Sorti de prison, Simon Kean s'est remis à l'entraînement (vidéo)

Condamné à une peine d'emprisonnement de dix mois parce qu'il a été jugé coupable de voies de fait causant des lésions corporelles et de menace de mort, Simon Kean a été libéré la semaine dernière après huit mois derrière les barreaux. En sortant de l'établissement trifluvien, l'athlète de 25 ans s'est juré de ne plus jamais y remettre les pieds et de consacrer toutes ses énergies à la boxe.
Le plan qu'il a tracé alors qu'il était à l'ombre est simple. Il veut reconquérir son statut de champion canadien des super lourds et s'offrir une médaille olympique à Rio en 2016 avant de faire le saut chez les professionnels.
Il n'a d'ailleurs pas mis de temps à se rapporter à Jimmy Boisvert, son entraîneur et mentor.
«Retourner au gymnase, c'est la deuxième chose que j'ai faite en sortant. La première a été de rendre visite à l'hôpital à un ami qui est mourant. C'était jeudi soir. Puis vendredi, je suis venu au gym. Depuis dimanche, c'est plus intensif. Je repars la machine», lance Kean, qui assure qu'il se tiendra loin dorénavant des ennuis avec la justice.
«La dernière fois, ç'a été une erreur de parcours. Si je n'avais pas donné un lift à un ami, rien de tout ça ne serait arrivé. Je suis content de la décision du juge, il m'a acquitté sur le chef d'accusation le plus grave. J'ai séparé une bagarre entre deux gars, je n'avais aucune mauvaise intention, d'autant plus que je l'ai fait avec une épaule qui venait d'être opérée. Je comprends toutefois pourquoi il m'a déclarécoupable sur les autres chefs, et j'accepte son verdict qui était étoffé. C'est la dernière fois que j'en parle, je veux mettre ça derrière moi. Mais je suis content de la façon dont s'est déroulé le procès, les gens ont pu voir que je n'avais aucune intention criminelle. Si ce que j'avais fait était si grave, je ne seraispas libre aujourd'hui», ajoute-t-il. «Reste que je me suis placé ce jour-là dans une mauvaiseposition. Ça ne se reproduira plus.»
Kean n'est pas complètement sorti du pétrin. Hébergé en maison de transition pour l'instant, il n'a plus droit depuis son incarcération au support financier de Boxe Canada. Il est également sans emploi, et il doit passer les prochains mois sans permis de conduire.
«Les prochaines semaines ne seront pas faciles. Je dois d'abord me trouver un emploi. Je suis couvreur, il y a une entreprise à Drummondville qui est prête à me prendre. Mais n'ayant pas de permis de conduire, je devrais déménager là-bas, loin de mon gymnase. C'est une bonne chose que je sois en maison de transition, ça me donne quelques semaines pour me revirer de bord et prendre les bonnes décisions.»
Physiquement, Kean s'est gardé en bonne forme derrière les barreaux. À part les cheveux portés un peu plus longs, son physique herculéen ne semble pas avoir été trop modifié par cette période d'isolement. Reste à savoir comment son épaule droite, opérée en avril dernier, va réagir lorsqu'il la mettra à l'épreuve sur le ring.
«Je courais en prison, j'avais accès à un gym deux ou trois fois par semaine. Je suis à 260 livres, c'est loin d'être mauvais», sourit le mastodonte de six pieds cinq pouces.
«Mon épaule va beaucoup mieux. Elle me fait encore un peu mal, mais pas de la même façon. Le docteur m'avait prévenu que ça prendrait un an avant que la douleur ne disparaisse complètement. C'est de l'inflammation qui se forme quand je pousse. Je peux vivre avec ça. Je vais prendre les précautions nécessaires et je vais prendre le temps qu'il faut avant de remettre les gants. Je veux qu'elle tienne pour longtemps, je vais en avoir besoin!»
C'est que Kean a passé les trois dernières années à se battre avec cette épaule en compote. Même aux Olympiques, alors qu'il avait terminé au pied du podium, il était sévèrement handicapé par ce pépin d'ordre musculaire.
«Je me dis qu'avec deux épaules en santé et plus de combats internationaux dans mon carnet, je ne peux que faire mieux au prochain Jeux. Je vais aller chercher beaucoup d'expérience au cours des deux prochaines années, un bagage qui me servira ensuite pour les pros.»
Jimmy Boisvert, de son côté, dit apprécier l'attitude de son protégé depuis son retour au gymnase.
«Il est enthousiaste, ça paraît. Je l'ai vu encourager les plus jeunes, c'est quelque chose de plaisant à voir! Côté forme, il n'est vraiment pas si mal. Quand le feu vert du médecin va arriver pour se servir complètement de son épaule, il n'aura pas besoin de beaucoup de temps pour retrouver tous ses repères.»