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Tyson Hinds a eu le dessus sur ses anciens coéquipiers lors de cette série.
Tyson Hinds a eu le dessus sur ses anciens coéquipiers lors de cette série.

Les Cataractes en vacances

Steve Turcotte
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
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Il y a habituellement une surprise en première ronde des séries dans la LHJMQ.

Même en cette saison marquée par la pandémie, cette tendance a été respectée. Et c’est l’Océanic de Rimouski qui l’a causée, en signant une victoire de 2-0 aux dépens des Cataractes, dans le cinquième et ultime match de cette série présentée au Centre Gervais Auto.

Préparée depuis quatre ans pour être une vraie aspirante ce printemps, l’équipe de Ron Choules a échoué lamentablement dès le premier test. Les Cataractes ont été battus par une formation en lourde reconstruction, qui leur avait envoyé ses deux meilleurs défenseurs à la dernière période de transactions. L’Océanic était de plus privé de Zachary Bolduc, son meilleur attaquant.

Moins talentueux, moins matures, les hommes de Serge Beausoleil ont donc misé sur un plan de match déployé avec minutie, un engagement collectif et de la hargne. Ils ont entouré du mieux qu’ils le pouvaient leur gardien Creed Jones, à nouveau l’élément qui a fait la différence vendredi soir.

Dès les premiers instants de la rencontre, Jones a eu le dessus sur Mavrik Bourque, parvenu seul devant lui. Bourque est revenu cogner à sa porte quelques minutes plus tard, même résultat. Deux séquences qui ont inspiré les Rimouskois, qui ont ensuite dominé la première période.

Jeremy Biakabutuka a lancé l’Océanic en avance 1-0 en début de deuxième, avec un tir de la pointe qui est passé sous le gant d’Antoine Coulombe. Une scène qui aura fait la différence en bout de ligne. Anxieux offensivement, les gros canons des Cataractes ont souvent jonglé avec la rondelle, ont bien peu menacé Jones. Il y a eu quelques avantages numériques, où les joueurs devant Jones ont bloqué plus de tirs que lui.

En troisième, les Cataractes ont été un peu plus menaçants. Jones s’est encore interposé, notamment devant Charles Beaudoin et Xavier Bourgault.

L’Océanic a tenu la distance, jusqu’à ce que Biabutuka ne marque le but d’assurance dans un filet désert dans la dernière minute de jeu.

«On vient de réaliser un exploit! On a joué de l’excellent hockey dans nos deux derniers matchs. Pour réaliser une surprise du genre, ce n’est pas un jeu, ni un joueur qui fait la différence. Ça prend 20 gars engagés, prêts à se sacrifier, et c’est ce qu’on a eu. Cette équipe est soudée», expliquait l’ex-Cataractes Xavier Cormier, qui a participé aux deux buts de son équipe.

«On a eu droit à un effort collectif surhumain. Sur une seule séquence, on a bloqué six tirs devant notre gardien. Creed Jones a connu toute une série. Deux blanchissages face à une équipe aussi redoutable, faut le faire. Je pourrais nommer les joueurs un par un… C’est un groupe réceptif, qui embarque dans ce qu’on demande. Victoire ou défaite ce soir j’aurais dit la même chose : au-delà du hockey, on travaille avec des joueurs qui grandissent et qui deviennent des hommes. Je suis très fier d’eux», racontait pour sa part le pilote Serge Beausoleil.

Chez les Cataractes, le choc était difficile à encaisser. «L’Océanic avait un bon gardien, un bon système. On a manqué d’opportunisme. On dit qu’on apprend dans la défaite, c’est ce qu’on va faire. Le groupe sera de retour l’an prochain, on va s’assurer de ne pas répéter les mêmes erreurs», soulignait Mavrik Bourque, avec une voix éteinte. Invité à préciser sa pensée, le capitaine a mis le doigt sur un bobo. «On a fait preuve d’inconstance durant toute la saison. C’est le genre de chose qui revient te hanter en séries…»

Les Cataractes n’ont pas paru aussi dédié que les joueurs ennemis dans cette série. Ils ont fait plus de sacrifices que tous les autres clubs dans les derniers mois, l’organisation les ayant réunis dans une résidence. Ce n’est pas un secret pour personne, certains joueurs ont trouvé ça difficile. Mais pour Bourque, ce n’est pas une excuse valable. «La saison a été difficile mentalement pour tous les joueurs de la ligue. Des restrictions, il y en avait partout. Ce n’est pas un facteur.»

De son côté, Ron Choules s’est porté à la défense de ses joueurs. «Je ne vais tirer personne sous l’autobus. Si vous voulez blâmer quelqu’un, blâmez-moi! La différence dans cette série, c’est le gardien de l’Océanic. Quand un gardien fait deux blanchissages dans une série, n’importe quoi peu arriver.»

Le pilote des Cataractes a félicité l’Océanic pour son jeu hermétique. Par contre, il a sourcillé quand on lui a demandé si son équipe avait travaillé aussi fort que l’équipe rivale. «Ce sont deux clubs totalement différents… Que je sois surpris ou non par ce qui vient de se passer ne change rien. Les joueurs vont apprendre de cette série. Le feeling qu’ils ressentent en ce moment, ce sera à eux de s’assurer à l’avenir de ne plus jamais revivre ça.»