Les Vikings sont fiers de leur bannière.

Un miracle latuquois

Trois-Rivières — Il faut y croire jusqu’à la fin, surtout au football canadien. Les Vikings de Champagnat peuvent en témoigner!

Tirant de l’arrière 22-21 avec dix secondes à écouler au chronomètre, les Latuquois ont réalisé l’impossible en comblant ce déficit pour s’imposer 23-22, devant l’Arsenal du Collège Nouvelles Frontières de l’Outaouais, dimanche au Stade Diablos.

Sur un quatrième essai et reculé dans sa zone, le botteur de l’Arsenal devait dégager le ballon le plus loin possible afin de compliquer le travail des Vikings, acculés au pied du mur. Mais voilà, son botté a été bloqué par Alexandre Pellerin et le ballon s’est retrouvé dans la zone des buts.

Même si le ballon fut recouvré par l’Arsenal, le touché de sûreté a donné deux points aux représentants de la Mauricie, qui n’ont eu qu’à déposer le genou au sol sur la séquence suivante avant d’amorcer les célébrations. Contre toute attente, ils sont les champions du football juvénile 2-b au Québec.

Un miracle signé par une bande de cols bleus que personne n’attendait. Les Vikings sont arrivés sur le terrain avec 25 joueurs, une quinzaine de moins que leurs adversaires, avantagés avant le duel grâce à leur expérience dans une ligue plus compétitive en comparaison avec celle de la Mauricie qui, disons-le, bat de l’aile.

La Tuque n’avait toujours pas affronté un autre club que Shawinigan avant d’en découdre avec Nouvelles Frontières. Et ils ont plutôt bien paru, malgré un stress évident en début de partie.

«J’y croyais toujours avec dix secondes à jouer et les gars sur le banc aussi», témoignait avec émotion l’entraîneur Pierre Ayotte, alors que ses joueurs multipliaient les accolades, certains en pleurs.

Les Vikings remportent un premier titre interrégional en neuf ans. Une belle récompense pour les entraîneurs, qui se battent chaque saison pour aligner un minimum de joueurs et ainsi garder le programme de football en vie dans leur petite école secondaire.

«On va jouer l’an prochain. Si ce n’est pas du football à 12, ce sera du football à 8 joueurs. Mais nous y serons. Nous avons de bons entraîneurs.»

Résilience

Les Vikings ont mis du temps à se mettre en marche, mais n’ont jamais laissé l’Arsenal se détacher. Ils ont même pris les devants, avant d’échapper cette courte avance au quatrième quart.

Le quart-arrière Maxime Brûlé, élu joueur du match, a échappé le ballon tard en fin de partie, ce qui aurait pu sonner le glas pour les Latuquois. «Je m’en voulais tellement, je pensais avoir causé la défaite, admettait le principal intéressé. Nous avons eu une deuxième chance et le botté bloqué a tout changé. C’est à ça que ça sert, une équipe!»

Les Mauriciens ont réussi quelques gros jeux tout au long de l’après-midi, dont une interception et une transformation bloquée. C’est toutefois la séquence de Pellerin qui a tout changé.

«Dans le caucus avant mon bloc, on y croyait plus ou moins, concédait ce dernier. C’était le seul jeu qui pouvait nous assurer la victoire et on l’a eu! J’ai explosé de joie. Je n’avais jamais bloqué un botté de dégagement avant. Je vais m’en souvenir longtemps.»