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Luce Mongrain avec son maillot de l’équipe nationale du Canada pour la Coupe du monde de soccer de 1995.
Luce Mongrain avec son maillot de l’équipe nationale du Canada pour la Coupe du monde de soccer de 1995.

Luce Mongrain parmi les immortels du soccer canadien [ARTICLE AUDIO] 

Matthew Vachon
Matthew Vachon
Le Nouvelliste
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Lors de la Coupe du monde de soccer féminin de 1995, le Canada a pris part pour la première fois de son histoire à ce grand rendez-vous sportif. Un peu moins de 26 ans plus tard, Soccer Canada a annoncé que huit membres de cette édition historique effectueraient leur entrée au Temple de la renommée du soccer canadien. Du lot, la Trifluvienne Luce Mongrain, qui évoluait au poste de défenseur, a été retenue afin de devenir une immortelle de la discipline.

C’est par surprise que la sympathique femme de 49 ans a été mise au parfum de cette grande nouvelle. Elle croyait prendre part à une conférence téléphonique pour souligner le 35e anniversaire de la création de l’équipe féminine nationale de soccer, survenu en 1986, avec d’anciennes coéquipières, mais c’est plutôt à ce moment qu’on lui a annoncé qu’elle serait à jamais considérée parmi les légendes canadiennes du soccer.

«J’accepte cet honneur en toute humilité. Je me sens privilégiée. Je ne m’y attendais pas du tout. Ça m’a permis de me rappeler de très bons souvenirs d’une ancienne vie. J’ai passé des années formidables au sein de l’équipe nationale avec des filles incroyables. Quand tu joues au soccer, tu le fais par plaisir et par passion. Tu ne fais jamais ça pour avoir de tels honneurs à la fin, mais ça demeure un beau bonus auquel je ne pensais pas», a-t-elle exprimé.

Au moment d’accrocher ses crampons, Mongrain comptait une trentaine d’apparitions sous les couleurs nationales. C’est à l’âge de 16 ans seulement qu’elle a foulé le terrain pour la première fois afin de défendre l’honneur de l’unifolié. À cette époque, l’équipe nationale féminine prenait part à une Coupe du monde non officielle présentée en 1987 à Taiwan. Quelques années plus tard, après avoir raté de peu leur qualification pour la première vraie Coupe du monde de 1991, les Canadiennes sont parvenues à terminer au deuxième rang de la Ligue des nations de la CONCACAF en 1994, ce qui leur a octroyé au pays un laissez-passer pour l’édition 1995 présentée en Suède. Le Canada avait finalement terminé la phase de groupe avec un verdict nulle et deux revers. «Nous n’avions pas d’attentes ni de comparatifs en prenant part à ce tournoi. Nous nous sentions vraiment privilégiées d’y participer. Porter le maillot du Canada vient avec une responsabilité. Nous étions conscientes que nous avions un rôle d’ambassadrices à remplir. […] Dans nos années, le sommet d’une carrière, c’était la Coupe du monde.»

D’un naturel très humble, l’ancienne joueuse internationale se montrait cependant comblée à l’idée de faire son entrée au Temple de la renommée en compagnie de sept femmes, dont la Québécoise Annie Caron, avec qui elle a eu la chance de prendre part à l’aventure suédoise de 1995. «C’est un honneur, car je leur voue un immense respect. Nous avons vécu des expériences incroyables et ce n’est qu’avec ce groupe restreint de personnes que tu peux partager la profondeur de ces souvenirs. Je me sens privilégiée d’être avec elles. Ce sont de grandes dames.»

Parmi les pionnières du soccer féminin au Canada

Après huit années au sein de la sélection féminine nationale, Mongrain a décidé de laisser sa place afin de se concentrer sur sa carrière d’enseignante. Les prouesses accomplies par Mongrain et ses compagnes appartiennent peut-être au passé aujourd’hui, mais lorsque Christine Sinclair et ses coéquipières ont charmé le monde entier en remportant la médaille de bronze aux Jeux olympiques de 2012 puis de 2016, il y avait un petit peu de ces pionnières de 1995 dans ces médailles. À leur tour, ces délégations canadiennes ont inspiré les générations futures, perpétuant ainsi une tradition d’athlètes travaillantes et déterminées. «Quand j’ai quitté l’équipe nationale, je n’avais aucun regret. Je suis contente de voir la génération future. Ça ne m’avait pas effleuré l’esprit de me dire qu’il y avait un petit peu de nous en les regardant aller. Lorsqu’un tel honneur se présente, là, tu y penses un peu plus, mais avant ce moment, je ne l’avais jamais analysé comme ça.»

L’une de ses filles évoluant au Centre national de haute performance de soccer, Mongrain a évidemment joué le rôle de modèle au sein de sa propre famille sur le plan sportif. N’allez toutefois pas croire qu’elle est du genre à mettre de la pression sur sa fille afin qu’elle atteigne les plus hauts niveaux comme elle l’a fait auparavant. Ce serait mal la connaître. «Quand tu es maman, l’accent est toujours sur tes enfants. Ma famille était évidemment très contente que je reçoive ce beau clin d’œil. Présentement, l’une de mes filles se développe au sein du Centre national de haute performance de soccer. Je ne veux pas que cette nouvelle place de la pression sur ses épaules en lui demandant si elle sera comme sa mère. Je souhaite vraiment éviter ça.»

Aujourd’hui directrice adjointe et responsable des programmes sport-études à l’Académie les Estacades, la Trifluvienne fait valoir que la pratique du sport doit se faire d’abord et avant tout dans le plus grand plaisir. Elle estime que c’est la base afin de pouvoir grandir en tant que personne grâce au sport. «Le verbe à utiliser pour la pratique du sport, c’est jouer. Par exemple, nous jouons au soccer. Il est très important ce verbe. Quand cette notion n’est plus là, même au plus haut niveau, les athlètes arrêtent de jouer. C’est la leçon numéro un à retenir. Il faut également être passionné tout en restant soi-même. Le sport, c’est une superbe école de vie. Il faut vivre dans le moment présent et être prêt à accueillir les obstacles sur sa route.»

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