Si les astres sont alignés, Alex Bellemare sera le seul représentant de la Mauricie lors des prochains Jeux olympiques.

Alex Bellemare amorce son sprint vers les Olympiques

Trois-Rivières — Il n’y a pas encore un seul flocon au sol, mais pour Alex Bellemare, il est temps de se préparer pour ce qui pourrait être le plus important hiver de sa carrière, celui qui le mènera aux Jeux olympiques.

L’hiver sera chargé pour celui qui pratique la discipline du ski slopestyle. Parti à Vancouver la semaine dernière, Bellemare participera à un camp d’entraînement avant de s’élancer dans un éreintant calendrier qui regroupera plusieurs épreuves de la Coupe du monde en plus de participations aux deux événements les plus prestigieux du sport chez les professionnels au monde, le Dew Tour et les X Games, qui auront respectivement lieu en décembre et en janvier.

Cet horaire particulièrement condensé, le Shawiniganais n’a pas le choix de s’y plier. Il est actuellement dans une course afin de se qualifier pour les Jeux olympiques qui auront lieu en février à PyeongChang, en Corée du Sud. 

Le Canada ne dispose que de trois places disponibles pour le prochain grand rendez-vous mondial et quatre athlètes peuvent y prétendre sans complexe: Alex Beaulieu-Marchand, Teal Harle, Evan McEachran et Bellemare. Les quatre devront donc accumuler les résultats positifs d’ici au mois de janvier.

«Il n’y a rien de coulé dans le béton encore, mais je pense que ça augure bien. Dans ma tête, je vais aux Olympiques et je pense que c’est la mentalité que je dois avoir. Ski acrobatique Canada prend les résultats de cette année, mais aussi ceux de l’an passé. Or, j’avais obtenu une troisième, une cinquième et une septième place. Ça pourrait être un résultat encore meilleur, mais c’est quand même très bon. 

On va vraiment savoir qui participe à la dernière seconde», explique Bellemare.

Meilleur sur les sauts

Le skieur de 24 ans a donc mis les bouchées doubles lors de la dernière saison morte. Il a visité le gymnase plus que jamais et a aussi profité des installations du centre Maximise de Sainte-Agathe. Sous les chauds rayons du soleil, il a pu pratiquer plusieurs manœuvres sur une piste synthétique avant d’atterrir – ou de s’écraser – sur des coussins remplis d’air.

«Il n’y a pratiquement aucun impact. Si j’avais fait tout ce que j’ai fait à cet endroit sur de la vraie neige, je serais mort!», raconte-t-il. J’ai participé à un camp d’entraînement cet été, mais c’était en modération, pour ne pas se brûler. Ça vraiment bien été et je suis confiant pour la saison prochaine. Je suis dans une bonne forme physique… à vrai dire, je pense que je n’ai jamais été en aussi bonne forme!»

Si Bellemare veut se battre pour une médaille olympique, il devra améliorer sa routine. Il en est plus que conscient. Cette progression passera par ses performances en altitude, puisque sur les modules, il est l’un des meilleurs au monde.

«Il y a toujours le triple (tire-bouchon) qui m’agace. Il faut que j’apprenne des manœuvres d’une difficulté plus élevée. Je suis réaliste. L’an dernier, en fin de saison, quand j’ai fini septième au Championnat du monde, mon pointage était le plus élevé que je pouvais obtenir.»

Bien sûr, il y a les Olympiques, le summum du sport amateur. Mais Bellemare n’est pas un athlète amateur. Il est un pro. Les médailles aux X Games, les bourses et les commanditaires qui s’en suivent sont tout aussi intéressants qu’un podium olympique. Voilà qui place le Shawiniganais dans une position délicate. Quelle compétition choisir?

«Elles sont toutes importantes, mais si j’avais à choisir une compétition où je voudrais performer, ce serait Olympiques. Mais une première place au Dew Tour ou aux X Games, ce serait super bon pour la confiance. Toutes les compétitions vont être importantes.»

Champion à PyeongChang

Tout de même, Bellemare possède un léger avantage sur ses coéquipiers puisqu’il connaît la piste de PyeongChang, où il a gagné la médaille d’or lors de la Coupe du monde à l’hiver 2016. Mais quand la neige fond, le parcours change et c’est pourquoi il ne pense pas que ça le favorisera devant le comité olympique canadien. Étonnamment, Bellemare ne pourrait en être plus heureux.

«Ce que j’aime le plus de mon sport, c’est d’arriver à un endroit et analyser ce que je peux faire. Si ça avait été le même parcours, j’aurais trouvé ça plate.»

Et si Bellemare devait être victime d’une contre-performance et terminer quatrième dans cette course aux Jeux, une deuxième possibilité existe. En effet, Ski acrobatique Canada pourrait tout de même décider d’envoyer quatre compétiteurs à PyeongChang en favorisant le slopestyle plutôt qu’une des trois autres disciplines sous sa gouverne, puisqu’elle a un certain droit de regard. Tout dépendra de la qualité des candidats dans ces autres disciplines.

Les chances semblent donc excellentes pour que la Mauricie vibre au rythme olympique en février grâce à son casse-cou à skis par excellence.