des buts très importants au cours de cette période, notamment en prolongation contre le Canadien de Montréal en séries éliminatoires. Il avait ensuite fait un autre but important en prolongation lors de la finale de la coupe Stanley face aux Flyers», s’est remémoré le membre du Temple de la renommée du hockey.

Le filet gagnant signé par Robert face aux Flyers s’avère encore à ce jour l’un des plus marquants de l’histoire des Sabres. Certes, son importance était immense, mais l’environnement dans lequel il a été inscrit se voulait tout aussi spectaculaire. En effet, lors de cette chaude journée du 20 mai 1975, un épais brouillard s’était installé dans l’enceinte du mythique Memorial Auditorium de Buffalo, ce qui faisait en sorte que les joueurs voyaient à peine devant eux. C’est finalement Robert qui avait tranché le débat en surprenant le gardien Bernard Parent à l’aide d’un solide tir du coin de la patinoire. Complice sur la séquence, Perreault conserve encore un souvenir précis de cet affrontement unique.

«Il n’y avait pas d’air conditionné à cette époque! Je me souviens que lors de cette rencontre, il fallait aller sur la glace pour répartir le brouillard après chaque dix minutes. C’était spécial!»

Buffalo s’était finalement incliné en six parties face aux fameux Broad Street Bullies menés par Bobby Clarke.

Une belle carrière de hockeyeur

Auteur de 702 points en 744 parties, Robert a su tirer son épingle du jeu à plusieurs reprises au cours de sa carrière de 11 saisons dans la LNH. Aux yeux de Perreault, Robert misait sur un arsenal complet qui lui permettait de se distinguer au plus haut niveau.

«Ce qui faisait la force de René comme hockeyeur, c’était son bon coup de patin. Il avait également un bon lancer et une belle vision du jeu. Il allait dans le trafic et il payait le prix pour compter des buts. René c’était un joueur de finesse et c’était vraiment un gars de séries. Il a su produire beaucoup durant ces années à Buffalo. C’était un bon coéquipier.»

Encore à ce jour, malgré son immense talent, l’ancien hockeyeur victoriavillois ne tarit pas les éloges à l’égard de ses deux ailiers. «J’ai été choyé, car j’ai eu la chance de jouer avec René à ma droite et Richard à ma gauche. Ils en marquaient des buts! Richard a eu trois années de 50 buts. René pouvait en compter 40 lui. René a vraiment connu une belle carrière. En fait, nous en avons tous les trois connu une. Ça a été de belles années à Buffalo. Le meilleur temps que nous avons eu, c’est quand nous étions ensemble.»

En plus d’avoir porté les couleurs des Sabres, Robert a évolué pour les Maple Leafs de Toronto, les Penguins de Pittbsurgh et les Rockies du Colorado.