Victime d’une blessure au coude gauche il y a un an et demi, Mayka Bouchard a traversé des moments difficiles, mais n’a jamais abandonné sa quête de revenir sur les toiles du club Trampoline Intercité.

La leçon de courage de Mayka Bouchard

TROIS-RIVIÈRES — Une luxation du coude, une fracture de l’humérus et du radius du bras gauche. Le 11 octobre 2016, Mayka Bouchard a eu la peur de sa vie. Une séance d’entraînement de trampoline avec son programme Sport-études, à l’église Sainte-Cécile, a tourné au cauchemar.

«Ça n’arrive pas souvent dans notre sport. Mais quand un accident de la sorte survient, on retient notre souffle», témoigne l’entraîneure France Bouffard, qui se souvient encore du cri poussé par l’adolescente de 13 ans au moment de sa chute.

«J’ai mis trop de rotation dans mon saut et je suis tombée sur la toile. Mon coude a amorti le choc. Je n’ai jamais perdu conscience donc je me souviens de tout», raconte la jeune trampoliniste, 18 mois plus tard.

Au club Trampoline Intercité, Mayka Bouchard est un bel exemple de courage et de persévérance. De résilience surtout. De son transfert à l’hôpital, cet après-midi d’octobre 2016, à son opération en décembre dernier, elle a traversé plusieurs moments pénibles.

«Je me suis blessée vers 15 h le 11 octobre 2016. Trois heures plus tard, deux médecins replaçaient mon bras. On me posait un plâtre le lendemain. Mon bras était enflé, je ne pouvais pas le plier ni le déplier comme avant.»

Elle en a passé du temps en physiothérapie. Au début, on notait malheureusement peu d’amélioration. «Certaines tâches du quotidien m’apparaissaient presque impossibles à réaliser. Prendre des assiettes dans l’armoire de la cuisine, c’était vraiment difficile. J’ai pris des pilules contre la douleur. Je manquais d’énergie et de concentration, j’avais de la misère à transporter mes cahiers à l’école.»

Après quelques semaines, elle a néanmoins repris l’entraînement, encouragée par ses amis au club, ses proches ainsi que ses entraîneures. «Mon bras ne pliait pas bien, mais je pouvais tout de même effectuer mes routines. Au trampoline, il faut avoir les bras le plus droit possible, j’ai perdu des points de ce côté, car il n’y a pas de cas par cas avec les juges et que c’est un sport où l’esthétique est importante.»

Aux Championnats de l’Est du Canada, en dépit de sa condition, Mayka a récolté d’excellents résultats, dont une troisième position lors d’une épreuve. Sa saison prenait fin en mai 2017.

«À ce moment, les médecins me parlaient de plus en plus de la possibilité de m’opérer. Mais ça ne pouvait se faire à Trois-Rivières. J’ai consulté trois docteurs différents. On a préféré me diriger vers Québec.»

Le processus a été long. C’est finalement le 8 décembre 2017 qu’elle a été opérée. «Il y avait peu d’amélioration en physio, mais j’avais des craintes par rapport à l’opération. Il y a toujours le risque que ça ne revienne pas.»

Elle est restée sur la table d’opération environ quatre heures. À son réveil, une semaine de réhabilitation l’attendait. Toujours à l’hôpital. «Ç’a été extrêmement difficile, j’avais mal. Mais peu à peu, je sentais que je pouvais me rendre plus loin dans l’extension de mon bras.»

Après les Fêtes, trois semaines après l’opération, elle recommençait à faire des petits mouvements sur les toiles. «Je savais à quoi m’attendre. C’était mon deuxième retour à la compétition en quelque sorte, donc j’avais déjà évalué ce que je pouvais faire et ne pas faire dans mes routines. J’étais juste contente de reprendre l’entraînement.»

Le retour officiel à la compétition s’est confirmé le 3 mars. Même si elle avait changé de niveau entre-temps, elle a encore une fois impressionné avec de bons résultats. «Je me sens mieux aujourd’hui. Je ne pourrai plus plier mon bras à 180 degrés, mais je serai capable de me rendre à environ 175 degrés. C’est mieux qu’avant! J’adore le trampo! J’ai encore peur d’exécuter certains mouvements, mais ça me motive de voir les autres m’encourager.»

France Bouffard, elle, est ébahie par la volonté et la progression de sa protégée. «On a même modifié son salut que les trampolinistes doivent faire avant et après leur routine. C’est un bel exemple de persévérance pour tous nos jeunes ici.»

Une cuvée spéciale
La belle histoire de Mayka Bouchard en est une parmi plusieurs chez Intercité. Le club de Trois-Rivières accumule les honneurs cette année, comme le prouvent les six titres remportés en Coupe du Québec par autant d’athlètes.

Depuis jeudi, les soeurs Sara-Jade et Anouk Berthiaume, de même que Gabriel Pellerin et Laetiah Sauveur sont à Montréal pour la Coupe Canada. Il s’agit d’une étape de qualifications pour les Championnats panaméricains, les Mondiaux par groupe d’âge, les Olympiques Jeunesse ainsi qu’une épreuve de classification des équipes nationales.

«On a un bon groupe d’élite, mais une relève très prometteuse aussi», conclut l’entraîneure.