Fredlyne Verrier a pu bénéficier du soutien de son entraîneur, Faisal Docter, quand sa situation académique s’est envenimée. Aujourd’hui, les deux sont passablement fiers du chemin parcourus.

La Citadin qu’on n’attendait pas

Trois-Rivières — Quand Fredlyne Verrier a annoncé à son entraîneur des Diablos qu’elle entrerait à l’université dans les mois à venir, Faisal Docter a fondu en larmes.

«Je lui ai fait un gros câlin. C’est l’une de mes belles histoires comme coach avec le programme de basketball, ici au Cégep de Trois-Rivières.»

La bonne nouvelle est arrivée un soir de la mi-novembre, en milieu de semaine. Il y a deux ans à peine, Docter n’aurais jamais cru à un tel dénouement.

Originaire de Montréal, Fredlyne Verrier a accepté de s’exiler de la métropole en 2015, avec sa sœur jumelle Fredlaine. Le programme des Diablos convenait aux deux frangines, qui avaient besoin d’un meilleur encadrement académique, question de mieux cheminer dans leurs études.

Dur constat

Le physique aidant, Fredlyne et Fredlaine n’ont pas déçu lors des premiers matchs dans leur maillot rouge et blanc. C’est plutôt sur les bancs du cégep que ça se corsait.

Avant d’amorcer le cégep, Fredlyne affichait une moyenne générale de 72 % au secondaire. Rien pour pavoiser, mais rien pour paniquer non plus.

«Je ne connaissais même pas ma propre moyenne, admet-elle aujourd’hui. Du secondaire 1 à 5, j’ai toujours eu des gens qui m’ont dirigée. En arrivant dans une autre ville par contre, tout change.»

Les deux sœurs l’ont appris à la dure. «On vivait ensemble en appartement, ce n’était pas toujours évident.»

À la session d’hiver, un dur constat s’impose: les mauvaises notes des deux jumelles les priveront d’une moitié de saison avec les Diablos. «Fredlaine a pensé tout abandonner et retourner à Montréal. Je lui ai dit de se calmer et de respirer. Les choses ne se passaient pas comme on le désirait, mais nous pouvions encore nous rattraper. Si les filles autour de nous étaient capables de réussir, on le pouvait aussi.»

Depuis ce moment, Fredlyne passe tous ses cours. Étudiante en sciences humaines, elle planche sur un certificat en sciences sociales à l’Université du Québec à Montréal, où elle rejoindra les Citadins, l’équipe de basketball du campus.

«Ç’a été long avant que je comprenne que tu ne peux pas jouer au basket sans déployer de l’énergie dans tes études. Cela m’aura pris une session. Je l’avoue, j’ai été paresseuse. J’ai manqué la meilleure partie de ma première saison ici, il n’était pas question que ça recommence.»

Fredlyne Verrier analyse le chemin parcouru entre sa première et sa troisième année. Aujourd’hui, elle compte parmi les meneuses d’une jeune équipe remplie de potentiel. Elle travaille avec la même intensité que les autres. Suffit de la voir courir sur le parquet du pavillon des Sciences pour le saisir.

Sa sœur Fredlaine n’a pas eu sa chance pour la présente saison en subissant une grave blessure au genou. Elle compte toutefois revenir pour une quatrième et dernière campagne avec les Diablos l’an prochain. Elle est toujours dans l’entourage du groupe.

«Dans notre duo, c’est elle la superstar, sourit Fredlyne. Je suis dans son ombre, mais on se complète super bien. Tous les programmes universitaires la veulent!»

Revanche personnelle

Fredlyne Verrier considère son développement des deux dernières années comme une «revanche personnelle». 

Celle qui n’a commencé à pratiquer le basketball qu’en secondaire 5, après une belle carrière scolaire en volleyball, était loin de se douter qu’elle atteindrait les rangs universitaires.

Et elle partage cet accomplissement avec plusieurs proches, autant dans sa famille que son entourage académique dans sa ville d’adoption.

«Faisal a toujours cru en nous, Dany Harvey [du Service de l’aide pédagogique individuelle] aussi. C’est drôle parce qu’au début, ma sœur et moi pensions qu’aucun programme de division 1 voulait de nous et il n’était pas question de jouer en division 2. On a pris l’une des bonnes décisions de notre vie en venant ici.»

Un investissement

Faisal Docter est catégorique: l’émergence des deux sœurs Verrier lui aura permis d’explorer une autre facette de sa carrière d’entraîneur.

«On a souvent le même profil d’étudiante-athlète ici au cégep. La plupart des joueuses ont été gâtées par la vie et sont à leurs affaires, ce n’est pas pour rien que je les fais pratiquer très tôt le mardi matin», rigole Docter, en poursuivant la discussion au sujet des Verrier.

«Ça n’a pas toujours été simple mais aujourd’hui, elles me rendent fier. Fredlyne est devenue une leader dans le vestiaire, c’est hot à voir.»

Plus que ça, les Montréalaises, surnommées les Tours jumelles à leur arrivée, sont devenues des proches de l’entraîneur. «Mes deux filles les adorent. Si j’ai besoin d’une gardienne, elles sont là! My God, elles partaient de loin, mais elles y sont parvenues.»