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Pesée des boxeurs : Sous l'oeil préoccupé d'Yvon MIchel, Stéphane Ouellet et Dave Hilton ont pris la pose.
Pesée des boxeurs : Sous l'oeil préoccupé d'Yvon MIchel, Stéphane Ouellet et Dave Hilton ont pris la pose.

Hilton-Ouellet, dans une classe à part

Steve Turcotte
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
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Quand les bons ingrédients sont réunis, il y a peu de sports comme la boxe pour installer une rivalité. C’est dans la nature du sport, d’attiser les foules. Alors quand les émotions sont un peu plus vives, ça provoque de grands moments.

Une bonne dizaine de rivalités peuvent donc être retracées au Québec dans le Noble Art.

En l’espace de 20 mois, la trilogie entre Fernand Marcotte et Eddie Melo a beaucoup fait parler dans la province. Melo avait gagné le premier combat, Marcotte le second. Lors du dernier duel, les fans ont eu droit à… un verdict nul! Dur de trouver plus balancé, comme rivalité!

Avant eux, ce sont les poids lourds Robert Cléroux et Georges Chuvalo qui avaient fait les délices des fans avec leur trilogie. Ils ont rempli deux fois le stade De Lorimier, une fois le vieux Forum au début des années ’60. Trois combats serrés : deux victoires par décision partagée pour Cléroux, une victoire par décision unanime de Chuvalo. C’est Cléroux qui avait le dernier mot.

On peut aussi évoquer les deux duels entre Yvon Durelle et Archie Moore dans les années ’50, ou encore les rendez-vous Davey-Hilton-Mario Cusson en l’espace de quatre mois à la fin de 1983 et au début de 1984.

Mais pour Yvon Michel, la guerre entre la famille Hilton et Stéphane Ouellet est dans une classe à part. Cinq fois, entre 1996 et 2000, le Poète de Jonquière s’est mesuré à un fils de Dave Hilton Sr. Alex Hilton n’a pas fait le poids contre celui qui était la nouvelle coqueluche du Québec à l’époque, mais son aîné Davey était plus coriace, ce qui a mis la table à une trilogie très émotive.

L’anglophone contre le franco. Le gars des régions contre le Montréalais. La nouvelle garde contre le vieux loup de mer. Deux boxeurs colorés en entrevue, en plus. Résultat : le centre Molson a vibré trois fois. «Ouellet, c’était la nouvelle génération, celui qui a mis la table pour tous nos champions du monde qui ont suivi par la suite. S’il avait le moindrement sérieux, il aurait été lui aussi champion du monde, pour longtemps. Davey était également très talentueux. Il est devenu champion du monde à l’aube de la quarantaine, plus de 20 ans après être passé chez les pros! C’est un record! Ce sont deux talents générationnels qui s’affrontaient.»

Ouellet a eu clairement le dessus au premier affrontement en 1998, mais Hilton l’a surpris au dernier round avec une rafale de coups et dans les derniers instants, il a enregistré un K.-O. controversé – Ouellet était mal en point dans les câbles lorsque l’officiel a stoppé l’action, plutôt que lui accorder un compte de 8. La revanche n’a laissé planer aucun doute, en 1999 : cette fois-ci, Hilton n’a eu besoin que de trois rondes pour expédier Ouellet au pays des rêves. Les deux rivaux se sont finalement revus en 2000, en sous-carte du combat Arturo Gatti-Joe Hutchinson. Ouellet a volé la vedette en dominant outrageusement Hilton, avant de mériter une victoire unanime, la plus savoureuse de sa carrière.

Autre grand moment fort de la boxe québécoise selon Michel, c’est le duel entre Jean Pascal et Lucian Bute en 2014. «Il n’y a eu qu’un combat, mais il avait été préparé pendant cinq ans! Deux boxeurs de calibre international, un en face de l’autre dans un affrontement local. On avait vendu plus de 20 000 billets. Ringside, les billets se vendaient 1300$ et ce sont ceux qui ont été écoulés le plus rapidement! Record de vente de billets, record de vente de télé à la carte (10 millions de revenus), la présence de HBO, ce fut une soirée magique», lance Michel à propos de l’affrontement gagné haut la main par Jean Pascal.

Pesée officielle Lucian Bute et Jean Pascal