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Marc Bureau
Marc Bureau

Les souvenirs d’expansion de Marc Bureau

Matthew Vachon
Matthew Vachon
Le Nouvelliste
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Mercredi soir, le Kraken de Seattle procédera à la sélection de ses joueurs afin de constituer son premier alignement. Membre de l’édition inaugurale du Lightning de Tampa Bay en 1992-1993, le Trifluvien Marc Bureau connaît bien la réalité des nouvelles équipes de la Ligue nationale de hockey (LNH).

Il faut tout d’abord préciser que Bureau, après des séjours dans l’organisation des Flames de Calgary puis des North Stars du Minnesota, s’est amené au sein du Lightning via le ballottage. À l’époque, l’entraîneur-chef de la formation, Terry Crisp, connaissait déjà Bureau et il voulait l’avoir dans son alignement. Le directeur général du club, Phil Esposito, avait alors accédé à la demande de Crisp et le hockeyeur de la Mauricie s’était retrouvé avec le Lightning au mois d’octobre.

«Quand je suis arrivé à cet endroit, c’était des gars d’un peu partout. Ce qui était plaisant de cette première année, c’est que tout le monde faisait à peu près le même salaire. Il n’y avait pas de vedette. Après quelques années, il y a eu des signatures, donc l’esprit d’équipe n’était plus la même. […] Dans mes 15 ans de hockey professionnel, j’ai aimé cette saison-là, car il n’y avait pas de jalousie», a relaté l’homme de 55 ans.

Outre ce qui se passait dans le département hockey, Bureau concède que le Lightning n’avait pas nécessairement le même statut qu’aujourd’hui. À ses débuts, la troupe floridienne évoluait au Florida State Fairgrounds’ Expo Hall, endroit qui abritait également un cirque. L’amphithéâtre ne comptait que 10 475 sièges et les gradins étaient faits en aluminium, un peu comme ceux que l’on retrouve pour assister au GP3R.

«C’était vraiment un cirque! Dans les premières fois, Terry Crisp était en train de faire son plan de match et il y a un clown qui est passé dans le vestiaire de notre équipe. Il y avait une partie à jouer, mais lui, il est entré et sorti comme si de rien n’était. Il y avait aussi un petit lac à côté de l’aréna où les gens allaient pêcher. Avec les gradins, ça faisait un peu collégial, mais l’ambiance était bonne, car les spectateurs tapaient du pied. C’était spécial! On prenait également des vols commerciaux pour aller au match.»

Une première année assurément différente

Depuis 1992, le coût pour l’acquisition d’une franchise d’expansion dans la LNH a carrément explosé, passant de 50 millions $ à 650 millions $ pour Seattle. Cela fait donc en sorte que les conditions ne seront certainement pas les mêmes pour ces deux concessions. Le Kraken aura son propre avion, un aréna à la fine pointe de la technologie, des ressources financières importantes et, surtout, des règles avantageuses au repêchage afin d’être compétitif dès leurs débuts.

À l’époque, les équipes soumettaient une mince liste de joueurs aux formations d’expansion et celles-ci devaient se résoudre à y piger pour bâtir leur alignement. Ça n’avait rien à voir avec ce qui se fait aujourd’hui où certains joueurs d’impact sont disponibles. Il s’agissait plutôt de hockeyeurs qui avaient une chance inespérée de démontrer qu’ils appartenaient définitivement à la LNH ou qu’ils étaient en mesure de remplir des rôles de premier plan.

«En quelque sorte, nous étions un peu tous des rejets. Dans les buts, je me souviens que nous comptions sur Wendell Young qui avait gagné la coupe Stanley avec Pittsburgh comme auxiliaire de Tom Barrasso. Il voulait montrer qu’il était un gardien numéro un. Nous avions également des vétérans comme Rob Ramage pour aider les jeunes de l’organisation. Je pense aussi à Chris Kontos, un joueur qui n’avait pas fait sa place à Los Angeles. Il avait pris le pôle à un moment. Avec les règles actuelles, il y aura des hockeyeurs moyens qui n’auront pas la chance d’évoluer à Seattle. Par exemple, l’équipe de Las Vegas avait beaucoup d’allure, mais combien de gars auraient aimé y jouer? Ceux-ci vont plutôt mourir dans les ligues mineures.»

Carey Price comme choix à Montréal

Évidemment, le dossier qui fait couler le plus d’encre depuis environ une semaine, c’est celui de Carey Price. Selon certaines informations dévoilées, le talentueux gardien du Canadien de Montréal aurait lui-même approché la direction de l’équipe afin de leur proposer de lever sa clause de non-échange. Le Tricolore a opté pour cette approche et voilà que le Kraken envisage potentiellement de réclamer Price lors du repêchage d’expansion.

Il y a cependant quelques bémols à soulever, soit la lourde entente de Price et son état de santé. Premièrement, celui-ci est encore sous contrat pour cinq ans avec un salaire moyen de 10,5 millions $, ce qui prend une importante part d’une masse salariale. Deuxièmement, et c’est probablement l’enjeu principal, Price pourrait passer sous le bistouri afin de guérir une blessure au genou, ce qui leur forcerait à rater le début de la prochaine campagne, voire plus.

À bientôt 34 ans, son bilan médical ne cesse de s’allonger, mais son talent demeure indéniable. Ses prouesses lors du dernier printemps en témoignent. De ce fait, si Bureau était dans les souliers de Ron Francis, directeur général de Seattle, il sélectionnerait tout de même le numéro 31 du Canadien.

«Nous entendons plusieurs choses en ce moment et peut-être qu’au final, il ne se passera rien. Par contre, personnellement, je choisirais Carey Price. Ça te prend toujours un bon gardien, surtout en séries éliminatoires. C’est bien beau l’option de Chris Driedger (Panthers de la Floride), et je ne dis pas qu’il n’est pas bon, mais en tombant le numéro un d’un club d’expansion, ça pourrait être différent pour lui. Je tenterais donc ma chance avec Carey. Son salaire ne m’inquiète pas. En partant avec lui, ton équipe est solide.»

Il faut garder en tête que les propriétaires de Seattle ont payé 650 millions $ uniquement pour avoir leur concession de la LNH. Alors que certains évoquaient cela comme un potentiel frein, octroyer un boni de 11 millions à Price, ce qui est prévu dans son contrat cette année, ça ne les inquiétera pas.

«C’est comme si tu achètes une voiture à 80 000 $ et que tu dis que tu ne serais pas capable de mettre de l’essence super pour la conduire! Ça me fait rire!»